Adrian
2 Mars,
J’ouvre peu à peu les yeux à cause de la lumière qui m'éblouit et entends un chahut pas possible dans la pièce. Une fois avoir bien ouvert mes yeux, je remarque que je suis dans une chambre dans les tons blancs. Je me demande bien ce que je fais ici. Je regarde autour de moi et vois en haut de la porte écrit “Urgence”.
Pourquoi suis-je aux urgences ? Que s’est-il passé ?
Je me rappelle uniquement que j’étais en voiture et qu'une voiture noire me poursuivait. J’avais réussi à m’échapper et puis les freins ne fonctionnaient plus. Et puis plus rien...
Comme si on entendait mes paroles, un homme avec une veste blanche où était écrit docteur s’approche de moi. Il me regarde quelques instants puis me demande :
- Comment allez-vous ?
- Ça pourrait aller. Que fais-je ici ?
- Je suis docteur et vous avez été amené de toute urgence à l’hôpital. Vous souvenez-vous de quelque chose ?
- Non, il s’est passé quoi ?
- Vous avez eu un accident de voiture et vous vous êtes fracturé la jambe droite.
- D’accord, mais comment suis-je arrivé ici ?
- Une jeune femme a appelée pour informer qu’il y avait un accident de voiture.
- Qui est-ce ?
- Nous ne savons pas mais elle a rempli votre fiche d’admission.
- Est-elle là ?
- Normalement oui, il y a quelques minutes elle faisait les cent pas. Je pense qu’elle est très inquiète pour vous.
- Pourrais-je la voir s’il vous plaît ?
- Bien sûr, je lui dirais. Mais avant ça, vous souvenez-vous d’un membre de votre famille ou de votre nom ?
Bien sûr que je me souviens de tout mais je ne vais rien dire. Je préfère carrément être déclaré mort que ma famille soit au courant surtout que je suis sûr et certain que si j’ai fait cet accident c’est à cause de l’œuvre de mon grand frère Salvador. Donc je préfère nier tout.
- Non, pourrais-je voir cette femme ?
- Je vais la chercher.
- Merci.
- Aucun problème.
Le docteur sort et je me mets à observer toute la chambre sous toutes ses coutures. Elle est blanche digne d’un lit d’hôpital. Bien sûr j’ai bien l’intention de retourner chez moi mais pas maintenant, je ne ferais pas ce plaisir à mon frère.
Quelques minutes plus tard, je vois une magnifique jeune femme dehors accompagnée du docteur sûrement en train de parler.
Après cela, je vois le docteur partir et la jeune femme ouvre la porte. Elle passe sa tête par l'embrasure de la porte. A première vue, je vois une chevelure brune. Elle s’approche d’un air timide, se stoppe devant le lit d’une élégance et se met à me fixer du regard comme je le faisais en l’analysant de haut jusqu’en bas. Ces yeux sont vraiment magnifiques, elle a de magnifique prunelles émeraudes que j’en suis troublée. C’est la première fois que je vois de telles prunelles, d’un vert éclatant. Je la vois me regarder et elle me sourit. Son sourire est magnifique. Étant donné qu’elle avait peur de m’approcher, je lui pose directement la question :
- Vous êtes la personne qui m’a amené ici ?
Elle fait un hochement de tête comme réponse. Et c’est là qu'un tic me parvient dans la tête et je la reconnais immédiatement. Je fixe toujours ses prunelles et comprends que mes hypothèses s’avèrent vraies.
C’est la jeune femme qui vient tout le temps devant l’entreprise pour avoir une chance d’un entretien avec moi.
Je le sais puisque je la voyais toujours du haut de mon bureau en regardant en bas et puis Léna m’en informait. Voyant que je la fixais, elle me pose une question qui me choque.
- Vous connaissez votre nom au moins ?
Bien sûr que je sais qui je suis quand même, mais puisque c’est elle qui m’a sauvé, je me décide à lui révéler mon identité.
- Bien sûr que oui, je m’appelle Adrian, Adrian Santos.
- V... Vous êtes le PDG de ACE Corporation ?
Lorsqu’elle dit cela, je m’en doutais puisque tout le monde me connaît mais sa mine choquée me fait plus que rire ainsi que son bégaiement. Je me rends compte que cette fille n’était pas comme le disaient les rumeurs et je compte bien en découvrir plus sur elle.
- Oui, mais je vous en prie ne le dîtes à personne.
- Mais, faut- il appeler une personne de votre famille ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Promettez-moi que vous ne direz pas qui je suis.
- Pourquoi ? Vous ne voulez pas aller chez vous.
