Surgir, Éric BROGNIET

419 Words
Surgir Éric Brogniet I Images entre les masses Émergeant dans les tissus – couché au sol par ajouts par frottements par brassages successifs dans l’acrylique Nuances, modulations L’extrême ondulant révélant par liaisons conjonctions chocs : la vision surgie quand explose la figuration parce que c’est corps à corps qu’on est dedans et non face à face II Au paroxysme Quand on cesse de vouloir dire L’extrême pointe Magnétisée L’aiguille Qui étincelle et qui montre III À l’apogée, contre le mur suintant Sous les verrières cassées Aux confins Dans un monde déclassé Quand tout bavarde et représente L’universel reportage gagnant la sphère Creusant l’intime : opposer le fond, le fouillis, le prosaïque, le concret – huiles de vidange, ferrailles bidons crevés arcatures métalliques rouillées trous dans la voûte par où le ciel suinte pleut, macule – surgit du cassé l’éblouissant, ce qui balaye les concepts – dans les fibres, l’épigenèse : la foudre dans les terminaisons nerveuses X Comme surexposées, Dans les fibres Des torsions Des câbles plusieurs fois agrandis Des fils tranchés qui révèlent : dans les trouées, scintillations profondément blanches des ombres flashées, des mégatonnes XI Contre Sans cesse contre : les démonstrations, les monstres, les simulacres tournant dans les évidences XIII Dans les pixels Les taches tremblantes Laissant passer l’envers (grumes, clostres, cellules végétales excoriées, comme scrutées au microscope) ce qui vient du fond de l’image, de l’écran vidéo brouillé : une onde corpusculaire, qui émerge par vidange Ce qui naît d’une rature Par essais successifs Errants XIV Cursive, toujours Par masses dilatées Par surimpressions Ou par approximations, encore Par associations hasardeuses Fouillant l’absent, le déchet Métabolisant le détritus : ce qui, indéchiffrable au sens commun, à la représentation plate, au vertige virtuel entre des piliers de béton, des murs tombés, émerge avec brutalité, dans l’urgence XIX Puis des messages par à-coups Langue brouillée qui dit La durée Révélant des traces Fibres médullaires Tissus comme malades Peau gangrenée où apparaissent Par taches des corruptions XX Ailleurs, est-ce l’étale ou l’hypnose Du vieil étang aux nymphéas Saisi dans le brouillard En même temps qu’une vision Aux infrarouges Un point de visée nocturne Sur l’écran vidéo où des éclatements Filent vertigineusement Où la lumière de toute manière Ne vaut que par l’envers noir Que sa clarté, accélérant, opère XXI Le chant, la pure lyrique Le solaire ébloui à travers La densité Donnant naissance À des orages corrupteurs Ou des mégatonnes Ou des cultures vénéneuses Une pellicule en train de brûler Sous l’effet de la clarté de ses images Sous l’effet de son regard incendié XXXII Chaque geste comme si c’était le dernier Seul le désemparé accède Celui qui n’attend rien Reçoit l’inconçu Le transitoire ébloui Qui perdure Sur des acryliques de Bernard Gilbert Automne 2000 – printemps 2003 (Extraits inédits)
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