Chapitre 16

2710 Words
Qu’en était-il de Karma ? Anne avait très peu entendu au sujet de la jeune femme et pour cause. Parlant très peu et n’aimant donner son avis que pour faire des critiques véhémentes, Karma ne s’étendait jamais sur son passé. Anne avait dû beaucoup creuser pour apprendre le stricte minimum sur le passé de la jeune femme et fut très impressionnée. Karma avait commencé sa vie au plus bas. Née d’une famille de paysans, il arrivait souvent qu’ils n’aient pas assez de nourriture pour tous leurs enfants et Karma étant la plus vieille fut la première renvoyée de la maison. N’ayant que onze ans elle passa de nombreuses nuits dans les rues essayant de survivre tant bien que mal. Elle n’accepta l’aide de personne et fit des petits boulots en échange d’argent. Évidemment elle fut vite repérée par de mauvaises personnes et se retrouva entrainée dans un trafic de jeune filles des plus sombres. Karma n’essaya pas de s’échapper et en voyant cette jeune fille calme et peu bavarde, les bourgeois répugnants en firent vite leur petite chouchoute. Personne ne savait ce qui était passé par l’esprit de cette petite fille pendant cette période. Ne s’était-elle pas échappée parce qu’elle avait renoncé à vivre ? Ou peut-être parce qu’elle était enfin logée et nourrie ? Tout ce qu’Anne savait était que Karma était restée jusqu’à ses 16 ans dans ce trafic. Elle gagna une masse d’argent imposante contrairement aux autres petites filles qui moururent ou ne furent simplement pas payées et avec cette argent elle décida un jour de disparaitre. Personne n’avait rien vu venir et Karma était libre. Elle fut évidemment recherchée par ses anciens bourreaux mais elle était déjà loin le temps qu’ils se rendent compte de sa disparition. Elle n’alla pas se venger et n’en voulut pas non plus à sa famille pour l’avoir fait partir. Anne expliquait son amertume ainsi que toute cette rage refoulée par cette passivité. Karma allait finir par lutter de toutes ses forces contre ces trafics inhumains mais ce serait pour plus tard. Pour l’instant elle se contentait de survivre avec son argent accumulée. Elle ne savait pas vraiment quoi faire de sa vie et déambula de ville en ville sans but précis avant de se rendre compte qu’elle ne pouvait pas trouver de travail. Elle n’avait aucune qualification et quand elle fut en manque d’argent elle retourna à la seule chose qu’elle pouvait faire. Cela la renvoya à toutes ces années de traumatisme et de confusion et Karma redevint petit à petit maitresse de son destin. Elle eut de la chance avec ses clients du début mais elle tomba très vite sur des hommes repoussants et ignobles mais cette fois-ci elle exprima son non consentement. Cela ne les arrêta pas alors pour la première fois de sa vie Karma se défendit. La petite fille au fond d’elle la supplia de ne rien faire. Elle voulait rester allongée et fermer les yeux en priant pour que ça prenne vite fin mais Karma repoussa cette personnalité au fond de son esprit et se laissa aller à la colère. Elle se souvenait de chaque visage sans exception et les revis tous les uns après les autres à la place du cadavres qu’elle venait d’assommer. Elle resta de longues minutes à observer le corps avant de le laisser dans une ruelle sombre et de reprendre son chemin. La police ne retrouva jamais la coupable. Ils n’auraient jamais pensé qu’une femme aurait été capable d’une telle force physique de toute façon et même quand ils virent le corps dénudé ils décidèrent qu’un petit ami jaloux avait dû être la cause mais Karma n’étant pas enregistrée dans le système son ADN ne mena à rien non plus et l’affaire fut vite fermée. De toute façon l’homme n’était personne d’important. Pourquoi se casser la tête pour lui alors ? Autant se concentrer sur des clients pleins aux as. Par la suite Karma n’aurait aucun problème pour repousser la voix d’enfant et tuer des hommes répugnants tandis qu’Anne faisait