CHAPITRE 17
********KHALIL*******
Je suis chez Samina pourquoi aujourd’hui et maintenant ? Je ne sais pas. Mais je savais qu’il était temps de discuter sans tricher. Il y’a quelques jours où j’ai reçu son mail me racontant tout ce qu’il s’était passé lors de son voyage avec son patron. Je comprends pourquoi elle avait démissionné juste à son retour.
Samina : qu’est-ce qui t’amène aujourd’hui ?
Moi : j’avais envie de te voir.
Samina : humm
Ses yeux d’enchanteresse, ses sourcils sombres et même l’arc de sa lèvre supérieure, tout en elle exprimait la passion.
Moi : comment tu vas ?
Elle lève la tête et jette sur moi un regard mutin. Sa bouche de sorcière était légère entrouverte. Elle me paraît d’un infantile, mystérieuse, comme si on venait de se rencontrer pour la première fois.
Moi : Samina…
Samina : non, Khalil, non !
Moi : Non ? Comment sais-tu ce que je vais dire ? Comment peux-tu être aussi négative, alors que tu ignores si je vais dire quelque chose qui appelle à une réponse.
Samina : je ne te connais que trop bien Khalil, n’oublie pas que nous avons eu un passé. Je peux déduire ce que tu veux dire avant même que tu n’ouvres la bouche.
Moi : des années se sont écoulées Samina et beaucoup d’encre a coulé. J’ai appris grâce à mes erreurs, j'ai lu ton mail. Et tu ne sais pas combien je regrette, je suis désolé d’avoir douté durant tout ce temps, je ne sais pas ce qui m’avait pris de croire à cette version des faits.
Samina : on ne peut pas refaire le passé.
Moi : Mais on peut le surmonter.
Samina : certes.
Moi : on peut essayer de tout corriger maintenant.
Samina : ce qui veut dire ?
Je lui fais face avec l’intention de lui avouer la vérité pure, en le regardant droit dans les yeux.
Moi : je veux de nouveau être ton mari.
Samina : pourquoi ?
Elle ne bouge pas d’un pouce. Pensais-je qu’il me suffirait de demander pour qu’elle soit à mes pieds ? Non.
Moi : tu ne sais pas combien je languis de toi ? Je ne trouve même pas les mots qu’il faudrait. Je ne peux plus supporter que tu ne m’aimes pas.
Ce n’est pas de la ruse, juste une émotion pure.
Moi : je n’ai jamais tenu à une autre femme que toi, si j’avais compris ainsi les choses, je n’aurais certainement pas fait cette bêtise de te laisser partir ce jour là. J’aurais vu à quel point tu pouvais être impulsive et orgueilleuse. Samina s’il te plaît, donne-nous une seconde chance, c’est tout ce que je te demande.
Elle continue de me fixer d’un air impassible
********SAMINA*********
Je suis submergée par un tel déferlement de bonheur que je dis juste.
Moi : d’accord.
Khalil : tu me donnes vraiment une chance ?
Je secoue positivement la tête, il me prend alors dans ces bras en jubilant. Je souris et me rappelle combien j’avais le ‘mort’ quand il s’était remarié. Aujourd’hui tout semble être derrière nous.
Moi : maman sera contente de l’apprendre.
Khalil : tu ne veux pas le dire à Manila d’abord ?
Moi : ah oui je le dirais d’abord à elle.
Khalil : encore à moi et cette fois pour toujours.
Moi (rire) : pour toujours.
**********
Elles doivent être en train de m’attendre, je leur ai envoyé un message à tous les deux rendez-vous dans ce célèbre endroit où nous venions nous retrouver comme de ‘bonnes amies'. Pour Souko, je lui ai laissé croire que je la croyais que ce n’était pas sa faute et que c’était Khalil, le coupable dans cette histoire.
Je ne sais pas comment elle trouve la dignité de me regarder dans les yeux alors qu’elle sait très bien qu’elle n’est pas une victime. J’entre dans le restaurant, heureuse, épanouie malgré tout ce qu’il s’est passé. On apprend à vivre aujourd’hui comme une vraie famille. Je suis cette fois partie vivre pour de bon aux côtés de mon mari et père de ma fille.
Je retrouve vite les filles attablées dans notre ancienne table préférée. J’arrive devant, les salue avant de m’asseoir.
