J’ai envoyé un bref mot d’excuses à Mme la comtesse. C’est Sulpice Mitonnet qui a bien voulu le porter au château. Il ne se faisait pas fier. Encore une nuit affreuse, un sommeil coupé de cauchemars. Il pleuvait si fort que je n’ai pas osé aller jusqu’à l’église. Jamais je ne me suis tant efforcé de prier, d’abord posément, calmement, puis avec une sorte de violence concentrée, farouche, et enfin – le sang-froid retrouvé à grand-peine – avec une volonté presque désespérée (ce dernier mot me fait horreur), un emportement de volonté, dont tout mon cœur tremblait d’angoisse. Rien. Oh ! je sais parfaitement que le désir de la prière est déjà une prière, et que Dieu n’en saurait demander plus. Mais je ne m’acquittais pas d’un devoir. La prière m’était à ce moment aussi indispensable que l’air