disparaitre toutes les preuves derrière elle. Mais encore une fois nous prenions de l’avance. Karma continua son travail et ne se retint pas pour donner une leçon aux hommes qui se croyaient tout permis. N’ayant pas d’adresse définitive elle ne se fit jamais attraper et continua ainsi sa petite vie des moins tranquilles. Un jour elle arriva dans une ville des plus riches ce qui voulait aussi dire avec les clients les plus dangereux. Karma n’avait pas peur. Quelque part les meurtres donnaient une raison à sa vie et elle avait beaucoup plus de mal à repousser la lionne en elle que la petite fille. Après s’être trouvée une chambre elle alla se promener et se trouver à manger. Sur son chemin elle tomba par hasard sur un homme des plus fortunés : Lord Wallace Irwin. Et quand ce dernier aperçu Karma, il fut immédiatement intéressé par la beauté de l’inconnue. Ne sachant comment aborder son visage fermé, il entra dans la même boulangerie et s’assit pour manger en réfléchissant encore et encore à comment l’aborder. Karma avait immédiatement remarqué qu’elle était suivie et se leva d’un bond pour aller affronter l’inconnu :   « Je peux t’aider ? »   Lord Wallace sursauta immédiatement devant tant de fermeté.   « Je… -Je sais que tu me suis. Je veux savoir pourquoi. »   Cet homme adulte qui avait pris des cours de locution et de communication depuis des années perdit ses mots.   « Je suis vraiment désolé. »   Karma parut des plus ennuyée devant cet homme qui cherchait ses mots. Wallace sursauta une dernière fois en l’entendant soupirer et il se gifla intérieurement pour être aussi pitoyable.   « Je suis entrain de manger mais dans cinq minutes on peut y aller si tu veux. » Wallace se réveilla en entendant cette proposition :   « Y aller ? -Dans cinq minutes. »   Sur ce Karma tourna les talons et retourna à sa table tandis que Wallace se repassait la scène dans l’esprit ne comprenant pas ce qu’il s’était passé. Mais quand Karma se leva ayant fini son repas, Wallace se leva aussi et la suivit sagement jusqu’à l’entrée. Il suivit sagement l’inconnue jusqu’à la chambre qu’elle avait payée et une fois la porte fermée Karma soupira avant de l’embrasser. Wallace se raidit immédiatement et la repoussa confus :   « Je suis désolé je ne comprends pas… »   Ce fut le tour de Karma d’être surprise. Elle recula d’un pas es yeux écarquillés. Elle ne s’était encore jamais fait repousser de sa vie et découvrait pour la première fois un homme qui ne voulait pas l’embrasser. Anne n’avait encore jamais vu Karma éprouver d’autre sentiment que la colère et elle avait beau ne pas pouvoir l’imaginer surprise, c’était pour elle la réaction la plus logique.   « Tu ne veux pas me toucher ? »   Wallace fut profondément touché par cette question qui sonnait des plus enfantines. Il recula et baissa les yeux sur ses chaussures n’arrivant plus à regarder Karma dans les yeux.   « Je suis désolé de vous avoir fais penser le contraire. J’admets que je vous trouve des plus attirantes et j’aurais beaucoup aimé pouvoir faire votre connaissance. »   Karma resta encore un moment sans mots ce qui força Wallace à lever les yeux :   « Est-ce que ce serait acceptable pour vous ? »   Karma finit par retrouver toute sa contenance et se redressa en croisant les bras sur sa poitrine. Elle était sûrement curieuse ou intriguée par l’homme car elle accepta. Ils se baladèrent donc dans le par cet mangèrent ensemble à midi. Wallace invita la jeune femme et lui posa de nombreuses questions sur ses goûts pour faire la conversation. Karma ne savait pas quoi répondre la plupart du temps. Personne n’avait encore essayé de faire connaissance avec elle. Elle n’avait pas encore pensé à ce qu’elle aimait ou ce qu’elle voulait. Elle n’avait jamais mangé de pâtisserie et ne savait pas quelle était sa couleur préférée. Wallace décida de remédier à cela et pendant un moment Karma se sentit en sécurité et peut-être