Elles : bonjour Samina.
Je regarde Souko puis Nafy et me demande comment j’ai fait pour ne pas lire l’hypocrisie dans leur visage. Comme toujours, c’est Nafy qui commence en jouant à l’intermédiaire.
Nafy : je suis heureuse que tu nous aies appelés aujourd’hui Samina.
Un sourire hypocrite étire mes lèvres.
Nafy : Souko m’a raconté ce qu’il s’était passé. Qu’elle était partie voir Khalil et que celui-ci a tenté de la v****r.
Ah donc elle parle de viol, c’est bien. Je fais comme si j’étais surprise.
Nafy : je savais qu’il n’était pas un saint mais de là à faire ça à ta meilleure amie, il a du cran.
Je regarde et remarque qu'elle a presque les larmes aux yeux. Je ne la savais pas aussi bonne comédienne.
Moi : hum
Souko (les yeux larmoyants) : vraiment Samina, je ne sais même pas quoi te dire. Tu as peut-être interprété mal les choses mais je te jure que c’est lui qui cherchait à me corrompre.
Moi : d’accord.
Nafy : nous sommes là pour te soutenir, après tout nous sommes des amies et notre devoir en tant que tel, c’est de partager les bons comme les mauvais moments unis. Nous étions là hier et nous serions là encore aujourd’hui.
Moi : je ne pense pas…
Je coupe court à leurs bêtises de vouloir jouer les saintes nitouches avec moi. C’est fini personne ne m’y prendra. Elles se jettent un coup d’œil avant de me regarder, perdues.
Souko : que veux-tu dire par là ?
Moi : vous savez bien ce que l’adage dit : dis moi qui est ton amie, je te dirais qui tu es. Souko, je vais commencer par toi. Pourquoi tu me détestes autant ?
Souko (l’air choqué) : moi ? Tu trom…
Moi : tais-toi ! Toi et moi, on se connaît depuis le collège, nous avons fait les quatre cent coups ensemble. Je pensais avoir trouvé une amie, une sœur mais au contraire, c’était un loup qui me faisait face déguisé en agneau. Oh pas la peine de faire cette tête, je sais combien vous m’aimez, oh non me détestez. Souko toi, une vieille femme comme toi, je te rappelle que tu as plus de trente-sept ans. C’est toi qui te rabaisse à venir écarter les jambes devant mon mari ? Tu espérais quoi, qu’il soit séduit, tombe dans le piège ? Haha la bonne blague. On ne peut se contenter du pire quand on a connu le meilleur.
Nafy : mais…
Moi : la ferme ! Vous allez m’écouter jusqu’à ce que je termine. Nafissatou, la fameuse Nafy, donc toi aussi tu as pensé à le séduire ? Vraiment vous êtes pathétiques, toi mon propre sang, tu as osé me planter un couteau dans le dos ? Vraiment comme on dit, méfie-toi plus des amies que de tes ennemis. Toi personnellement, je ne vais pas m’attarder sur toi. Tu pensais m’avoir détruite en lui envoyant l’audio ? Certes ça avait marché parce notre couple ne communiquait plus comme nous devions le faire. Parce que si on s’était écouté, rien de tout cela ne se serait produit. Bref, l’heure n’est plus aux lamentations. Tout ce que je vous souhaite c’est de recevoir au centuple tout ce que vous m’avez fait comme mal. Et je sais que tôt ou tard ça va arriver. Le karma existe bien pour des genres de pestes comme vous.
Je me lève en prenant mon sac alors que toutes les deux ont leur regard baissé au sol.
Moi : bien des choses à vous.
J’allais partir avant d’oublier de leur donner une info de taille.
Moi : et pour info, je suis officiellement encore une fois Madame Diao, malgré tous vos subterfuges, nous sommes de nouveau ensemble et bien heureux. Oh chère Cousine, en passant demande à très chère copine ce qu’elle faisait à l’hôtel accompagnée de ton si précieux époux.
Les deux lèvent la tête en même temps, horrifiées, je quitte le restaurant sans leur dire que la note était à mes frais. J’ai le sourire aux lèvres quand je retrouve ma voiture, j’avais besoin de me défouler, j’ai essayé de jouer la carte du silence mais je ne pouvais pas leur laisser la joie de penser qu’elles m’avaient détruite.
En tout cas, tout finit bien.