Pdv Florinda
Jeudi soir
Je venais d’arriver chez moi, après une journée de dur labeur. Je montai à l’étage et rejoignis l’appartement. Je me stoppai à la porte du salon en découvrant un visage que je ne m'attendais pas à trouver dans cette pièce. Jean-David était calmement installé sur le fauteuil avec Cécile.
Moi, surprise : Bonsoir !
Jean-David : Bonsoir !
Cécile : Bonsoir !
Moi : Ça fait longtemps que tu es ici ?
Jean-David : Une trentaine de minutes.
Moi : Ah oui ? Je m'excuse. Je ne savais pas que tu allais passer. Avec les embouteillages, on peut vite durer sur la route.
Jean David : Ne t’inquiète pas. Cécile m’a tenu compagnie. On a discuté ensemble.
Moi, à Cécile : Où est Maman ?
Cécile : Elle est sortie. Que
Moi : Ok.
Cécile, en se levant : Bon, je vous laisse entre vous.
Elle referma la porte du salon derrière elle.
Moi, en m’installant sur un fauteuil : Comment vas-tu ?
Jean-David : Pour te dire vrai, je ne suis pas ici pour les salamalecs, Flo. J’aimerais savoir qui est Serge pour toi.
Je gardai le silence.
Jean-David : C'est ton mec ?
Moi, préférant la sincérité : Oui.
Jean-David, gardant son calme : Et pourquoi tu ne me l’as pas dit pour m’éviter la honte du samedi passé ?
Je gardai le silence de nouveau.
Jean-David : Est-ce que tu sais que j'étais sincère avec toi et que je voulais du sérieux ? Je ne pensais pas que toi aussi tu es du genre maintenant à jouer sur deux tableaux.
Moi, ne pouvant plus me taire face à une remarque aussi dure : Est-ce que tu sais que ça fait un an que je suis avec lui ?
Jean-David : Non. Et ça, c'est parce que tu ne m'avais rien dit sur son existence. Pourquoi tu m’as fait espérer ce que tu savais ne pas vouloir ?
Moi : Je le veux, Jean-David, mais…
Jean-David : Mais quoi ?
Moi : Il y a Serge.
Jean-David : S'il y a Serge, pourquoi tu me dis que tu le veux ?
Moi : Tu ne comprends pas que ce que je ressens n'a rien à voir avec ce qu’il est bien de faire ?
Jean-David : Tu veux que je m’éclipse ? Je peux le faire, Flo, si tu me le demandes.
Moi : Non. Je ne veux pas que tu disparaisses.
Jean-David : Alors il faut prendre la décision qu’il faut.
Moi : Je vais quitter Serge.
Il sourit, soulagé.
Jean-David : C’est ce que j’attendais que tu dises. Même si tu veux être loyale avec lui, tu dois écouter ton cœur, Flo.
Je gardai le silence.
Jean-David : Est-ce que j’ai la possibilité de t'amener quelque part tout de suite ?
Flo, un peu surprise : Euh, oui. Laisse-moi juste le temps de me changer.
Jean-David : Ok !
Je me levai et partis me changer dans ma chambre. Je pris une douche rapidement, puis je remplaçai ma robe fourreau noir par une robe en coton tricolore bleu, blanc et mauve. Je mis des sandales rases blanches. Un léger maquillage au visage et le tour était joué. Je prévins Cécile que je sortais avec Jean-David, puis je le rejoignis au salon. Je le suivis hors de l’appartement.
Moi, en montant dans la voiture : Où m'amènes-tu ?
Jean-David : Tu verras, quand on sera sur place.
Je le laissais conduire silencieusement. Il s’arrêta devant la maison familiale. J'en fus surprise.
Moi : Tu m'amènes chez toi ?
Jean-David, en descendant de la voiture : Oui. Je veux que tu vois quelqu’un. Allez, descends !
Moi : Non. Mais Jeannot, tu ne m’amènes pas voir ta mère ?
Jean-David : Non. Ne t’inquiètes pas. Elle ne va pas te bouffer. Viens, s'il te plaît.
Je descendis, même si je n’étais pas très emballée. Il me fit entrer à l’intérieur. Dans le salon, se trouvait sa mère et sa fille. Cheut !?? Sa mère me salua chaleureusement et demanda des nouvelles de ma famille. Je répondis poliment à toutes ces questions.
Jean-David, à sa fille : Coco, viens saluer Tata.
Elle quitta le fauteuil où elle était lovée pour venir me saluer. Elle était mignonne avec son teint caramel, ses yeux d'amande et son sourire angélique. Elle portait un tee-shirt rose et un collant mauve. Sur sa tête, de jolies tresses en couette avec au bout de petites perles de couleurs.
Jean-David : C'est Tata Flo. Flo, c'est ma fille Roxie
Roxie : Bonsoir, Tata Flo.
Elle me tendit sa petite main et je la pris avec douceur.
Moi : Tu vas bien, ma chérie ?
Roxie : Oui.
Jean-David : Roxie, c’est la tata qui t’a choisie tes nouvelles robes, tu devrais la remercier.
Roxie: Merci, Tata.
Moi : De rien, ma Chérie !
Jean-David, à moi : Assis-toi, Flo, je passe vite dans ma chambre un moment et je reviens.
Il me laissa seule, presque au bord de la panique avec sa mère et Roxie. Cette dernière retourna s’asseoir auprès de sa grand-mère.
Tata Coumba : Et le travail ?
Moi : Ça va !
Tata Coumba : Guiss na yéré you nga tanal khalé bi. Rafete na. (J’ai vu les habits que tu as choisis pour la petite. C’est très joli).
Moi : C’est une boutique qui vend de très beaux articles et les prix y sont abordables.
Tata Coumba : Oui. C’est ce que Jeannot a dit. Tes tenues ont vraiment du succès auprès de la concernée. Elle a déjà mis une de côté pour son voyage demain.
Moi, amusée : Roxie, tu as déjà tout prévu pour ton voyage, demain ?
Roxie : Oui !
Moi, pour la taquiner : Tu ne m’amènes pas dans tes valises ?
Roxie, innocemment : Il faut demander la permission à Papa.
Sa grand-mère et moi, on éclata de rire.
Jean-David, en entrant : J’ai de la place dans mes valises, mais je ne sais pas si Tata Flo va apprécier le voyage dans une valise.
Roxie rit, amusée. Je souris.
Jean-David : Sinon, si tu veux, je te paie le billet d’avion et tu viens avec nous.
Moi, gênée : Non. Bayil nonou, damey togn Roxie (laisses tomber, je taquinais Roxie).
Jean-David : Je suis sérieux.
Mais pourquoi il ne clôt pas le débat ? Il me mettait mal à l'aise en parlant comme ça devant sa mère.
Moi : On verra un jour. Lundi, je suis tenue de me pointer au boulot.
Il sourit et vint s’asseoir juste à côté de moi.
Tata Coumba : Florinda, j’espère que tu vas rester dîner avec nous ?
Je jetai un regard à Jean-David.
Jean-David : Oui. Bien sûr. Elle reste dîner.
Au même moment, le père de Jeannot entra et je fus encore plus intimidée. Il me salua et rejoignit sa femme et sa petite-fille sur le canapé.
On discuta tout en suivant le journal télévisé. Ce n’est qu’après les infos que l'on passa à table. Je restai une dizaine de minutes après avoir dîné encore avant de me décider à rentrer. Je devais travailler demain. Je pris congé.
Jean-David, tout en conduisant : Regardes sur la banquette arrière, il y a un petit cadeau pour.
Je jetai un coup d’œil à l’arrière et vis une petite boîte noire.
Moi, intriguée : Qu’est-ce que c'est ?
Jean-David : Ouvres-le, tu sauras.
Je récupérai la boîte et l’ouvris. C’était une belle chaîne dorée avec un pendentif en «F».
Moi : C’est en quel honneur ?
Jean-David : Un cadeau pour que tu me gardes dans tes pensées quand je serai rentré.
Moi : Merci !
Jean-David : Tu vois que je veux du sérieux ?
Je gardai le silence.
Jean-David : Il y a la petite Roxie dans l’équation. Je veux que tu saches que si tu me choisis, tu devras l'inclure aussi.
Moi : Elle est vraiment mignonne, ta fille.
