La fête de << Nabasga>>
Partie1
La saison des pluies venait de prendre fin, le village de Zorgho venait de rentrer dans ses saisons de fêtes. Zorgho était un village célèbre, réputé pour sa bonne récolte, son commerce et les fêtes coutumières. La vie luxueuse de ces gens pauvres était extraordinaire car ce village se distinguait par sa cohésion sociale. A l’entré du village, on apercevait ses cases en briques faites de terre aux toits couverts de tôles aux fenêtres en bois. Zorgho autrefois était la capitale des cinq villages qui l’entour, tous se prosternait devant le seul « Naaba » (roi). C’était un village particulièrement propre ce qui caractérisait sa dignité. Ses habitants sont très attachés à leurs cultures et leurs traditions.
Ce matin Hayna est la première à être debout, il ne faisait que quatre heure du matin. Elle était sur pied car elle n’avait pas fini de mettre tous les céréales dans des sacs et c’était la veille de la fête « Nabasga » (fête traditionnelle). Elle entra dans la case de sa défunte grande mère où se trouva les différentes récoltes provenant du champ de sa mère Abibou. Les récoltes étaient en tas sur des sachets noir. Sa mère fut réveillée par le bruit qu’elle faisait.
D’une voix souffrante sa mère l’interpelle en tentant de la convaincre de retourner se coucher :
_ Il ne fait pas encore jour, s’il te plait vient te coucher.
_ Hier j’ai laissé des travaux en suspens, je finis rapidement ensuite j’irai me préparer pour l’école, répondit elle à sa mère.
_ Tu en as assez fait, laisse je terminerai le reste demain s’il plait à dieu
_ Mère ! Vous êtes convalescente ; toutes les deux avons besoin d’argent. Si nous n’écoulons pas nos marchandises lors de la fête de « Nabasga », on aura du mal après
_ Pourquoi tu as besoin d’argent ?
_ Je dois payer vos médicaments et j’ai des besoins personnels, mère faites-moi confiance je vais prendre soin de vous
_ C’est moi qui dois m’occuper de toi. Tu es la meilleure fille qu’une mère peut avoir. Que dieu te bénisse ma fille.
Hayna était stressée dans ces derniers jours et sa mère l’a bien remarqué. Elle la connaissait bien. D’ailleurs tout le monde dans le village la connaissait, non pas pour son intelligence ni son travail acharné encore moins pour sa beauté ; elle était connu pour son franc parlé. Elle disait toujours ce qu’elle pensait peu importe que cela blesse la personne en face d’elle ; elle était différente car elle avait toujours des raisonnements et des visions différentes des autres. Pourtant la simplicité était un attribut de son caractère. Le soleil commençait à faire son apparition. Elle alla se préparer pour l’école car les cours débutaient à sept heures. Les élèves du village étaient reconnus à vu d’œil par leurs chemisettes aux couleurs bleu, des pantalons de couleurs kaki. L’école française de Zorgho a été récemment construite par une association qui œuvre pour la scolarisions des enfants dans les régions reculées du pays et la génération de Hayna fut ses premières élèves. Hayna fut inscrite par sa mère et elle passait avec succès le certificat d’études primaires et fus reçu au collège avec la meilleur moyenne. Trois années s’étaient déjà écoulées et elle était à sa quatrième année où elle devait passer son deuxième examen. Sac au dos Hayna se mit à marcher direction l’école. Des gamins tout nus s’amusaient dans le sable. Sur le chemin de l’école elle croisa Samira et Charifa. L’école de Zorgho se trouvait à deux kilomètres du village, ce qui les laissait assez de temps pour discuter de leurs plans et stratégies à mettre en place pour la foire de « Nabasga » et pour aider Samira pour sa fugue. Arrivées au grand arbre situé a mis distance du village et de l’école, Farid le mécanicien les attendaient sous le grand manguier. Tous les jours Farid les attendait là, pour admirer la beauté de Hayna. Il était profondément impressionné par sa hanche développe, sa moyenne taille harmonisait bien avec sa corpulence, teint ébène bien brillant avec une petite poitrine ; ses cheveux crépus bien soigné lui rendait sa touche d’originalité. Ses gros yeux marron sont son arme de séduction ; son nez sans doute parfait mettait ses lèvres pulpeuses en valeur. Tout était parfait chez elle, car elle incarnait la beauté de la femme africaine. Farid les accompagnait tous les jours à l’école. Dans ce village, il n’y a pas de secret car tout le monde était au courant que Farid était amoureux de Hayna.
