ÉPISODE 08
Suite à mon altercation avec Irfane mon ex-femme, je débordais de rage et de colère. Mais écoutez, c’était quoi son problème celle-là ? Elle m’avait fait cocue et voulait quand même me faire payer des sommes exorbitantes pour éduquer son bambin. Qu’est-ce qu’elle croyait celle-là ? Que j’allais me laisser tromper et me laisser marcher dessus ? Non, non, non ! Moi Saïd BOUSSARI, je n’accepterai jamais cela et je ne me laisserais jamais faire par une truande comme elle, jamais de la vie je n’accepterai de prendre la responsabilité de son fils, le même fils qui était le fruit de son adultère, de ses infidélités répétées et de ses mensonges. Qui accepterait ça même ?
Elle se croyait tout permis au point de venir se pointer chez moi et de me menacer pour que j’assume la responsabilité d’un enfant qui n’est pas de moi. C’était le moment, le moment pour qu’elle paie pour le passé et qu’elle se morde les doigts d’avoir cru rusé une nouvelle fois avec moi. Alors comme elle j’ai pris un avocat, pas n’importe lequel l’un des meilleurs, les plus brillants mis à la disposition de mon épouse Anissa et j’ai tout d’abord entamé une procédure de désaveu de paternité. Irfane était vicieuse et maligne oui, mais trop bête par la même occasion et son avocat incompétent sorti de nulle part, cet élément perturbateur, cet escroc ne lui avait même pas dit qu’il était possible et cela par de nombreux moyens et recours juridiques de dénier ma paternité vis-à-vis de son enfant. Je ne sais même pas quel barreau avait bien pu vouloir de lui.
Mais ça ne suffisait pas de juste dénier ma paternité, il fallait que je lui apprenne à vivre et qu’elle paie pour tout. J’ai donc entamé pas une seule mais plusieurs procédures en justice, une pour son adultère, une pour tentative d’escroquerie, une pour diffamation et calomnies et enfin une pour violation d’injonction d’éloignement, c’était des accusations petites, mais fondées et toutes aussi graves les unes que les autres. A malin, malin et demi comme on le dit si bien de là où je viens. J’allais en finir définitivement avec son cas. Il ne me fallait même pas un avocat pour savoir à quel point je la tenais par le cou (une façon de dire que j’avais la situation sous contrôle).
Mais vous savez parfois lorsqu’on a la capacité de faire quelque chose il vaut mieux rester humble et modeste pour éviter, d’être mis hors-jeu. On ne sait jamais, alors j’ai joué un rôle avec Irfane, celui de l’accablé, pour qu’elle croit qu’elle avait le dessus et que quoiqu’il arrive elle obtiendrait raison, je voulais qu’elle pense qu’elle gagnerait à tous les coups, ce qui la ferait baisser sa garde et se reposer sur ses lauriers. Cela me faciliterait la tâche et j’aurais bien le temps de monter un dossier imbattable quel que soit l’instance de juridiction qui était en charge de l’affaire, j’avais aussi envie de produire cet effet vous savez, l’effet de surprise lorsque vous penser avoir gagné et que d’un coup tout s’écroule, telle la situation du garçon qui pense attraper un pigeon, et au moment de lui bondir dessus celui-ci s’envole de quelques marches, pour qu’il retente sa chance.
Evidemment mon plan a marché, Irfane était tellement sûre de gagner le procès qu’elle se permettait de venir jusqu’à ma porte pour m’injurier et me traiter de moins que rien et d’irresponsable, tout ceci était enregistré, j’avais déjà placé des caméras au préalable. Bien entendu hors de question de lui répondre ou de me prêter à son jeu et de l’injurier également je jouais l’oreille sourde, la défaite, comme jamais je ne l’avais fait auparavant, ce petit jeu était de plus en plus intéressant, à mesure que je faisais la victime accablée, l’audace et le culot de Irfane ne faisait qu’augmenter, ce qui la faisait elle-même creuser sa tombe, elle se compromettait presque tout le temps, et bien sûr tout cela, je l’enregistrais.
Puis le jour fut venu, le jour du procès. Je me rendis donc au tribunal de première instance où devait se tenir l’audience, elle y était déjà, elle s’apprêtait à accueillir les grosses pensions qu’elle me réclamerait pour son enfant en compagnie de son vieil avocat, je crois même qu’ils couchaient ensemble ces deux-là, elle était hautaine dans le regard dévisageait et lorgnait tout le monde, même le juge, ses yeux globuleux telles des grosses billes allaient de haut en bas.
Bref le procès avait débuté, son vieil avocat, cet escroc s’il savait comme j’avais envie de lui fracasser la mâchoire celui-là, il s’avança vers moi, fit sa plaidoirie bancale et me posait des questions dans le but de me faire craquer en appuyant sur l’infidélité d’Irfane, et en voulant faire croire que c’était moi le seul fautif. Mais écoutez, il se croit où là ? Jamais je n’aurais craqué, je savais que c’était ce qu’il recherchait j’allais donc jouer aussi avec ses nerfs. Il était tellement sûr de lui dans la démarche, la façon de parler, les questions et tout ce qui va avec. L’assistance et les membres du jury étaient comme ensorcelés par ce charlatan.
