Agnès pose alors une main sur son ventre en s’exclamant gaiement : — Plus besoin de mettre des sacs de sable sous ma cotte pour être à la mode. Désormais, le mien est assez bombé et j’en suis fort aise ! Après avoir recouvert sa cousine d’une couverture de vair pour la protéger du froid que la haute flambée ne réussit pas à chasser, Colombe poursuit son œuvre de magicienne. Pour en chasser rides et impuretés, elle étale sur le visage d’Agnès un masque d’argile et de miel. Elle termine par un onguent dont l’odeur subtile intrigue la jeune femme : — Qu’est-ce donc que tu me mets là ? — Une crème précieuse que j’ai fabriquée pour toi seule. — Elle sent la pêche, remarque Agnès gourmande, ce fruit que j’aime tant pour son jus sucré. — Curieuse que tu es ! Ne cherche pas à en connaître le

