Moi : je vais donc mourir dans ce village sans jamais voir la ville ? Avais-je demandé un peu déçue. N'est-ce pas papa qui s'occupe de tout, qu'ai-je a préparer ?
Mama Maguy : pardon ne cherche pas les problèmes.
Moi : weer mama !
Mama Maguy : vas lui demander. Je ne veux pas les problèmes. Ton père ne veut pas vous voir loin de lui.
Moi : je veux bien savoir pourquoi il agit ainsi. Si je voyage c'est pour vivre chez sa sœur.
Mama Maguy : chacun sait comment sont les membres de sa famille.
Moi : je ne suis plus un enfant, je te rappelle que j'ai déjà 20 ans et sais me défendre.
Mama Maguy : si ça ne dépendait que de moi tu pouvais voyager mais c'est ton père qui a le dernier mot.
Moi : il faut donc le flatter pour qu'il accepte noor maman ?
Mama Maguy : il ne faut pas qu'il pense que je suis ta complice. Je vais quand même essayer mais je ne te promets rien.
Toute joyeuse, j'adressais mes remerciements à ma mère qui ma foi allait certainement réussir à convaincre mon père. J'avais déjà remarqué que mon père ne lui refusait pratiquement rien.
Parfois je me demandais si à un moment de la vie ils avaient déjà eu des disputes.
Quelques heures après, mon père fit son entrée avec un grand régime qui avait de très beaux doigts.
Moi : bienvenue mon papa chéri. ( en récupérant le régime).
Papa Lucas : quand ma fille m'accueille de cette manière, je m’attend immédiatement à une grosse doléance.
Moi : toi aussi ! Si on ne t'accueille pas tu vas te plaindre.
Mama Maguy : bienvenue chéri.
Papa Lucas : merci chérie koco.
Mama Maguy : koco c'est encore qui ? Dis Plutôt chérie Maguy.
Papa Lucas : ah kaa ! Laisse nous ça. Je dis même chérie tu n'es pas contente. Dans ce village combien appelle leur femme chérie ?
Moi : hahaha !
Mama Maguy : humm !
Papa Lucas : ( s’adressant à ma mère) peux-tu me dire ce que ta fille manigance ? Je la trouve trop joviale aujourd'hui.
Mama Maguy : la voilà noor ! Elle a une bouche pour répondre.
Moi : pardon excusez ma vie je m'en vais apprêter la table ( en riant).
Quelques minutes après, tout était servi à table.
Moi : le chaud père de qui eeeeh ! Venez savourer les délices de la cuisine de Rosy Mbah.
Papa Lucas : ne te vante pas de cette manière et, par la suite, je constate que le dosage du sel a dépassé.
Eux : rire
Moi : papa tu n'es pas bien.
Mama Maguy : si le sel a dépassé, Rosy je vais te donner une fessée.
Moi : yeuch ! A une vieille fille comme moi ?
Mama Maguy : je te forme depuis longtemps quand même.
Après ce petit moment de détente, chacun se servit. Je souhaitai bon appétit à tous en faisant un clin d'oeil discret à ma mère pour qu'elle n'oublie pas de présenter ma doléance.
Cette dernière ne se fit pas prier. Elle racla sa gorge en regardant mon père.
Mama maguy : chéri…
Malheureusement, elle fut interrompue par la grosse voix de Jordy.
Jordy : Bonsoir à tous.
Je le regardais très calmement en attendant que papa lui donne une petite dose de réprimande.
Papa Lucas : C'est à cette heure que tu rentres patron ?
Jordy : ne m'appelle plus patron papa. Est-ce que je dirige une entreprise avec des employés sous mes ordres ?
Papa Lucas : dans ce cas pourquoi tu rentres de plus en plus tard comme si c’était le chez toi ?
Jordy : papa je jouais au foot avec des amis juste ici au stade.
Papa Lucas : ton ballon que tu joues tout le temps dans ce petit village va te servir à quoi ?
Mama Lucie : humm ! Mon fils a refusé d’étudier pour se livrer a des conneries .
Jordy : un jour vous me féliciterez.
Papa Lucas : quand la poule aura les dents ?
Tous : rire
J’étais un peu gênée parce que je pensais qu'avec l’arrivée de Jordy mon père allait oublier le problème que lui posait ma mère.
Moi : gars lave-toi vite pour te joindre à nous.
Pendant qu'il allait prendre son bain, mon père se pencha vers ma mère et lui dit :
Papa Lucas : tu me disais quoi avant l’arrivée de notre cascadeur Jordy ?
Mama Maguy : les enfants ci peuvent donner l'avc à quelqu’un.
Mes parents étaient toujours unis pour nous corriger et c'est quelque chose que j’appréciais beaucoup.