même heureuse. Pendant les pique-n****s elle découvrit des fruits qu’elle n’avait jamais mangés et se rendit compte qu’elle adorait les myrtilles. En voyant cela, Wallace lui acheta des dizaines de pâtisseries diverses avec des myrtilles dedans et Karma se rendit compte qu’elle aimait vraiment les sucreries. Cela surprit Anne quand elle s’en rendit compte. Comment une personne aussi amère que Karma pouvait s’empiffrer de gâteaux plus crémeux les uns que les autres ? Elle l’imaginait plus manger du citron sans grimacer mais contre toute attente Karma détestait le citron. Wallace emmena Karma dans des musées pour admirer des peintures. Elle apprit à reconnaitre les différents peintres et fut très attirée par la manière dont ils représentaient la lumière sur leurs toiles. Pendant quelques temps ce fut comme si la porte s’ouvrait devant Karma. Comme si tout son passé avait été effacé. Elle se dit qu’elle pourrait devenir peintre ou pâtissière et elle se voyait sincèrement vivre en paix. Mais bien vite elle fut rattrapée par les ténèbres. Sa première erreur fut de tomber amoureuse de Wallace. Le premier homme qui l’avait traitée comme un être humain. La première personne qui n’avait pas osé la toucher. La première personne qui voulait entendre sa voix. Elle l’avait aimé tendrement. Elle s’était accrochée à lui plus qu’à personne de toute sa vie et pendant leurs fiançailles elle en oublia jusqu’à l’existence de la petite fille et de la lionne. La nuit du mariage il était normal pour les mariés de consumer le mariage comme ils disaient mais Karma ne se doutait pas qu’elle n’était pas prête pour cela. Malgré l’homme qu’elle aimait, elle n’arrivait pas à le voir autrement quand il posa es mains sur elle. Karma essaya de se forcer et de penser à autre chose mais son cœur battait beaucoup trop vite pour qu’elle soit détendue. Quand elle demanda à Wallace de s’arrêter il fut compréhensif et lui donna un moment pour se reprendre. Il chuchota des mots rassurants à la jeune femme terrifiée et la rassura que ce n’était pas grave si elle ne voulait pas le faire ce soir-là. Karma se sentait honteuse et avait l’impression de ne pas mériter son mari. Le soir d’après elle se mit énormément de pression pour lui donner ce qu’il voulait. Elle se disait qu’elle pouvait le supporter pour une fois de plus et elle le fit. Elle pleura toute la nuit tandis que Wallace dormait épuisé et cela continua pendant des mois. Karma n’arrivait pas à oublier son passé qui revenait la hanter de plus en plus au fil des nuits. Un jour elle n’en put plus et annonça à Wallace qu’elle n’était pas d’humeur. Il lui assura qu’il n’y avait pas de problème mais au bout de la troisième nuit de suite il commença à se montrer frustré. Karma ne pouvait plus continuer ainsi mais Wallace ne comprenait pas :   « Tu es ma femme à présent. Tu me dois de me satisfaire au lit. »   Karma ne savait pas que ce n’était pas normal de dire cela. Elle n’avait jamais été mariée. Elle n’en avait jamais parlé et n’avait jamais vu de couple normal. Elle prit donc ces paroles pour une vérité universelle et se força mais elle n’arrivait plus à retenir ses larmes et pleura tout le long. Wallace ne se retint pas et continua tandis que la jeune femme faisait une crise de panique et n’arrivait plus à respirer. Il continua même quand elle s’évanouit et leur relation devenait de plus en plus suffocante pour Karma. Elle ne supportait plus le stresse de la nuit qui arrivait et faisait souvent semblant de dormir pour ne pas avoir à coucher avec son mari mais ce détail ne le dérangeait pas. La petite fille prit les devants et Karma se retrouva de nouveau dans un état de coma où elle avait du mal à discerner ce qu’il lui arrivait. La passivité de sa femme finit par énerver Wallace qui se mit à l’insulter dès qu’il en avait l’occasion :   « Tu es vraiment la pire femme que j’aurais pu choisir. N’importe quelle autre femme se sentirait honorée d’être touchée par moi mais toi tu te contentes de pleurer. Arrête tout de suite. Tu gâches l’ambiance. »   Mais Karma n’y arrivait pas. Et alors le premier coup partit.   « Je t’ai dis d’arrêter de pleurer. Si tu continues je vais te frapper de nouveau. »   Karma ravala ses larmes tant bien que mal mais Wallace avait développé un plaisir malsain à lui faire du mal. Un jour alors qu’ils se promenaient dans la ville, Wallace et Karma se retrouvèrent dans une ruelle sombre entre deux courses et passèrent devant un bâtiment qui vendait visiblement des attentions de femmes. Wallace les regarda avec envie avant de repousser sa femme :   « Pourquoi est-ce que tu ne peux pas être plus comme elles ? »   Mais Karma voyait tout autre chose en ces femmes. Elle ne voyait pas ces sources de plaisir, ces objets. Elle voyait des esclaves et des prisonnières. Elle voyait des jeunes filles perdues et traumatisées et à ce moment précis elle prit le recul sur sa situation. Elle comprit à quel point Wallace était un monstre et put enfin se détacher de cet amour qu’elle avait pu éprouver envers son ancien sauver. Dans cet instant elle décida que c’était assez et qu’elle n’allait plus supporter ce traitement. Et quoi de mieux que cette ruelle sombre pour se débarrasser d’un homme ? Devant les yeux ébahis des deux prostituées, Karma se jeta sur son mari et mit un coup dans son genou pour qu’il s’étale au sol. Wallace se retourna furieux :   « Mais tu es complètement folle ? Tu te prends pour qui ? Sans moi tu serais encore au même endroit que ces salopes. Comment oses-tu me frapper ? »   Karma souriait. Un sourire des plus dérangeants qui glaça même le sang de son mari. Elle avança vers ce dernier et entoura sa gorge de ses mains sans le quitter des yeux une seconde. Wallace commença à se débattre mais n’avait aucune chance contre la grippe de Karma. Il essaya de crier mais les mots s’étouffaient dans sa gorge et soudain Karma sentit sa poigne perdre de sa force. Elle ne le lâcha pas pour autant. Elle continua à le serrer toujours plus fort et en la voyant pleurer les deux femmes de la ruelle posèrent leur main sur son épaule avec douceur. Elle finit par se ressaisir et les regarda hébétée. Les femmes la conduisirent à l’intérieur et lui donnèrent de quoi boire. Elles lavèrent ses vêtements et lui en donnèrent de nouveaux. Karma se sentait libre. Légère et n’avait aucunement envie de s’arrêter à mi-chemin. Certaines femmes étaient prostituées par choix mais dans leur société ces femmes étaient du nombre de 0,01% peut-être. La plupart avaient été enlevées et forcées ou retenues menacées avec quelque chose. Karma ne pouvait plus le supporter. Toutes ces femmes qui étaient forcées à faire ces choses par des hommes gras et à vomir. Elle avait décidé de simplement acheter la liberté des filles avec l’argent de son mari mais emportée par sa colère elle finit par tuer tous les hommes présents les uns après les autres et emmena les femmes avec elle dans sa demeure. Elle leur donna un travail et ensemble firent en sorte que la mort de son mari soit pris pour une infidélité qui avait mal tournée. Karma hérita de toute l’argent et décida de ne plus jamais avoir quoi que ce soit à faire avec un homme. Elle avait vu d’un très mauvais œil quand Oscar et Télémaque avaient rejoint leur alliance mais avait fini par s’y habituer et faire comme s’ils n’existaient pas. Au fond ils avaient tous les deux extrêmement peur d’elle et n’osaient pas la regarder de travers. En voyant tout ce que Karma avait fais pour sauver les femmes forcées en p**********n et surtout les jeunes enfants, Anne l’appela immédiatement pour faire part de leur alliance. Faire partie de ce groupe avec toutes ces connexions permis d’accélérer le travail de Karma et elle continua encore et encore à se battre pour ce en quoi elle croyait.
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