Adrian
2 Mars,
Elle tourne son regard vers un point inconnu et je la regarde d’un air inquiet. Puis, nous continuons à marcher et je m’arrête au moment où je remarque un ascenseur qui semble être celui de son immeuble. Je la regarde en la songeant du regard puis la questionne :
“Pourquoi ne pas monter avec l’ascenseur ?”
“Car elle est en cours de travaux. Vous êtes fatigués ?”
Son air inquiet me fait sourire et je lui réponds :
“Non, ça va.”
Sentant une douleur à ma jambe et la fatigue venir à moi, je m’appuie contre le mur et manque de tomber ce qui fait que je la tenais fermement par le bras pour retenir mon équilibre. Je la maintiens entre mon corps et le mur qui était derrière son dos pour ne pas tomber.
“Vous êtes sûr que vous allez bien. On peut attendre si vous voulez. Ça ne me dérange pas.”
“ Non, je ne veux pas vous faire perdre votre temps.”
“Vous ne me faîtes pas perdre mon temps, j’ai tout le temps. Et puis rien ne me retient autre part.”
“Comment ça ? Et votre famille ?”
“Ma...famille.... Vous n'êtes pas au courant ?”
“Non, je ne sais rien.”
Je compris de suite que c’était un sujet sensible pour elle et ne l’offense pas plus. Quelques minutes plus tard, je vois des larmes couler de ses yeux ce qui me rend coupable. J'ai jamais voulu qu’elle pleure et je veux à tout prix que son sourire revienne comme lorsque nous nous sommes rencontrés.
“Je suis désolé, je ne voulais pas vous faire pleurer.”
“Non... non ce n’est pas vous c’est moi, ce n’est rien ne vous inquiétez pas.”
“Je me sens coupable de vos larmes, je suis vraiment désolé. Allons-y si vous voulez m’en parler, je suis là, ne vous inquiétez pas.”
Ces paroles dites étaient vraiment sincères, je me sens vraiment coupable de la faire pleurer. C’est comme si le fait de la voir pleurer, me faisait ressentir sa douleur au plus profond de moi, ce qui me paraît étrange.
“Je voudrais bien vous raconter mais j’ai peur que vous ayez de la pitié pour moi.”
“C’est de la pitié que vous ne voulez pas ?
C’est aussi grave que ça ?”
“Oui vous ne pourrait même pas imaginer.”
“Alors je vous écouterais et je serais là pour vous ça vous va ?”
“Très bien.”
Je comprends qu’elle a été énormément brisée par le passé et compte bien savoir pourquoi. Je ressentais une envie de la sauver, de la protéger et de savoir ce qui s’est passé dans sa vie pour qu’elle puisse être aussi triste que maintenant.
Nous nous éloignons l’un de l’autre et commençons à monter les escaliers mais avec beaucoup de difficulté ce qui fait que nous faisons des pauses à chaque fois à cause de ma jambe puisque la douleur était très forte.
Arrivée devant à ce que je pense être son appartement, elle me lâche quelques minutes et se met à chercher ses clés dans son sac. Une fois ses clés retrouvées, elle ouvre la porte de son appartement et je regarde attentivement tous ses faits et gestes. Elle entre par la suite et me dit d’attendre devant la porte. Je regarde autour de moi, elle sort pour m’aider à entrer et referme la porte derrière nous.
Je la lâche et je me mets à regarder toute la pièce tout autour de moi. J’analyse la pièce et remarque que c’est une petite pièce où se trouvait un salon qui se rejoignait avec une cuisine. Elle était magnifique cette pièce, ça se voit qu’elle avait beaucoup de goût pour décorer son appartement. Je regarde tout autour de moi toujours jusqu’à ce que mon regard se perd sur un cadre photo.
“Je peux ?” lui dis-je tout en m’approchant du cadre photo qui captiver mon regard.
Plus je regarde la photo, plus je vois que c’était une photo d’Alexias. Elle était magnifique, en plus de son sourire. J’avais l’impression que lors de la photo elle était plus heureuse que maintenant, en tout cas c’était mon propre ressenti.
Inconsciemment, je me mets à toucher son visage sur le cadre photo et décide de le prendre avec moi rien que pour voir son sourire. Sentant la douleur s’intensifier dans ma jambe, je prends le cadre photo et m’assoie sur son fauteuil. Elle tente de le prendre de mes mains, ce que je trouvais normal mais je lui fais comprendre de me laisser avec le cadre. Elle abandonne tout de suite et elle se met en face de moi en croisant ses bras. Et je me mets à alterner mon regard entre la photo qui était dans mes mains et son regard.
“Vous étiez magnifique, elle date de quand ?”
“Quoi ?” dit-elle choquée.
“De quand date cette photo ?”
Je sais que c’est carrément bizarre de lui poser la question mais je veux plus que tout savoir des informations à son sujet. J’avais une énorme envie de tout savoir à son sujet afin de la protéger envers et contre tout le monde. J’avais le sentiment que c’était mon devoir et que je devais l’accomplir. Je me mets à attendre sa réponse mais ce qu’elle me dit me donne froid dans le dos.
“ Je ne sais pas si j’ai envie d’en parler.”
“Je veux que vous me faîtes confiance, je veux juste savoir à quand date cette photo puisque vous êtes magnifique dessus.”
Elle se met à sourire et je l’observe de haut en bas en attendant sa réponse. Et puis c’est vrai ce que j’ai dis, elle était vraiment magnifique comme maintenant. Sur la photo, elle portait un petit haut rose et une jupe courte de la même couleur alors que là maintenant elle porte un top blanc et un pantalon bleu.
“ Merci et cette photo date de 3 ans.” me dit-elle d’un air nostalgique.
Elle se met à pleurer ce qui me brise le coeur de nouveau. Là j’en étais sûr, il s’est vraiment passé quelque chose dans sa vie pour qu’elle pleure comme ça. Je me mets un objectif en tête qui est de la protéger plus que tout. Je la regarde d’un air inquiet et je fais une chose que jamais que je n’aurais cru faire pour une femme.
D’un geste rapide, je lâche le cadre photo et le dépose à côté de moi pour la tirer dans mes bras pendant qu’elle pleurait. En cet instant, il n’y avait que nous comme si le temps s’était figé un instant. Je la prends dans mes bras tandis qu'elle pleure de plus en plus et je veux plus que tout qu’elle me délivre tous ses problèmes afin d’alléger sa souffrance et de la partager avec elle. Je me mets à lui caresser le dos afin de la calmer.
“Tu peux pleurer si tu veux, je suis là si tu as envie d’en parler.”
“M.... merci.” Dit-elle tout en pleurant.
“Ne me remercie pas.”
“Non, je le dois.”
“Ne parle pas, je suis là.”
Et comme dit, je retiens mes promesses comme toujours et je la laisse plonger sa tête dans mon cou. Je prends cours à un frisson sous le contact de ses larmes et je me mets à relever son visage remplis de larmes et les essuie à chaque fois qu’elle tombe. Afin d’estomper ses pleurs, j’eu une idée de la faire rire en faisant le clown, une chose que je ne pensais jamais faire pour une femme ce qui lui fait stopper ses larmes. Elle tente de se lever de ma jambe mais je voulais la retenir contre moi puisque je ne voulais pas qu’elle s’échappe, rien que pour un instant. Nous nous regardons face à face et je me perds dans ses prunelles émeraude ce qui provoque une tension énorme dans la pièce. Je rapproche ma tête de plus en plus près d’elle afin de ne serait-ce qu’effleurer ses lèvres qui m’appelait jusqu’à ce qu’elle se lève rapidement. Je savais que ce n’était pas bien mais j’avais envie de goûter ses lèvres. J’avais l’impression de ressentir un autre sentiment, un sentiment nouveau que je ressentais uniquement lorsque j’étais proche d’elle.
“Vous voulez quelque chose à manger ou à boire ?”
Je la regarde bizarrement en me rendant compte qu’elle essaye tant bien que mal de changer de sujet. Ce que je trouve normal à cause de cette tension qui pèse en ce moment même dans la pièce aussi bien pour elle que pour moi.
“Non, je ne veux rien c’est bon.”
“Très bien. Mais je voudrais savoir maintenant pourquoi vous vouliez venir chez moi monsieur Santos.”
“Pourquoi voulez-vous tant le savoir mademoiselle ? Et puis tutoyons-nous je vous en prie.”
“Je mérite bien de le savoir, non ?”
“Oui tu as raison. Je peux bien te le dire mais je ne sais pas.”
“ Quoi, qu’est-ce que tu ne sais pas ?”
“Rien, oublie ce que je viens de dire. Tu tiens vraiment à le savoir ?”
“Oui, en fait si tu veux me le dire.”