Papa Lucas : qu'ils se cherchent vite et libèrent ma maison.
Moi : ah bon ! Donc vous nous chasser ?
Mes parents : hahaha !
Sacré couple Mbah ! Je l’ admirais beaucoup pour sa complicité de tous les jours.
Peu de temps après, Jordy refit surface et se servit.
Ayant constaté que les soupières étaient presque vide, je fis un tour à la cuisine pour les remplir à nouveau.
Moi : plusieurs tour sont permis hein.
Mama Maguy : ta fille m'a fait part de son désir de changer un peu d'air.
Papa Lucas : Sois plus explicite chérie.
Mama Maguy : elle veut aller à Douala passer le reste de ses vacances.
Papa Lucas : vous pensez pouvoir apprendre à un vieux singe comment grimacer ? Je savais que la gentillesse de ma fille cachait quelque chose. Eh ha ! Prenez moi pour un ignorant.
Jordy : je vois que les choses se trament sous mon dos quand je ne suis pas là.
Moi : rien ne se trame sous ton dos si oui on aurait jamais évoqué ce sujet en ta présence.
Jordy : si tu le dis.
Papa Lucas : Jordy les lamentations de jérémie étaient finies. Veux-tu ouvrir un nouveau chapitre ? Laisse ta sœur.
Tous : rire
Papa Lucas : je ne veux pas trop que tu commences à voyager. On peut te détruire.
Moi : weer papa ! Même ici au village on peut me détruire si je ne suis pas vigilante et si je ne mets pas en pratique vos conseils.
Mama Maguy : à mon avis tu peux bien la laisser faire l’expérience.
Papa Lucas : pourras t-elle supporter ma sœur, c'est une femme difficile qui ne tolère rien.
Moi : papa je vais la supporter, j'ai de l’âge pour affronter les difficultés de la vie.
Papa Lucas : on jugera le maçon au pied du mur. Ne viens pas plus tard pleurnicher dans mes oreilles. Tu es déjà avertie.
Moi :s'il te plaît papa dis oui.
Papa Lucas : c'est oui mais tu n'en auras que pour 3 semaines.
Moi : Petit séjour comme ça ?
Papa Lucas : il faudrait que tu rentres vite pour pouvoir préparer ta rentrée universitaire sur place.
Mama Maguy : chéri ajoute-lui une semaine.
Papa Lucas : ah les femmes ! Tu lui tends la main elle prend le bras. Je vous l'accorde alors.
Laissez moi me reposer.
Moi : merci mon papa chéri.
Papa Lucas : c’est plutôt ta mère qu'il faut remercier.
Je souriais en regardant ma mère qui suivit aussitôt son mari dans leur chambre.
Les jours qui suivaient étaient consacrés aux préparatifs du voyage. Ma mère acheta des régimes de plantains, du macabo, de la patate douce et y ajoutait du haricot noir et blanc.
Pendant les classes j'avais taillé mes longs cheveux.
Pour ne pas voter avec les cheveux au vent, je me fis tresser avec le fil. Nous appelions cette coiffure « les suis-moi ».
Le jour du voyage, j’étais trop contente. Je portais une jupe noir avec un tricot blanc. Mon pull over attaché autour de ma taille. Jordy et maman m’ accompagne à l'agence. Après avoir payé mon ticket pour un bus classique, je choisis un siège du côté de la vitre pour tout voir pendant le trajet. Juste à côté de moi, il y avait un casquette de couleur noire que quelqu'un avait déposé sur le siège pour réserver sûrement sa place.
J'attendais que le chauffeur démarre. Il y avait des places réservées, mais on ne sait pas trop bien ce que les passagers faisaient hors du bus après avoir payer leur ticket.
Le chauffeur pris son siège et se mis à Clarksonné.
Son assistant criat : passagers à bord c'est le départ.
Ceux qui étaient hors du bus accoururent pour prendre chacun sa place.
Il restait un siège vide et c’était celui de mon voisin. On avait attendu quelques minutes avant qu'il ne se pointe. Ma tête était posée sur le dossier du siège qui se trouvait juste devant moi.
Subitement j'entendis un voix
…….. : laissez -moi passer s'il vous plaît ? La voix m’était tellement familière que je sursautai a son écoute .
Moi ( en soulevant ma tête pour savoir si je ne rêvais pas) : Jules ?
Jules : Rosy ?
Et dire que je m’apprêtais à passer le savon à la personne qui retardait le départ de la coaster.
Je me vis obligée de me taire et me lever pour lui céder le passage. Dès qu'il fut assis, je me mis à dialoguer avec lui à voix basse.
Moi : Que faisais-tu dehors si tu ne traînais pas on serait déjà à Balessing ( village voisin de Bansoa).
Jules : je suis rentré au pas de course à la maison parce que j'ai oublié des documents importants.