Tout le monde me regardait mal et se disait que j’avais été injuste avec elle. Je les entendais déjà se chuchoter l’issu du procès. Puis son tour était passé, c’était maintenant le mien. Mon avocat, Maitre Imrane, se leva et commença son plaidoyer, en moins d’une heure Irfane Seydou, mon ex-femme, était sueur, elle était trempée, tellement trempée qu’on croirait qu’elle avait été jeté dans une piscine. Acculée et accablée par les arguments, les questions et les preuves de mon avocat, elle n’arrivait même plus à tenir sur ses deux jambes. Elle répondait à peine et se perdait dans ses propos, elle bégayait et beuglait comme une vache, ses réponses étaient bancales, désœuvrées et désordonnées. Et pour la clouer au sol, Maître Adnane dans un élan de provocation lui demanda si son corps constituait l’affaire pour laquelle elle était en voyage (en d’autres termes il lui demandait si elle faisait de la prostitution).
Elle a craqué et s’est emballée, elle s’est mise à insulter tout le monde mais avant que cela ne dégénère, son vieil avocat fit ce qu’il avait à faire et il s’écrira « OBJECTION VOTRE HONNEUR ! » Non mais écoutez, il avait bu ou quoi ? Il avait quoi à aboyer comme un chien celui-là ? En plus de cela, il puait de la bouche, cet escroc, où avait-elle bien pu le dénicher celui-là ? Le juge même n’en pouvais plus, il était mort de rire lorsque Maitre Imrane s’avança et dit, « nous sommes en face d’un gibier de correctionnel » pour désigner Irfane et lui faire comprendre que non seulement elle irait croupir en prison mais en plus elle aurait des travaux forcés et au contraire ça serait elle qui verserait des indemnités. Le plaidoyer était parfait, tout le monde était ébahi, les regards se changeaient, même le vieil avocat rangeait ses affaires, après tout il avait eu la moitié des honoraires qu’il devait recevoir, le reste ne le concernait plus.
Le juge avait écouté avec attention les deux plaidoyers, il fallait maintenant prendre une décision alors il a suspendu l’audience pour reprendre une heure après. Je sortais de la salle d’audience et nous discutions avec mon avocat de son succès, lorsque la même Irfane qui des jours plus tôt se permettait de venir m’injurier, me traiter de tous les noms, cette ingrate qui tentait de m’escroquer des grosses sommes se précipita vers moi pour me supplier d’abandonner les charges contre elle. Elle me suppliait de ne pas poursuivre le procès. Son avocat cet incompétent sorti de nulle part, de la plus grande savane ou de la brousse la plus profonde, il avait bien roulé et l’avait fourré dans de beaux draps.
Dès que l’audience avait levée, le truand s’était empressé de monter dans sa vielle Mazda pour s’enfuir et l’abandonner. Comment elle aussi avait-elle pu croire qu’elle pourrait me rouler de la sorte ? Il aurait fallu au préalable qu’elle se prépare et se munisse de bons arguments. Je comptais bien lui faire regretter cette audace et cette témérité, je n’allais pas laisser ses larmes de crocodile m’atteindre.
Non, non, non ! Hors de question. Me demander pardon ? Quel culot, pourquoi faire ? Est-ce que je l’avais envoyé face à un tribunal moi ? Non mais écoutez, un peu de sérieux là ! Lorsqu’on entame une chose il va de notre devoir, de la terminer. Elle n’avait qu’à demander pardon au bon Dieu, lui seul pourrait la sortir de cette situation. Elle n’avait qu’à prier et espérer qu’il la délivre, pour ce qui me concerne c’était totalement et assurément hors de question que j’accepte un quelconque règlement à l’amiable. Si elle ne voulait pas d’un procès elle n’avait pas qu’à ne pas l’entamer.
Puis de toute façon c’était déjà trop tard pour arrêter quoique ce soit. Le juge s’apprêtait déjà à prononcer sa sentence. Voyant que ses excuses et ses fausses larmes n’avaient pas d’effet. Elle les essuya et se remit à m’insulter de plus belle. Hahahahaha, si elle savait. Bref mon avocat et moi avions finit par prendre une haute direction pour éviter qu’elle ne nous harcèle plus longtemps, cette folle-là.
Bref la pause était maintenant finie et l’audience avait enfin pu reprendre. Le juge s’apprêtait à prononcer la sentence et appela les deux parties qui faisait l’objet du litige mon avocat et moi avions répondu présent, pour ce qui est des truands à notre gauche leurs sièges étaient vides pas le moindre bruit ni la moindre présence, pas le moindre son, ni la moindre fragrance. Les scélérats, ils s’étaient enfuit chacun à leur tour, la défaite était trop cuisante pour eux, toute l’assistance se mit à rigoler, et même le juge qui paraissait pourtant si sérieux et sévère rigolait, il rigolait à gorge déployé, le pauvre il aurait pu s’étouffer ou mourir carrément de rire, c’était une scène des plus drôles et déplorables à la fois. Elle n’avait même pas eu le courage d’attendre et de recevoir son châtiment. Irfane celle-là, en tout cas elle nous avait bien fait rigoler, avec son histoire. Même si au début j’en fus fort déçu énervé et agacé, j’en rigolais à présent, elle s’était imaginé quoi ? Maintenant, elle n’avait plus le moindre problème avec moi mais avec la justice qui allait tout faire pour la retrouver et la condamner…