Chapitre 11Hrodbehrt attendait. Depuis plusieurs jours, il ne consommait que des herbes et du bouillon, passait de longues heures seul loin de toute habitation, scrutait souvent l’horizon. — On m’appelle, grand-mère, on m’appelle, disait-il à Chaline. On a besoin de moi quelque part au loin, je me prépare en attendant le signal du départ. — Si tu dois voyager loin, demandait Yaguel inquiète, ne devrais-tu pas faire provision de force en mangeant solide ? Chaline se contenta de sourire : la sollicitude de Yaguel lui faisait chaud au cœur, mais elle savait ce que Hrodbehrt allait répondre. — N’aie pas peur, tante Yaguel. Je dois me purifier pour cette tâche, et je ne faiblirai pas ; grand-mère le sait : comme elle, et comme avant elle le grand Adhal, je pratique le jeûne depuis l’enfance

