Chapitre 05 : La terrible nouvelle, un adieu déchirant

1742 Words
Quelques minutes après, le médecin revint vers moi pour m'annoncer l'horrible nouvelle. Diane venait à peine de passer la vie à trépas selon ce que m'a dit le médecin. Cependant, je remettais en question cette information. Je demandai au médecin s'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie. ‘’Même si dans notre profession, nous ne nous permettons pas de faire ce genre de blague, j'aurais tellement souhaité que cela soit le cas. Malheureusement, nous l'avons bel et bien perdue’’, me répondit-elle. Je refusais d'y croire. Ma fille, que je venais tout juste de retrouver, ne pouvait pas mourir ainsi. C'était trop difficile à accepter. Les larmes et les cris ne pouvaient rien changer à ce stade. J'avais l'impression d'assister à tout cela comme dans un film. Je me précipitai immédiatement vers la chambre où se trouvait ma fille, afin de vérifier si les paroles du médecin étaient véridiques. Une infirmière était présente et la recouvrait déjà d'un drap. Je le lui interdis et la chassai de la chambre pour rester seule avec Diane. D'un geste rapide, j'enlevai le drap qui dissimulait son visage et posai ma tête sur sa poitrine. Bien que je n'aie jamais eu la chance d'avoir une relation maternelle avec Diane, mes sentiments envers elle à ce moment précis étaient incroyablement forts. Tout à coup, une obscurité vint se poser autour de moi, enveloppant mon être tout entier. Seul son doux visage éclairait mon regard. Mon cœur, déchiré, semblait vouloir s'échapper de ma poitrine. Immobilisée à ses côtés, dans cette chambre lugubre, je demeurai plus d'une heure, submergée par mes larmes intarissables. Claudio, aidé par les infirmiers, dut me contraindre à quitter les lieux. Le corps inanimé de ma chère enfant fut emmené hors de cette pièce. Les mots, hélas, se révèlent souvent impuissants à exprimer les profondeurs de nos sentiments, à nous faire réellement comprendre des autres. Perdre un enfant, c'est la plus terrible des épreuves qu'un parent puisse affronter. Et pire encore, perdre un enfant que l'on n'a jamais vu depuis sa naissance. J'avais toujours rêvé de retrouver ma fille, de lui montrer à quel point je l'avais aimée. Un enfant qui a toujours connu le malheur, qui a traversé toutes sortes d'épreuves. Et le pire qui puisse lui arriver, c'est sa propre mère, celle-là même qui est à l'origine de sa mort soudaine. Je pleurais à chaudes larmes, bondissais désespérément, me roulais au sol, comme une âme en peine. Claudio, impuissant, ne parvint pas à me faire sortir de cet hôpital lugubre. Je voulais passer encore et encore du temps avec elle, lui montrer dans mes yeux toute ma tendresse déchirée. Épuisé par les supplications et les réconforts, Claudio me souleva tendrement, comme si j'étais un petit enfant, et me conduisit à la voiture. Nous rentrions chez nous, l'âme lourde. Tel un fugitif, je me précipitai directement dans la chambre, m'y réfugiant avec frénésie avant de refermer la porte d'un geste brusque. Là, jonchaient encore les effets personnels qu'elle avait apportés, témoins de sa présence furtive. Je revis alors, en boucle, toutes les scènes qui s'étaient déroulées, depuis notre première rencontre jusqu'à la tragique épisode des escaliers. Les effets personnels, demeurant dans la chambre des visiteurs, semblaient murmurer leurs secrets. Si seulement je pouvais les comprendre… La soirée s'écoula, sombre et tortueuse, tandis que la nuit meurtrissait mon âme, prisonnière de ces murs clos. Au petit matin, Claudio pénétra dans la chambre, s'approcha de moi avec douceur, m'enlaça tendrement et susurra des paroles réconfortantes à mon oreille, comme une mélodie douce et enveloppante. -Claudio : Tu as eu la chance de voir cette fille avant qu'elle ne meure, au moins. Quand je l'ai vue sans vie dans les escaliers et que tu pleurais à côté d'elle, j'ai vraiment eu la peur de ma vie. Tout le travail que j'avais fait pendant des mois pour la retrouver était tombé à l'eau. Le mariage devrait reposer sur la confiance en premier lieu. Tout au long de notre vie de couple, je t'ai toujours prouvé mon amour. Tu n'as pas songé à la possibilité que cette fille pourrait être de ma famille ? Elle aurait pu être quelqu'un que tu connaissais ou la petite amie de ton fils. Ce que je te reproche, c'est d'agir sans le moindre respect envers moi et sans vouloir entendre ma version des faits. Jeanne, je suis toujours en train d'analyser la situation et je ne comprends pas quand tu es devenue si insensible. D'un autre côté, j'essaie aussi de te comprendre. Tu défends ta place, une place que tu occupes déjà depuis des années. Tu as agi de manière incorrecte et ce n'est pas le moment de te critiquer, car cela ne changera rien du tout. Mais à partir d'aujourd'hui, comprends qu'il n'est pas toujours nécessaire de recourir à la violence pour résoudre les problèmes. Diane t'a manqué de respect. Elle a vécu toute sa vie dans la rue, il est normal qu'elle te parle ainsi. Mais c'est à moi que tu aurais dû poser des questions en premier. Je voulais simplement te faire une de ces surprises que tu n'as jamais eues. Je voulais jouer un rôle important dans votre retrouvaille. J'ai