Lorsqu’elle me dit ses quelques mots, je décide de lui demander une faveur en espérant qu’elle accepte.
- Non. Emmenez-moi chez vous ?
- Mais je ne peux pas.
- Pourquoi ? Vous êtes marié ou avez-vous un petit ami ?
- Non !
- Alors...
Je savais que cette fille n’avait personne puisque personne ne veut la voir. Mais je ne sais pas… j’avais envie de la connaître plus que ses rumeurs que tout le monde raconte.
- Donc mademoiselle ? D’ailleurs c’est quoi votre nom ?
- Moi je suis Alexias, Alexias Andrews.
- Je vois, vous êtes la fille qui vient toujours devant les locaux de l’entreprise, lui dis-je directement tout en la laissant sans voix.
- Oui, mais comment vous savez ?
- Ça n’a pas d’importance. Faisons un marché, vous.. vous ne devriez dire en aucun cas mon identité à quiconque et me prenez chez vous tandis que moi je vous promets que dès que je serais rétablie, je vous donnerais une opportunité d’un entretien avec moi. Alors marché conclu ?
- Pourquoi vous ne voulez pas appeler votre famille ?
- S’il vous plaît mademoiselle, je veux juste me rétablir chez vous et je ne vous dérangerais pas. Je vais même vous payer une part de votre loyer.
- Qui dit que vous ne me mentez pas ?
- Je ne mens jamais et puis si je vous mens j’irais en enfer. Donc ça vous va ?
- D’accord, je ne dirais rien mais je ne veux pas de votre argent. Je payerais même vos frais médicaux et vous offrez une hospitalité chez moi. Juste pour information, j'habite dans un tout petit appartement situé pas loin d'ici. Est-ce que ça vous ira ?
- Oui.
- Très bien, le docteur arrive.
- Merci, je vous revaudrais ça.
Cette fille avait une gentillesse en elle ce qui fait que je commençais à ressentir un autre sentiment. Un sentiment que je n’aurais jamais cru ressentir un jour.
Comme dit, le docteur entre et s’approche de moi tandis qu'Alexias recule d’un pas.
- Savez-vous que c’est cette jeune femme qui vous a sauvez la vie ? Sinon sans le secours de cette femme à ce stade vous serez en train de succomber de vos blessures.
- Oui, je le sais et je lui en suis très reconnaissant, dis-je sincèrement tout en la fixant en souriant.
- Vous avez une fracture à la jambe donc vous ne pourrez pas marcher sans béquille. Vous vous souvenez d’un membre de votre famille qu’on pourrait contacter ou même votre nom pour prévenir de votre disparition à la police ?
- Non, je ne me rappelle de rien, répondais-je en faisant un clin d’œil à Alexias lorsque le docteur tourne sa tête vers elle.
- Puisque le patient est blessé et que c’est vous qui l’avez sauvé... Vous pourrez payer les frais médicaux ?
- Oui, à combien ils sont élevés ?
- 20 000 mille dollars.
- 20 000 mille dollars pour une fracture à la jambe ? C’est énorme ! dit-elle sur le choc.
- Vous pourrez ou pas ?
Je vois sa tête changer de couleur et décide de m’interposer dans la conversation afin de lui parler seule à seule.
- Docteur, puis-je parler à la jeune femme quelques instants seuls ?
- Oui, bien sûr. Je serais dehors.
Le docteur sort de la chambre et nous laisse tout seuls. Je lui fais signe de s’approcher de moi ce qu’elle fait en laissant une distance entre nous. Cette fille n’est pas comme les autres ce que j’en étais certain. Je décide de lui poser la question afin de savoir la raison de son inquiétude.
- Vous n'avez pas assez d’argent, je peux payer vous savez ?
- Non, je vais le faire et puis si c’est vous qui le faites, ils appelleront la police fédérale et trouveront qui vous êtes réellement.
- Comme vous voulez. Je vous rembourserai tout ce que vous paierez pour moi.
- Non, votre argent ne m’intéresse pas et puis ça me fait plaisir.
- Très bien.
- Je reviens.
- D’accord, je vous attendrai.
Elle sort de la chambre en me laissant seule et je la vois parler au docteur avant de s’en aller je ne sais où. Sûrement elle est allée payer mes frais médicaux.
C’est énorme, c’était la première fois qu’une femme ne demandait pas après mon argent. J’en ai connu que des femmes vicieuses mais celle-là est complètement différente.
Après cela le docteur entre de nouveau et je lui explique que la jeune femme va m’hébergé donc que cela ne sers à rien de prévenir la police fédérale. De nouveau, j’entends un grincement de porte et elle entre ce qui me fait tourner la tête pendant que le docteur m’ausculte.
