Chapitre 2

4009 Words
LA NAISSANCE DE KHADIDJA Trois mois plus tard, Awa se rendit à l’hôpital suite à plusieurs malaises répétés. Elle se sentait faible et vomissait. Le docteur fit les examens et lui annonça qu’elle était enceinte. Awa n’arrivait pas à le croire, le marabout avait donc dit vrai. Elle coula des larmes de joie que le docteur confondit avec des larmes de tristesse - Madame qu’est-ce qui ne va pas ? vous êtes enceinte et vous pleurez. Ne savez-vous pas qu’il y a des milliers de femmes qui aimeraient être à votre place ? Awa resta sans réponse et continuait de pleurer. L’émotion était plus forte qu’elle. Cet enfant qu’elle attendait tant était enfin là. Il était une bénédiction car seule la rumeur de sa venue avait changé sa vie. Et maintenant qu’il est là dans ses entrailles, c’est le bonheur éternel ! Voilà un exemple qui concrétise le fait que la langue ne réussit pas toujours à traduire fidèlement la pensée. Il est donc indéniable d’admettre l’ineffable. Awa resta silencieuse et sorti du bureau en larme. Le médecin n’y comprenait plus rien il était complètement troublé. Awa rentra chez elle toute heureuse. Comment devait-elle s’y prendre pour l’annoncer à son mari. Elle voulait lui faire la surprise, mais elle était trop heureuse et émue pour qu’il ne s’en aperçoive. Alors elle faisait des efforts pour avoir l’air normal. De retour chez elle, son mari était assit, tout crispé. L’effort d’Awa était vain car elle n’a pu se retenir et commença à pleurer en lui annonçant la bonne nouvelle. Au final on ne l’a comprenait plus elle ne faisait que pleurer au lieu de sourire et de manifester sa joie. Décidément, elle était trop émotionnelle. Contrairement à l’attitude de son épouse Kassim se mit à danser et à jubiler. Awa n’en revenait pas. Il était donc si heureux d’être père ? Il l’a pris dans ses bras, essuya ses larmes et l’invita à danser avec lui. Notre charmant couple se mit donc à danser de toute leur force avec joie. Les voisins étaient présent attirés par les bruits d’allégresse. Les vrais amis festoyaient avec eux et les faux se mordaient les lèvres. Comment une femme au ventre sec pouvait-elle donner la vie ? C’est de la pure sorcellerie. De toutes les façons tant que nous aurons la santé et la vie nous verrons comment cette histoire se terminera. On ne meurt jamais avec les secrets. Telle était la pensée des jaloux et des aigris. Les jours passais, la paix et la joie de vivre réintégraient le chaleureux foyer d’Awa. Elle était devenue une reine qui ménageait ses forces. Depuis l’avènement de sa grossesse, elle recevait des cadeaux de sa famille et de son mari. Elle se sentait si bien. Tout baignait pour elle. Sa grossesse était réellement une bénédiction. