Gratitude

1157 Words
"Tu sais, j'étais surpris quand je t'ai vue la première fois. Je n'avais jamais rencontré ou entendu parlé de loup aux yeux argentés en dehors de ceux de ma meute et encore moins d'une louve. Tu parles d'un choc ! Tes parents sont originaires d'ici ?" Les mots de l'Oméga ne cessait de tourner dans mon esprit avec la désagréable impression que j'avais oublié quelque chose d'important. Me tournant et me retournant dans mon lit, je ne parvenais pas à fermer l'œil. Les évènements de ces deux derniers jours m'avaient pourtant vidée. L'aube approchait et je devais encadrer l'entrainement des loups toute la matinée. Il fallait que je dorme. "Tu sais c'est pas en t'énervant que tu vas réussir à dormir. - Je sais, je sais, mais je n'arrive pas à me sortir de la tête que quelque chose d'important est enfoui là, dans ma mémoire. Je sais si peu de choses sur mes parents. - Tu sais, tu devrais laisser tomber pour ce soir. Plus tu vas chercher, plus ça va t'échapper. Ca te reviendra le moment venu. - Et toi tu ne sais rien. - Je ne sais même pas ce que tu cherches, alors comment veux-tu que je t'aide ? - Pas faux... - Essaye de ne plus y penser pour le moment. Je suis avec toi, tout ira bien. - Ensemble ? - Toujours !" Tranquillisée par les paroles de ma louve, je finis par m'endormir. Les premiers rayons du soleil me tirèrent du lit. La nuit avait été courte, mais au moins j'avais pu dormir une heure ou deux. Ma toilette vite expédiée, je me rendis aux abords du terrain d'entrainement. Ce jour-là je m'occupais des jeunes qui avaient survécu au rite, afin de les former à combattre sous forme de loup. Je ne m'occupais jamais des entraînements sous forme humaine. J'étais moi-même très entraînée au combat sous toutes ces formes évidemment, mais je ne combattais qu'avec une poignée de guerriers aguerris et l'instructeur principal, toujours à l'abri des regards. Durant la séance, seuls les poings parlaient. Nous n'étions pas là pour papoter ou être amis. La première arrivée était Chelsea. J'adressai un signe de tête approbateur à la jeune louve. Elle avait une patte encore en cours de guérison, mais au moins elle était venue en tant que spectatrice. Les gens sous-estiment souvent le pouvoir de l'observation dans l'apprentissage. Les jeunes arrivèrent petit à petit et l'entraînement commença. Alors que ce dernier battait son plein, j'aperçu du coin de l'œil des spectateurs indésirables. Je vis le Gamma me faire un signe enthousiaste de la main, geste que je décidai d'ignorer. Je n'allais quand même pas pactiser avec les loups d'une autre meute. La matinée se déroula sans encombre et alors que chacun repartait à ses tâches, je vis la meute du Yukon toujours sur le bord du terrain. Agacée, je décidai de m'approcher d'eux pour voir ce qu'ils me voulaient. Une face à eux, je m'asseyais et inclinai la tête de manière intriguée. Clyde fut le premier à prendre la parole, d'un air joyeux. "Salut ! Alors, comme ça tu fais du babysitting en plus du valet de chambre ?" L'entraînement avait puisé dans mes dernières ressources de patience. Ajoutez à cela le manque de sommeil, autant dire que je n'étais pas d'humeur à plaisanter. Je retroussai donc les babines et claqua la mâchoire, me dispensant toutefois de me montrer trop hostile en présence de l'Alpha. Du coin de l'œil, je vis l'air dépité de Duncan et Isaac prit la parole et mettant une claque derrière la tête de son Gamma. "Excuse-le Fureur, il ne sait pas quand la fermer. Nous voulions faire un saut pour te remercier pour hier avant de débuter nos recherches et en te voyant enseigner nous avons décidé de rester regarder un peu. C'était… très instructif. Tu es un leader né. Ces jeunes loups te respectent vraiment." Je lui adressai un signe de tête reconnaissant suite à son compliment, notant malgré tout qu'il n'avait pas vraiment précisé ce pour quoi il me remerciait. Néanmoins, son ton était lourd de sens. Il ne parlait pas du fait que je les avais guidé jusqu'à leur hébergement. "Probablement de ne pas avoir haché menu son mignon petit Oméga." Le commentaire de ma louve me fit à la fois sourire et hurler. J'avais eu le malheur de constater qu'il n'avait pas un physique désagréable et j'allais maintenant en entendre parler pendant des mois. Alors que je reportais mon attention sur eux, l'Alpha pris à nouveau la parole. "Nous devons nous rendre dans les archives de votre meute pour trouver une carte de la région. Pourrais-tu nous indiquer le chemin ?" Mon mutisme lupin ne semblait pas le déranger outre mesure. Plongeant mon regard dans le sien afin qu'il y saisisse mon assentiment, je me relevai et commençai à me diriger vers la maison de la meute où, en dehors des appartements de l'Alpha et de la Luna ainsi que mes propres quartiers, se trouvait les archives. Alors que l'archiviste était en train de les accueillir, Ivana passa par là et les salua de loin d'un gracieux mouvement de tête. Puis, elle prit conscience de ma présence auprès d'eux, Clyde me cherchant des noises en rigolant comme à son habitude. Ses iris virèrent au rouge avant de revenir à la normale si rapidement que j'étais probablement la seule à m'en être aperçue.  "Fureur, suis-moi !" Sa voix tranchante interpella les trois loups que j'accompagnais et l'archiviste, effrayé, lâcha les documents qu'il tenait en main. Isaac et Clyde, surpris, regardaient en direction de la Luna. Quant à Duncan, il me fixait avec une telle intensité que c'était à se demander s'il n'essayait pas de communiquer mentalement avec moi. Ce qui était impossible entre des loups n'appartenant pas à la même meute en dehors des Alphas, des loups liés par le sang et des couples. Avec surprise, je vis que ses poings étaient si serrés que ses jointures étaient devenues blanches. Bizarre, pourquoi se mettait-il dans un tel état ? Soudain mes barrières mentales volèrent en éclat, c'était Ivana qui puisait dans son pouvoir pour forcer le passage. "Vais-je devoir me répéter sale chienne ? - Non, excusez-moi ma Luna." Sans prêter plus d'attention aux quatre loups qui restaient muets derrière moi, je m'avançai d'un pas raide vers elle. C'était le seul indice de malaise identifiable pour des yeux extérieurs. Quant à moi, je le savais, quoi qu'elle me reprochait, j'allais passer un sale quart d'heure. Nous arrivions bientôt, bien trop tôt, dans ses appartements. A peine la porte était-elle fermée, qu'elle m'envoya un v*****t coup de pied dans les côtes. Prise par surprise, je laissai échapper un glapissement de douleur avant de me ressaisir. Le souffle court, j'essayai d'évaluer les dégâts, tout en gardant un œil sur la furie qui me faisait face. Ses yeux avaient viré de nouveau au rouge sang. Elle avait totalement perdu le contrôle de sa louve. 
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD