Chapitre 4

2719 Words
Alexias 2 Mars, Je n’arrive pas à y croire qu’en ce moment même je suis avec Adrian, le Adrian Santos, le PDG de l’entreprise que je rêve plus que tout d’entrer. Le pire dans tout ça, c'est qu’il m’a proposé de me donner un entretien une fois avoir fini sa convalescence. J’ai déjà hâte, je vais enfin pouvoir réaliser mes rêves. Je regarde le ciel et me dis que si j’ai entendu ce bruit, c'était sûrement un signe du destin. Un signe du destin qui m’a fait avoir une opportunité tant rêvée. C’est sur cette pensée que nous marchons côte à côte, moi le soutenant avec mon bras et lui qui s’aide de ses béquilles pour marcher. Enfin bon, ce n’est pas trop ça puisqu’il s’est fracturé la jambe droite. Je ferai tout mon possible pour qu’il soit guéri le plus rapidement possible. Jamais je n’aurais cru que je le rencontrerais dans de telles circonstances, c’est incroyable. En tout cas, c'est un plus pour enfin réaliser mon rêve le plus cher. Nous étions en train de marcher en direction de mon appartement lorsque quelques mèches de mes cheveux se mirent à voler. J’essaie tant bien que mal d’arranger mes cheveux à de nombreuses reprises, mais il continue toujours de voler jusqu’à se poser sur mon front. Tout à coup, Adrian s’arrête et je le questionne tout en étant inquiète qu’il soit mal. - Il y a un problème, vous avez mal ? On peut faire une pause si vous voulez. - Non. - Alors... Avant même que je puisse terminer ma phrase, il se tourne vers moi toujours en tenant ses béquilles. - Qu'est-ce que vous faîtes ? - Taisez-vous. À la façon qu’il m’avait dit ses mots, cela était d’une façon très autoritaire ce qui me faisait prendre cours à un frisson dans tout mon corps surtout lorsqu'il commence à arranger une mèche de mes cheveux en effleurant au passage mon visage. - Voilà, allons-y ! Je reste bouche bée un instant. C’était la première fois que cela m’arrivait depuis la mort de mes parents. Je me sentais tout autre chose, je ne sais pas comment le décrire et le remercie timidement en lui disant : - M.… merci. - Je ne vais pas vous manger, vous savez ? - Je sais c’est juste que... - Que ? Je réfléchissais à mes mots et décidais de lui dire la vérité. Après tout, qu'est-ce que j’y perds. - C’est la première fois que quelqu’un se préoccupe de moi. - Dîtes-vous que vous le méritez et puis ce ne sera pas la dernière fois. Dit comme cela, j’avais la certitude qu’il était sincère dans ces mots. Je me sentais protéger comme si le destin avait fait en sorte que ça soit lui qui me délivrera de tous mes malheurs et de ma malchance. En ce moment même, j’étais heureuse d’être comprise pour une fois. Jamais, je n’aurais cru recevoir un tel bonheur après cette journée où des personnes se sont enfuis pour ne pas me voir. Être avec lui était un véritable bonheur et un miracle. Je pense que le simple fait de cohabiter avec lui ne sera pas vraiment un malheur, mais plutôt un tour du destin pour que je sois de nouveau heureuse. - Merci beaucoup. - C’est plutôt moi qui devrais vous remercier. Sans vous je pense que je serais mort en ce moment. - Je préfère ne pas y penser. - D’ailleurs, je voudrais bien savoir la raison du fait que vous vous rendiez tous les jours devant l’entreprise. - Je préfère ne pas en parler maintenant, je vous le dirai sûrement lorsque nous arriverons. Et puis pourquoi cela vous intéresse ? - Puisque vous avez beaucoup de cran de venir tous les jours malgré tous les refus qu’on vous dit. C’est normal ! Lorsqu’on a un rêve on fait vraiment tout pour le réaliser et c’est ce que je compte faire surtout après ma tentative de suicide, mais je pense que je ne le dirais jamais. Je n’ai pas du tout envie qu’il ait pitié de moi alors que d’autres pensent que je le mérite vraiment, bien que personne ne le saura. - Ça, c'est mon problème, pas le vôtre. - J’espère que vous m’en direz plus. - Je verrais. - Vous habitez loin ? - Non, nous sommes presque arrivés. - Bien. Et nous nous mettons en marche jusqu’à ce que nous arrivions devant mon appartement et je me retourne vers lui en souriant. - J’habite ici, dis-je toujours en souriant. Je le regarde toujours, lorsque je vois qu’il tourne le regard vers l’appartement. Je le sonde du regard un instant, lorsque je me rappelle qu’il y a des escaliers à monter pour arriver jusqu’à chez moi ce qui ne sera pas facile à monter avec des béquilles puisqu’il a une fracture à la jambe. - Je vais vous aidez à monter. Il me regarde d’une manière étrange jusqu’à ce que je lui informe : - Il y a des escaliers, je suis au deuxième étage ici, lui dis-je en lui montrant avec mon doigt tout en souriant. Je le regarde une minute réfléchissant un instant à une solution une fois que nous serons montées chez moi puisqu’il y a qu’une seule et unique chambre qui est par la suite la mienne. Nous continuons à marcher lorsqu’il s’arrête à l'endroit où était installé l’ascenseur de l’immeuble et me regarde bizarrement lorsqu’il me questionne : - Pourquoi ne pas monter avec l’ascenseur ? - Car elle est en cours de travaux. Vous êtes fatigués ? - Non, ça va. Il s’appuie contre le mur et manque de tomber ce qui fait qu’il me tient fermement par le bras toujours collé au mur. Je me trouve entre son corps et le mur qui était situé derrière mon dos. - Vous êtes sûr, que vous allez bien. On peut attendre si vous voulez. Ça ne me dérange pas. - Non, je ne veux pas vous faire perdre votre temps. - Vous ne me faites pas perdre mon temps, j’ai tout le temps. Et puis rien ne me retient autre part. - Comment ça ? Et votre famille ? - Ma...famille.... Vous n'êtes pas au courant ? - Non, je ne sais rien. - C’est bizarre, pourtant ça a fait la une des journaux. Je n’arrive pas à y croire qu’il n’est pas au courant alors que tout le monde le sait puisque mes parents étaient célèbres dans les affaires. J’avais en cet instant envie de lui raconter tous mes problèmes, mais la peur qu’il ait pitié de moi apparaît ce qui me fait lâcher quelques larmes. - Je suis désolé, je ne voulais pas vous faire pleurer. - Non... non ce n’est pas vous c’est moi, ce n’est rien ne vous inquiétez pas. - Je me sens coupable de vos larmes, je suis vraiment désolé. Allons-y, si vous voulez m’en parler, je suis là, ne vous inquiétez pas. Lorsqu’il me dit cela, ses paroles me firent de nouveau craquer à cause de toute la sincérité qu’il a à travers ses mots. - Je voudrais bien vous raconter, mais j’ai peur que vous ayez pitié de moi. - C’est de la pitié que vous ne voulez pas ? C’est aussi grave que ça ? - Oui vous ne pourrez même pas imaginer. - Alors, je vous écouterais et je serais là pour vous. Ça vous va ? - Très bien. Nous nous éloignons l’un de l’autre et commençons à monter les escaliers, mais avec beaucoup de difficulté, ce qui fait que nous faisons des pauses à chaque fois à cause de sa jambe. Arrivé devant mon appartement, je le lâche quelques minutes et cherche mes clés dans mon sac. Une fois les clés retrouvées, j’ouvre la porte de mon appartement toujours sous son air attentif. J’entre et je lui dis de m'attendre et c’est ce qu'il fait par la suite. Je dépose mon sac sur la table du salon, sors pour l’aider à entrer et ferme la porte derrière nous. Il me lâche et se met à regarder toute la pièce autour de lui en faisant un tour sur lui-même. - Je peux ? me demande-t-il tout en s’approchant d’un cadre photo de moi. Il regarde ma photo et reste fixe en touchant mon visage ce qui me fait prendre court à un frisson. J’avais l’impression que c’était mon visage réellement qu’il touchait en cet instant, lorsqu’il prit ma photo entre ses mains. Ce qui me parut le plus étrange, c'est lorsqu’il s’assoit sur le fauteuil avec le cadre de ma photo entre ses doigts. J’essaie de le reprendre, mais il me fait signe de le laisser donc je le laisse avec ma photo. Je me mets devant lui et il se met à alterner son regard sur moi à ma photo . Ce qu’il me dit me choque plus que tout. - Vous étiez magnifique. Quand date cette photo ? - Quoi ? dis-je choqué. - De quand date cette photo ? Cette question me trouble, j’en ai eu des insultes depuis la mort de mes parents, mais jamais des questionnements sur ma vie personnelle, alors là jamais. J’avais l’impression que pour une fois quelqu’un se préoccupait de moi, mais je ne croyais pas que ça serait le PDG d'A.C.E. Corporation, Adrian Santos. De plus que le simple fait qu’il soit ici me trouble, alors là je ne sais pas comment je pourrais m’adapter à cette nouvelle situation. - Je ne sais pas si j’ai envie d’en parler. - Je voudrais que vous ayez confiance en moi. Je veux juste savoir à quand date cette photo puisque vous êtes magnifique dessus. Ces paroles me font sourire et j’ai l’impression que je peux lui faire confiance. Je prends conscience que peut-être que c'est lui qui va me faire lâcher prise et je le regarde avant de lui répondre : - Merci et cette photo date de 3 ans, dis-je d’un air nostalgique en me rappelant du jour de la mort de mes parents. Mes larmes se mirent à tomber tel que j’avais l’impression de pleurer comme une petite fille de 5 ans à qui on n'a pas acheté son jouet préféré. Le tout de cela, c'est que j’étais en train de pleurer devant Adrian pendant qu’il me regardait inquiet. D’un geste rapide, il lâche le cadre photo et le dépose à côté de lui pour me tirer dans ses bras pendant que je pleure. En cet instant, il n’y avait que nous, comme si que le temps s’était figé un instant. Je me laisse aller et pleure toutes les larmes qui étaient conservées depuis toutes ces années pendant qu’il me caresse le dos. - Tu peux pleurer si tu veux, je suis là si tu as envie d’en parler. - M.... merci, dis-je tout en pleurant. - Ne me remercie pas. - Non, je le dois. - Ne parle pas, je suis là. Et comme dit, il retient ses promesses et il me laisse plonger ma tête dans son cou. Je sens sa peau vibrer sous mes larmes lorsqu’il se met à relever mon visage afin de les essuyer à chaque fois qu’elle tombe. Il estompe mes pleurs en me faisant rire ce qui fait stopper mes larmes. Je tente de me lever de lui, mais il me retient contre lui comme s’il ne voulait plus que je lui échappe quelques minutes. Nous nous regardons face à face et je me perds dans ses prunelles bleues ce qui provoque une tension énorme dans la pièce. Il rapproche sa tête de plus en plus près de moi jusqu’à ce que je me lève rapidement. Le simple fait que nous étions près l’un de l’autre, je commence à suffoquer de chaud alors qu’il faisait froid normalement dans l’appartement dû au fait que la clim est allumée. Afin de changer la tension qui apparaissait dans la pièce, je lui pose des questions pour changer la situation. - Vous voulez quelque chose à manger ou à boire ? Il me regarde bizarrement en se rendant sûrement compte que je tente de changer de sujet. - Non, je