“Je veux bien mais en échange je veux savoir pourquoi tu pleurais avant qu’on monte les escaliers et tout à l’heure-là.”
“D’accord mais je ne veux pas de pitié puisque ça concerne toute ma vie en entier et l’histoire est longue.”
“Sérieusement ?”
“Ma vie n’est pas belle comme vous le pensez.”
“Pourquoi ?”
Comme si le temps voulait retarder le moment fatidique pour savoir la vérité concernant tous ses problèmes, on entend une sonnerie de téléphone. On se regarde chacun notre tour lorsque je me rends compte que c’était la sonnerie de mon téléphone. Je le sors de ma poche et remarque que c’était un appel de Léna, mon garde du corps. J’hésite à y répondre puisque si j’y réponds, tout le monde saura que je suis vivant surtout que je ne veux pas qu’ils soient au courant et surtout pas mon grand frère, Salvador.
“Tu ne comptes pas répondre ?”
“Je ne sais pas.” dis-je en hésitant.
“C’est qui ?”
Je me demande quoi lui répondre mais décide de lui dire la vérité, après tout elle le mérite bien non et lui dit de manière sincère :
“Mon garde du corps.”
“Votre garde du corps ?”
“Oui.”
“Et pourquoi tu ne réponds pas ?”
“Je n’ai pas envie qu’on sache que je suis en vie.”
Je me mets à la regarder après l'avoir révéler la vérité et je vois dans son regard qu’elle se pose des millions de questions et lui dit :
“Je sais que tu te poses des questions et je te dirais toute la vérité.”
Je la regarde dans les yeux puis fixe l’appel qui n'arrête pas de faire sonner mon téléphone en la questionnant de ce que je devrais faire selon elle.
“Tu penses que je devrais répondre au téléphone ?”
“Si c’est important, oui mais sinon je n’ai aucune idée.”
“Bon, je vais répondre sinon le téléphone ne vas pas arrêter de sonner.”
Et je décide de répondre à l’appel et met le téléphone en haut-parleurs afin qu’elle écoute notre conversation. J’avais l’envie qu’elle sache la vérité et c’est ce que je comptais faire.
“Allo.”
“Monsieur, j’essaye de vous appeler depuis longtemps mais en vain. Est-ce que vous allez bien ?”
“Ça pourrait aller Léna, il n'y a personne autour de toi rassures moi.”
“Non, je suis toute seule.”
D’un coin de l’œil, je regarde Alexias et la vois défaillir lorsqu’elle entend Léna me parler. Ce qui me fait légèrement sourire, c’est que j’avais l’impression qu’elle était jalouse. Je la vois s’éloigner de plus en plus et cela me fait prendre conscience que mon hypothèse était vraie, elle est jalouse alors qu’elle n'a pas à être comme ça. Je me lève pour la rattraper et elle revient vers moi inquiète ce qui me fait sourire de plus belle et elle me dit :
“ Non, restes là tu es blessé. Tu ne dois pas te lever.”
“Viens là.” lui dis-je en lui montrant la place à mes côtés ce qu’elle fait par la suite.
Léna entend notre conversation et s’alerte automatiquement :
“Vous êtes blessés monsieur ? C’est qui ? Qui a parler à l’instant ?”
Je me doutais qu’elle serait inquiète et si je lui disais que oui, je sais qu’elle est capable de débarquer avec tous mes autres gardes du corps pour ma protection, ce que je ne veux pas.
“Ce n’est rien. Tu es vraiment seul ?”
“Oui, mais vous me faîtes peur là.”
Je lève mes yeux en l’air et reprends ma conversation téléphonique avec Léna.
“Je veux que tu m'écoutes clairement, c’est important.”
“Je vous écoute.”
“J’ai eu un accident de voiture.”
“Quoi ? Où êtes-vous ? Je viens vous chercher.”
“Non, tu restes là. Ne viens pas.”
“Je veux que tu suives mes instructions.”
“Très bien, allez-y.”
Je regarde Alexias dans les yeux en même temps que je donne mes ordres à Léna et caresse sa main tout doucement afin de la calmer des révélations que je faisais à l’instant même.
“D’accord, je serais là monsieur.”
“Veillez à ce que personne ne vous suit. Il faut vraiment que vous fassiez attention.”
“Très bien, monsieur.”
Je raccroche le téléphone et regarde Alexias tout en plongeant mon regard au sien en attendant la venue de mon garde du corps.