Chapter 10

293 Words
X Où il est question des défauts de Tom Pouce, et surtout de sa curiositéSi tout ce que nous venons de dire donne à penser que Tom avait un grand nombre de qualités, il ne faut pas en conclure pourtant qu’il fût sans défauts. Tom était curieux, et ce défaut unique fut cause que la jeunesse du pauvre enfant fut souvent fort orageuse. Ses camarades jouaient une fois, devant lui, à la fossette ; l’un d’eux, qui ne l’avait pas aperçu, vint cacher, avec un air de mystère, derrière la pierre sur laquelle Tom avait grimpé pour mieux juger les coups, un sac qui se fermait par deux cordons. Tom, intrigué, ne dit rien ; mais quand son camarade fut retourné au jeu, il se laissa glisser tout du long de la pierre du côté du sac, jusqu’au fond duquel il parvint à s’introduire. Pauvre Tom ! au moment où il allait sortir, après avoir vu qu’il n’y avait rien dans ce sac que des noyaux d’abricots, comme il s’en trouve dans tous les sacs des écoliers, au moment, dis-je, où il allait sortir, le propriétaire du sac, qui avait perdu déjà les noyaux qu’il en avait tirés, revint pour faire une nouvelle provision, et prit Tom sur le fait. Comme la chance était contre lui, il était de mauvaise humeur : « Tu as voulu voler mes noyaux, dit-il à Pouce, je vais te punir. » Et ayant serré les cordons du sac, il secoua Tom si fort, que le malheureux, tout meurtri, fut obligé de demander grâce. Mais il eut beau protester de son innocence, et assurer que la curiosité seule l’avait conduit au fond de ce maudit sac, comme les apparences étaient contre lui, on refusa de le croire, et son honneur, ce jour-là, reçut une cruelle atteinte. « Je ne serai plus curieux, » se dit Tom en sortant du sac.
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