ne veux rien. C'est bon. - Très bien. Mais je voudrais savoir maintenant, pourquoi vous vouliez venir chez moi monsieur Santos ? - Pourquoi voulez-vous tant le savoir mademoiselle ? Et puis tutoyons-nous, je vous en prie. - Je mérite bien de le savoir, non ? - Oui tu as raison. Je peux bien te le dire, mais je ne sais pas. - Quoi ? Qu’est-ce que tu ne sais pas ? - Rien, oublie ce que je viens de dire. Tu tiens vraiment à le savoir ? - Oui, en fait si tu veux me le dire. - Je veux bien mais en échange, je veux savoir pourquoi tu pleurais avant qu’on monte les escaliers et tout à l’heure-là. - D’accord mais je ne veux pas de pitié puisque ça concerne toute ma vie en entier et l’histoire est longue. - Sérieusement ? - Ma vie n’est pas belle comme vous le pensez. - Pourquoi ? Comme si le temps voulait retarder le moment fatidique où je me délivrerai de tous mes problèmes, on entend une sonnerie de téléphone. On se regarde chacun son tour lorsqu’on se rend compte que c’était le téléphone d’Adrian. Il le sort de sa poche et regarde l’appel. - Tu ne comptes pas répondre ? - Je ne sais pas. - C’est qui ? Il réfléchit à la réponse qu’il allait me donner lorsqu’il me dit d’une manière sincère et avec une douceur : - Mon garde du corps. - Votre garde du corps ? dis-je perplexe et sur le choc. - Oui. - Et pourquoi tu ne réponds pas ? - Je n’ai pas envie qu’on sache que je suis en vie. Là ces mots me troublent… pourquoi il ne veut pas qu’on sache qu’il est vivant ? Est-ce que c’est la raison pour laquelle il a voulu venir chez moi ? Des milliards de questions fusent dans ma tête. Comme s’il entendait mes pensées, il me dit : - Je sais que tu te poses des questions et je te dirais toute la vérité. Il me regarde puis fixe l’appel qui n'arrête pas de faire sonner son téléphone. - Tu penses que je devrais répondre au téléphone ? - Si c’est important, oui mais sinon je n’ai aucune idée. - Bon, je vais répondre sinon le téléphone ne vas pas arrêter de sonner. Mots dits, actes faits, il répond et met le téléphone en haut-parleurs. - Allo. - Monsieur, j’essaye de vous appeler depuis longtemps mais en vain. Est-ce que vous allez bien ? - Ça pourrait aller Léna, il n'y a personne autour de toi rassures moi. - Non, je suis toute seule. C’était une voix de femme, ce qui me rend triste et je m’éloigne de façon à le laisser seule mais il se rend compte tout de suite et se lève pour me rattraper. Inquiète comme je suis, je lui dis sans me rendre compte : - Non, restes là tu es blessé. Tu ne dois pas te lever. - Viens là, me dit-il en me montrant la place à ses côtés ce que je fais de suite. La femme entend notre conversation et s’alerte : - Vous êtes blessés monsieur ? C’est qui ? Qui a parler à l’instant ? - Ce n’est rien. Tu es vraiment seul ? - Oui, mais vous me faites peur là. Adrian lève ses yeux en l’air et reprend sa conversation téléphonique. - Je veux que tu m’écoutes clairement, c’est important. - Je vous écoute. - J’ai eu un accident de voiture. - Quoi ? Où êtes-vous ? Je viens vous chercher. - Non, tu restes là. Ne viens pas. - Je veux que tu suives mes instructions. - Très bien, allez-y. Il me regarde dans les yeux en même temps qu’il parlait. Ce qu’il dit me choque de plus belle et il me caresse la main doucement pendant qu’il donne ses ordres à son garde du corps. - D’accord, je serais là monsieur. - Veillez à ce que personne ne vous suit. Il faut vraiment que vous fassiez attention. - Très bien, monsieur. Il raccroche et me regarde tout en plongeant ses yeux dans les miens.
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