toujours senti que quelque chose te manquait et que tu le cachais toujours. J'ai toujours remarqué une pointe de tristesse dans ta vie. Les yeux baignés de larmes, je plantai mon regard dans celui de mon époux, incapable de laisser échapper le moindre son. En cet instant, il ne me restait qu'à implorer son pardon. Comme s'il cherchait à museler mes paroles, il se lança sans attendre. Claudio : Ne dis rien, ma chérie. Je te comprends. Je suis là pour toi. Ensemble, nous affronterons cette épreuve", m'assena-t-il. ‘’Je suis tellement désolée’’, réussis-je enfin à murmurer. Je me ruai alors dans les bras de mon mari, seul être capable de véritablement saisir ma douleur. Et si quelqu'un doit se sentir coupable ici, c'est bel et bien moi. Il avait cru bien faire pour moi. Je n'ai pas le droit de le juger pour quoi que ce soit. Claudio suggéra que nous discutions des funérailles de Diane, car tout était déjà prêt. Une peur grandit en moi, car aucun document officiel ne mentionnait que j'étais sa mère. Mais Claudio me rassura. Claudio s'échappa ensuite de la maison à bord d'une voiture et réapparut deux heures plus tard. Il se présenta à moi avec l'annonce que tout était déjà prêt et qu'il souhaitait se rendre immédiatement au cimetière. Quelques-uns de ses amis l'attendaient déjà dans la cour de notre demeure. L'envie de les rejoindre me tiraillait. Pourtant, Claudio affirma que je ne serais pas capable de supporter cela. Claudio : Reste à la maison s'il te plaît. Nous reviendrons dans un instant. Ne t'inquiète pas. Tu auras tout le loisir d'apporter des fleurs sur sa tombe plus tard. Je finis par accepter l'offre de Claudio et le laissai partir avec ses amis vers la cérémonie funéraire. Une fois leur départ achevé, je me risquai à ouvrir, mon ventre serré par la peur, le sac de Diane qui trônait au pied du lit. La surprise fut de taille lorsque je découvris un agenda posé juste au-dessus de ses vêtements. Curieuse, je me résolus à l'ouvrir. Les pages de ce calepin se faisaient l'écho de toute l'histoire de ma fille, de tout ce qu'elle avait enduré. Dans les dernières lignes de son agenda, elle écrivait : « Cher agenda bien-aimé, aujourd'hui, un homme me raccompagne dans ma patrie et si tout se déroule comme prévu, je ferai la connaissance d'un de mes parents. J'espère sincèrement que ce sera ma mère ou mon père. Je suis convaincue que ce dernier sera extrêmement heureux de me retrouver. Il deviendra bientôt grand-père ou grand-mère, peu importe. Il est possible que mes parents m'aient toujours recherchée. Depuis que je suis tombée enceinte, toute la colère que j'éprouvais envers mon père et ma mère s'est dissipée instantanément. J'ai enfin compris à quel point il est difficile pour une femme de porter un enfant et pour un homme de prendre soin d'une femme enceinte. Ils ne pouvaient tout simplement pas abandonner leur propre enfant sans raison valable. Je vais entendre leur version des faits et ensuite, mon cher agenda, je te raconterai tout. Monsieur Claudio a également mentionné que je passerai quelques minutes seule avec lui au préalable. Mais je dois t'avouer que j'ai un peu peur. Je n'arrive pas à exprimer entièrement tous les sentiments que je ressens en ce moment. J'ai peur d'être une fois de plus rejetée. Néanmoins, j'ai hâte de quitter ce pays. À plus tard, mon cher agenda. » Le calepin m'échappa des mains telle une chute imprévisible. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Comment pouvait-elle partir si tôt, comme ça, sans crier gare, après tout ce qu’elle avait traversé ? Mais qui pouvais-je blâmer en cet instant précis ? Le destin ? Claudio, qui n'avait pas daigné me prévenir de ses recherches ? Ou bien moi, qui n'avais pas su faire preuve de patience ? Devrai-je vivre avec cette lourde responsabilité sur la conscience ? Persévérer dans ma vie serait une épreuve insurmontable. Je ne suis pas capable d'y faire face. Supporter cette culpabilité serait une douloureuse épreuve. Alors, je déchirai un morceau de papier provenant de l'agenda de ma chère défunte fille et laissant une lettre à mon fils et à son père, espérant de tout cœur qu'ils pourront me pardonner. Puis, je me retournai dans ma chambre. J’appelai ma domestique d'une voix tremblante, lui demandant de m'apporter une tasse de café. Tâche qu'elle exécuta sans sourciller. Pénétrant dans la douche, je posai mes yeux sur le produit que nous utilisons pour éliminer les cafards et pour nettoyer les toilettes. De retour dans la chambre, remplie d'une sombre détermination, je versai une quantité généreuse de ce produit dans la tasse de café que je déposai avec soin à mes côtés. Assise dans le lit en faisant face à la porte, je fis l'avant-dernière chose : je pris l’agenda de ma fille sur lequel je raconte toute mon histoire afin que quiconque lise en tire des leçons. Accompagnée de mes deux missives, à l'intention de ma famille et de mon passé, je les déposai délicatement dans mon oreiller. Je m’apprêtais à savourer calmement mon café lorsque tout à coup, je perçus le sifflement de la police. J'entendis également une voix semblable à celle de mon ancienne domestique indiquant ma chambre.
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