XXVII Mai avait été un peu frisquet en cette année 1952, et ce vendredi 16 était le premier jour où la température était clémente ; dans la cour de récréation de l’école, les gamins jouaient au foot. Les deux équipes étaient formées de façon assez peu démocratique, car comme partout dans toutes les cours de récrés de toutes les écoles se trouve un garçon plus malin et plus fort ou plus méchant que les autres et c’est celui-là, qui à Plésidy formait les groupes des joueurs. Les gamins s’alignaient face au mur du préau et le caïd sélectionnait les équipiers en traçant de l’index sur chaque dos d’écolier le signe de la cuiller ou de la fourchette ; et les cuillers et les fourchettes, une fois triées, se séparaient pour se réunir en équipes. Curieusement, celle du caïd était toujours composée

