I
Où il est question des parents de Tom PouceIl était une fois, sous le règne du roi Arthur, une brave femme qui était très charitable, et qui avait d’autant plus de mérite à l’être qu’elle était pauvre.
Pour toute fortune, elle possédait un champ qui n’était guère grand, et une vache. Mais son mari, qui était un brave homme comme elle était une brave femme, remuait si bien le champ et le labourait avec tant d’ardeur, et, d’un autre côté, le lait de la vache était toujours si bon, qu’ils vivaient contents ou à peu près dans leur petite demeure. J’ai dit à peu près, parce qu’il leur manquait en effet quelque chose pour être heureux tout à fait. « Pour qui travaillons-nous, se disaient-ils, et à qui reviendra notre cabane ? »
« Qui est-ce qui labourera notre champ quand nous serons vieux ? s’écriait quelquefois le mari. Qui est-ce qui portera à la ville le lait de la vache ? disait la femme à son tour. Il nous faudrait un enfant ! » s’écriaient-ils tous deux. Et comme il est toujours bon d’espérer : « Attendons, reprenaient-ils, et espérons. »