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Franchir la limite (Tom 3)

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Blurb

Après des années de silences, de regrets et de choix irréversibles, Éléa et Alexandre se retrouvent liés par une vérité qu’ils ne peuvent plus fuir : Gabriel, l’enfant qu’Alexandre n’a pas vu grandir, souffre profondément de l’absence de son père. Hospitalisé pour une détresse émotionnelle sévère, l’enfant devient malgré lui le point de bascule de toutes les décisions.

Contrainte de ravaler sa colère et sa douleur, Éléa accepte ce qu’elle avait toujours refusé : laisser Alexandre prendre sa place de père. Mais la blessure est encore vive. Elle ne pardonne pas, elle n’oublie pas, et chaque pas vers Alexandre est une lutte contre elle-même. De son côté, Alexandre n’est plus l’homme des promesses non tenues. Confronté à la souffrance de son fils, il choisit enfin la responsabilité, quitte à perdre ce qu’il reste de sa tranquillité.

Peu à peu, une organisation fragile se met en place. Les week-ends partagés, les nuits difficiles, les rendez-vous médicaux et les silences lourds redessinent leur relation. Gabriel retrouve un apaisement progressif, mais cette reconstruction met à nu les failles encore béantes de ses parents. La culpabilité ronge Éléa, qui se reproche d’avoir voulu punir Alexandre au détriment de son fils. Alexandre, lui, affronte le poids de ses absences passées et tente de réparer l’irréparable.

Mais alors que l’équilibre semble enfin possible, le passé refuse de rester enfoui. Sophie, l’ex-épouse d’Alexandre, réapparaît, porteuse de vérités et de rancœurs non réglées. Son retour menace l’ordre précaire qu’Éléa et Alexandre tentent de construire, ravivant les blessures anciennes et faisant planer le doute sur les véritables intentions d’Alexandre.

Entre colère, amour étouffé, devoir parental et désirs inavoués, chacun est forcé de se confronter à ses propres limites. Et lorsque Gabriel commence à aller mieux, une question demeure, silencieuse mais brûlante :

**peut-on reconstruire une famille sur les ruines d’un amour brisé, sans rouvrir des plaies que l’on croyait refermées ?**

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L’enfant au centre
Le silence de l’hôpital avait quelque chose d’irréel. Un silence trop propre, trop lisse, presque hostile. Les murs blancs semblaient absorber les émotions, comme s’ils avaient appris à se protéger de la douleur humaine. Éléa était assise sur une chaise en plastique, les mains jointes sur ses genoux, le regard fixé sur la porte close de la chambre où Gabriel dormait enfin. Dormait… C’était déjà une victoire. Elle n’avait pas quitté cette chaise depuis des heures. Son corps était là, mais son esprit flottait ailleurs, pris dans un tourbillon de souvenirs, de peurs, de culpabilité. Chaque respiration de son fils, lente et régulière derrière la porte, était un rappel cruel de ce qu’elle avait failli perdre. Elle avait tenu. Seule. Encore. Et pourtant, ce soir-là, elle n’était pas seule. Alexandre se tenait un peu plus loin, appuyé contre le mur, les bras croisés, le visage fermé. Il n’osait pas s’approcher. Il n’osait plus vraiment rien, comme si chaque geste pouvait être une erreur de trop. Il observait Éléa en silence, conscient que la distance entre eux n’était pas seulement physique. C’était une distance faite d’années. De silences. De décisions trop tardives. Quand le médecin était sorti de la chambre quelques heures plus tôt, Alexandre avait senti ses jambes se dérober. Les mots avaient été simples, presque banals : fatigue extrême, stress émotionnel, manque de repères. Mais Alexandre avait compris l’essentiel. Son fils avait vacillé. Et il avait failli tomber. Par sa faute. Par leur faute. Éléa se leva enfin, lentement. Ses gestes étaient mesurés, comme si elle avait peur de briser quelque chose d’invisible. Elle se tourna vers Alexandre. Leurs regards se croisèrent. Il y avait dans ses yeux à elle une fatigue ancienne, profonde, qui n’avait plus rien à voir avec la maladie de Gabriel. — Il va mieux, dit-elle simplement. Alexandre hocha la tête, incapable de répondre. Les mots restaient coincés dans sa gorge. Il voulait dire tellement de choses : qu’il était désolé, qu’il avait eu peur, qu’il regrettait, qu’il aurait dû être là depuis le début. Mais à quoi bon ? Il savait que les excuses avaient perdu leur valeur depuis longtemps. — Il t’a appelé, ajouta-t-elle. Cette phrase le frappa plus violemment qu’elle ne l’aurait imaginé. — Quand ? demanda-t-il, la voix rauque. — Quand il avait mal. Quand il avait peur. Il t’a appelé. Alexandre ferma les yeux. Ce simple détail suffisait à tout bouleverser. Gabriel ne savait pas ce qu’était la loyauté, ni les blessures du passé. Il ne savait rien des promesses non tenues, des abandons, des nuits solitaires. Il savait seulement une chose : son père existait. Et son absence lui faisait mal. — Je ne voulais pas que ça arrive, murmura Éléa. Elle s’approcha de la fenêtre, regardant les lumières de la ville se refléter dans la vitre. Paris brillait au loin, indifférente, fidèle à elle-même. Cette ville avait tout pris, et continuait pourtant à se montrer magnifique. — Je pensais le protéger, continua-t-elle. Je pensais que l’éloigner de toi suffirait. Que l’amour d’une mère serait assez fort pour combler le reste. Elle se tourna vers Alexandre. Ses yeux brillaient, mais aucune larme ne coulait. Elle avait déjà pleuré tout ce qu’elle pouvait. — Je me suis trompée. Ces mots, Alexandre ne les attendait pas. Ils avaient le poids d’un aveu, mais aussi d’un renoncement. — Éléa… commença-t-il. — Ne dis rien, le coupa-t-elle. Pas maintenant. Elle inspira profondément. — Tu es son père. Que je le veuille ou non. Que je te pardonne ou non. Et lui… il t’a choisi sans me demander mon avis. Un silence lourd s’installa entre eux. Alexandre fit un pas en avant, hésitant. — Je ne veux pas te le prendre, dit-il enfin. Je ne veux rien t’imposer. Je veux juste… être là. Pour lui. Cette fois, vraiment. Éléa esquissa un sourire triste. — Cette fois… répéta-t-elle doucement. Tu sais combien de fois j’ai cru à cette phrase ? Il baissa la tête. Il n’avait pas le droit de se défendre. — Je ne te fais plus confiance, Alexandre. Pas comme avant. Pas comme une femme fait confiance à l’homme qu’elle aime. Ces mots auraient dû le briser. Et pourtant, il resta debout. Parce qu’il méritait cette vérité. — Mais je te fais confiance comme père, ajouta-t-elle. Et c’est déjà énorme. Elle retourna s’asseoir, laissant retomber son corps fatigué contre le dossier de la chaise. — Les choses vont changer, continua-t-elle. Pas parce que je l’ai décidé. Mais parce que Gabriel en a besoin. Alexandre sentit une boule se former dans sa poitrine. Ce n’était pas une victoire. Ce n’était pas une seconde chance offerte à la légère. C’était une responsabilité nue, sans promesse, sans garantie. — Je serai là, dit-il simplement. Cette fois, il ne chercha pas à convaincre. Il posa la phrase entre eux comme on pose une pierre fondatrice, fragile mais nécessaire. Au même moment, quelque part dans Paris, Sophie observait son reflet dans le miroir de la salle de bain. Son visage avait changé. Plus pâle. Plus dur. Les années n’avaient pas seulement laissé des marques sur sa peau, mais dans son regard. Un regard chargé de regrets, de colère, et d’un sentiment d’injustice qui refusait de s’éteindre. Elle serra les dents. — Ils pensent que tout est fini, murmura-t-elle pour elle-même. Elle pensa à l’enfant qu’elle avait perdu. À Alexandre. À Éléa. À ce bonheur qui lui avait échappé. — Ils se trompent. De retour à l’hôpital, Éléa se leva une dernière fois pour entrer dans la chambre. Alexandre la suivit, s’arrêtant sur le seuil. Gabriel dormait paisiblement, une petite main posée sur le drap, le visage apaisé. Éléa s’approcha du lit et caressa doucement ses cheveux. — Tu vois, chuchota-t-elle, il va mieux. Alexandre s’approcha à son tour, restant à distance respectueuse. Il regarda son fils, le cœur serré par tout ce qu’il avait manqué. — Je ne rattraperai jamais le temps perdu, dit-il à voix basse. Mais je peux encore être présent pour celui qui reste. Éléa ne répondit pas. Elle regardait Gabriel, consciente que désormais, leur histoire à tous les trois venait de franchir une nouvelle limite. Pas celle du désir. Pas celle de la faute. Celle de l’irréversible.

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