Jean-David : Et si innocente. Je veux quelqu’un qui ait le bonheur de ma fille comme priorité aussi. Elle n'a plus sa maman, Flo. Je sais que je ne peux pas la remplacer et je ne cherche pas quelqu’un pour la remplacer. Je veux juste quelqu’un qui voudra lui apporter ce que sa maman n'a pas eu le temps de lui apporter.
Moi : Est-ce qu’elle acceptera que j'entre dans sa vie ?
Jean-David : C’est une fille très accessible. Elle n’attend que ça. Elle rêve d’une vie de famille et de petits frères et sœurs. Moi aussi, je rêve de ça. Est-ce que tu n’aimerais pas un tel projet ?
Cela me toucha.
Moi, d’une petite voix : Oui.
Jean-David : Alors commençons ce projet, dès maintenant.
Moi : Ok.
Jean-David : C'est un « oui » ?
Moi : Oui.
*************
Pdv Jean-David
Je déposai Flo chez elle et lui dis promettre de faire partie de ceux qui m’accompagneraient le lendemain à l’aéroport. J’étais content d’avoir réussi ma mission : la persuader d'entrer dans mon projet. J’étais resté ces derniers jours à ruminer ma colère. Mais j’étais vraiment fâché d’avoir découvert de manière accidentelle l’existence d’un autre homme dans sa vie. Mais l’imminence de mon départ m’avait poussé à redescendre de mes chevaux et venir tenter un dernier coup d'essai pour la conquérir. Je savais que Roxie pouvait me faire gagner des points. Et ça avait marché. J’avais son oui.
***********
Le lendemain
Roxie avait passé la journée en mode « pile électrique », surexcitée par son premier voyage en avion et la perspective de vivre une nouvelle vie ailleurs. Elle était déjà debout à 7h et elle avait fait du bruit toute la journée. Moi, j’étais dans un autre état d’esprit. C’était la première fois que je rentrais avec elle et j’appréhendais cette vie à deux. C’était une nouvelle vie à réorganiser. Je n'aimais pas les changements de routine. Je m’étais déjà habitué à ma vie en solo. Mais je n’avais pas le choix : j’allais devoir maintenant intégrer mes devoirs paternels dans ma routine. J’avais déjà posé les bases pour cette nouvelle vie, alors l’adaptation allait vite se faire. Je pense. J’avais déjà mon nouvel appartement avec la chambre de Roxie, l’inscription à l’école. Je pense que si je m'organise aussi bien que j'ai l’habitude de m'organiser, la transition sera facile pour nous deux. En tout cas, je m'appuyais sur l’enthousiasme de ma fille pour lutter contre mes appréhensions. Dans la matinée, j'eus un appel de mes beaux-parents et ils purent me rassurer par leur bonne humeur et leur empressement que je ne serai plus seul face à mes défis. Ils nous confirmèrent encore une fois qu'ils viendraient nous chercher à l’aéroport. Ça, c’était une galère de moins que j'évitais.
Flo passa directement après le boulot et on eut juste le temps de faire manger la petite et on prit le chemin de l’aéroport. On se fit escorter par mon frère Ousmane et Flo. Les adieux furent déchirants pour Maman qui avait toujours eu Roxie à ses côtés et je lui promis de la ramener aux prochaines vacances d’été. Sur la route, on laissa le silence envahir l'habitacle, n'autorisant qu’à playlist musical de faire du bruit. À destination, mon frère m’aida à charger nos valises sur le chariot. Puis on fit la bise à nos accompagnateurs.
Ousmane, à Roxie : Roxie, tu restes sage là-bas. Ne fatigues pas trop ton père.
Roxie : D’accord.
Moi, à l’oreille de Flo, quand je la pris dans mes bras : Même si je retourne, si loin, garde-moi près de ton cœur.
Flo : Bien sûr. Tu resteras aussi près.
Moi, la relâchant : Je t'appellerai quand j'arriverai.
Flo : Ok.
Elle s'abaissa et fit la bise à Roxie.
Flo : Bon voyage, Roxie et étudies bien à l’école.
Moi : Ok.
Moi, à mon frère : Tu la ramènes jusqu’à son appartement.
Ousmane : Pas de soucis.
Ma fille marcha devant, pendant que je poussai le chariot à sa suite. On fit toutes les démarches douanières avant de nous poser à la salle d’attente pour attendre notre vol.