Moi : tu as bien traîné si ce n’était pas toi j'allais passer un savon au retardataire.
Le chauffeur démarra et en moins de 10 minutes nous étions À Balessing où il s’arrêta pour prendre deux passagers qui avaient payé leur ticket bien avant.
Jules : Mbah tu voyages sans me dire Aurevoir.
Moi : je t'ai déjà dit plusieurs fois qu'il faut souvent habillé mon nom.
Jules : hum ! Quelle mouche a piqué ton père pour qu'il te laisse voyager ?
Moi : hahaha ! Il faut savoir saisir les opportunités Jules. Je suis passer par ma mère et comme j'ai réussi à mon bac il n'a pas pu me résister.
Moi : tu vas à Nkongsamba pour les vacances ?
Jules : nooh cette année je vais à Douala faire le commerce pour préparer la rentrée universitaire.
Moi : courage, de ce côté mon père fait de son mieux pour me satisfaire.
Jules : ça je sais, il faut donc en profiter au maximum pour pousser loin avec tes études.
Moi : c'est vrai.
Jules : tu vas jusqu’à Douala ?
Moi : Oui oui.
Le chauffeur roulait à une vitesse raisonnable et l'ambiance dans le car était très calme.
Apres 5 heures nous nous retrouvâmes sur le pont du Wouri. J’étais émerveillée. Je n’avais jamais vu un aussi grand fleuve. Les piroguiers s'y trouvaient. Je me recroquevillais sur moi comme si j'allais tomber dans l'eau.
Entre temps la voiture fit une secousse et je criais au secours.
Les autres passagers se tournèrent vers moi pour voir ce qui ne va pas.
Jules (Chuchotant a l'oreille) : grosse peureuse.
Moi : je croisais mes bras au cou pour me redonner le courage. Heureusement pour moi la traversée du pont fût de courte durée. Je regardais la ville avec étonnement. Les constructions étaient tout simplement magnifiques.
Jules : bientôt nous arriverons. Mais je te conseille d’être plus réservé dans tes agissements si non les gens te traiteront de villageoise.
Moi : où est le problème ? Je vis au village et n'ai pas honte que l'on m'appelle villageoise.
Jules : si tu peux supporter ça c'est tant mieux pour toi. Je connais beaucoup qui ne supporteront pas.
Lorsque nous arrivâmes au niveau de l'agence, j'appelais ma cousine Rodia pour qu'elle vienne me chercher. Il était déjà 15h30.
Je transpirais à grosse goutte avec mon pull over qui était toujours attaché aux reins. Tout était étrange pour moi. Jules prit sa destination et ma cousine Rodia m’aida a transporté les bagages. Comme les sacs étaient lourds, nous dûmes faire recours à un porteur que nous payâmes par la suite.
Rodia : bienvenue en ville Rosy.
Moi : merci !
Tout m’étonnait à Douala même l’habillement des individus. Je peux même dire qu'ils étaient a moitié nus. Quelle manque de pudeur !
Rodia se baissa pour ramasser son porte monnaie qui était tombé et j'eus la honte de ma vie car on voyait presque son slip. Et comme ma bouche était aussi sans caleçon, je lui fis aussitôt la remarque.
Moi : ma sœur on voit ton caleçon quand tu te courbes ne porte plus cette jupe.
Rodia : on n'est pas au village ou les gens portent de gros et longs habits pour pour se protéger du froid.
Moi : mais tu as exagéré, tes cuisses sont carrément dehors là.
Rodia : tu es une villageoise tu ne peux pas comprendre.
Moi : humm ! Je vois que la ville gate les gens hein ! Seigneur garde moi.
Elle stoppa un taxi qui nous transporta vers un quartier qu'elle appela New Deido. Je transpirais toujours à grosse goutte.
Moi : je demande hein ! vous vivez comment ici avec cette chaleur ?
Rodia : Douala est comme ça ma sœur. Même quand il pleut on transpire correctement.
Moi : merde ! Moo Wouo Douala (Douala me tue)
Rodia : tu comprends mieux pourquoi les gens s’habillent léger noor ?
Moi : ce n'est pas non plus une raison pour marcher dos nu, cuisses et ventre dehors.
Chauffeur : ma fille il faut bien lui parler. Parfois quelqu'un peut faite l'accident juste parce qu'il regarde les cuisses des filles ici dehors.
Moi : voilà même tonton vient de confirmer mes dires.
Rodia : vous n’êtes pas de cette génération. Pardon chauffeur gare à l’entrée nous sommes arrivés.
Je sentais que j'allais passer des moments d'opposition avec ma cousine. Ca se voyait qu'elle prenait la vie à la légère . J’etais Plutôt du genre très structurée.
A suivre…