Tout juste arrivé au niveau du manguier Hayna dit à Farid :
_ Aujourd’hui nous allons nous passer de tes services car nous devrons parler de trucs de filles, soit gentil et laisse nous.
_ Tu ne me dis même pas bonjour ? Pourquoi tu me traites ainsi ? disait Farid qui faisait face à Hayna.
_ Farid nous n’avons pas le temps pour tes histoires de sentiments d’amour. Ah ! Que des bêtises pour nous faire perdre le temps.
_ Ah ! Maintenant je comprends mieux, c’est pour cela tu repousses tout tes prétendants… donc tu ne veux pas te marier un jour
_ Ecoute ! Je n’ai pas à t’expliquer les choix que je fais dans ma vie, en plus je ne suis même pas la belle du village… je ne comprends pas pourquoi tu t’acharne sur moi, tu veux juste me distraire avec tes histoires ; j’ai des rêves à réaliser
_ Hum ! On a tous des rêves… Je ne comprends pas pourquoi tu as si peur d’aimer et de laisser quelqu’un t’aimer
_ Farid s’il te plait laisse nous seul maintenant
En effet, elle devrait organiser la fugue de Samira qui doit se marier le lendemain de la fête de « Nabasga », un mari choisit par ses parents. Farid, déçu par les propos de Hayna retourne à ses occupations.
Tout à coup, Charifa vit Madek prendre la direction des champs, surprit elle dit à Hayna :
_ N’est-ce pas ton demi-frère ? Où va-t-il ?
Tout en regardant dans la même direction que Charifa, Hayna d’une aire fatiguée réplique
_ Oui mon petit qui me déteste, il n’aime pas l’école. Il fait croire aux parents qu’il part à l’école alors qu’il suit les employés de notre père pour amener le bétail au pâturage ; oubli le.
_ Mais c’est ton frère, essaye de le raisonner sinon c’est son avenir qui est en jeu dit Samira
_ Tu sais, sa mère nous déteste ma mère et moi donc elle nourrit son fils de haine. Aux yeux de Madek c’est moi qui suis son ennemi…
_ Moi en tout cas si un jour j’ai des enfants ; je ne leurs enseignerai jamais la haine, que j’aie une rivale ou non, répliqua Samira
Hayna demande à parler à Samira en privé, là les deux jeunes filles reculent de quelques mètres dans les herbes secs ; Hayna expose son inquiétude
_ Attends tu veux vraiment faire confiance à Charifa parce que moi je ne la fais pas confiance, avant que tu me réponds; je te préviens que ce n’est pas parce qu’elle est la petite fille du roi, elle a l’aire parfaite mais il y’a quelques choses qui me dérange en elle.
Samira tout souriante
_ Ecoute ! Je te comprends, c’est ton intuition et elle peut te faire défaut, Charifa est au courant de tout et elle est prête à nous aider. Samira regarde Charifa et la sourit ; elle poursuit en disant : C’est quoi ton problème ? Tu rejet Farid et Charifa est amoureuse de lui, cela te pose problème.
Hayna commence à s’énerver :
_ Il n’est pas question de Farid, tu m’as forcé à l’accepter comme amie ; il y’a un truc chez elle qui me dérange. Laisse tomber, passons au plan.
Samira est soulagée maintenant
_ D’accord mais impliquons Charifa.
Mais Samira n’avais aucune idée de ce qui l’attendait en faisant autant confiance à Charifa.