- Très bien, je pense que vous irez mieux dans 5 mois, il vous faut beaucoup de repos. Mademoiselle, il m’a informé que vous allez l'héberger chez vous, cela ne vous dérange pas ?
- Non, aucun souci. Je prendrais la responsabilité de sa convalescence.
- Très bien, vous pourrez partir. Je vous laisse, voici les béquilles.
- Merci docteur, au revoir.
Le docteur sort de la chambre me laissant seul avec la jeune femme. Elle prend mes béquilles et les rapproche près de moi. Je commence à retirer un pied puis un autre pied toujours sous son air attentif et elle m’aide à me lever. C’était la première fois qu’une femme en dehors de mon garde du corps s’occuper de moi. Sa bouille d’ange tout mignonne en étant inquiète est trop chou. Cette fille était un trésor caché. Elle m’aide à me changer avec toujours son air attentif et inquiet. J’avais l’impression qu’elle avait peur de me blesser de nouveau ce qui me fait sourire de plus belle.
Une fois terminé, toujours avec son aide, nous sortons tous les deux de l’hôpital et la brise du vent froid fait voler quelques mèches de ses cheveux. Je remarque qu’elle tente d’arranger sa chevelure à de nombreuses reprises et je m’arrête.
- Il y a un problème vous avez mal ? On peut faire une pause si vous voulez, dit-elle souciante.
- Non.
- Alors...
Je la stoppe dans sa phrase avant qu’elle puisse continuer de parler et me tourne vers elle toujours en tenant mes béquilles.
- Qu’est-ce que vous faîtes ?
- Taisez-vous.
Elle se tait et je me mets à arranger une mèche de cheveux qui était posée sur son front en effleurant de passage son visage du bout des doigts... Ce qui me fait frissonner et je mets une mèche brune derrière son oreille. Je ne sais pas si elle l'a ressentie comme moi mais c'était étrange et surtout nouveau pour moi. C'est la première fois que je ressens une telle chose, enfin depuis 5 ans. Mais après cela peut être compréhensible vue que c'est la première fois que je touche le visage d'une jeune femme inconnue.
- Voilà, allons -y ! dis-je mais mon geste la fait rester bouche bée.
- M.… merci, dit-elle d’un air timide.
- Je ne vais pas vous manger, vous savez ?”
- Je sais c’est juste que…
- Que ?
- C’est la première fois que quelqu’un se préoccupe de moi.
- Dîtes vous que vous le méritez et puis ce ne sera pas la dernière fois.
Et ces paroles étaient vraiment sincères, j’ai vraiment l’intention de la protéger. Je sais que je me répète mais cette fille est complètement différente et je ne laisserai plus personne lui faire du mal. Ça je le jure de tout mon cœur, elle mérite le meilleur du monde et je compte bien découvrir des facettes cachées de sa vie.
- Merci beaucoup.
- C’est plutôt moi qui devrait vous remercier. Sans vous je pense que je serais mort en ce moment.
- Je préfère ne pas y penser.
- D’ailleurs je voudrais bien savoir la raison du fait que vous vous rendiez tous les jours devant l’entreprise.
- Je préfère ne pas en parler maintenant, je vous le dirai sûrement lorsque nous arriverons. Et puis pourquoi cela vous intéresse ?
- Puisque vous avez beaucoup de cran de venir tous les jours malgré tous les refus qu’on vous dit.
- Ça c’est mon problème, pas le vôtre.
- J’espère que vous m’en direz plus.”
- Je verrais.
- Vous habitez loin ?
- Non, nous sommes presque arrivés.
- Bien.
Et nous nous mettons en marche jusqu’à ce qu'elle s’arrête et se tourne vers moi.
- J’habite ici, me dit-elle toujours en souriant.
Je tourne mon regard un instant et vois un appartement de deux étages en face de moi sur des tons beiges.
- Je vais vous aider à monter.
Je la regarde bizarrement lorsqu’elle m’annonce :
- Il y a des escaliers, je suis au deuxième étage ici, me dit-elle en me montrant avec son doigt sans oublier son merveilleux sourire.
Je pense que je tuerais pour voir son sourire tous les jours. Je la protégerais plus que tout au monde à toute personne qui pourrait lui faire du mal. J’attendais avec impatience cette cohabitation qui me fera peut-être changer d’opinion sur les femmes. Ce qui était sûr c’est que cette femme ne m’était pas indifférente et je commençais à ressentir de nouveau sentiment pour elle. Elle se met à me sourire ce qui me procure un sourire par la suite.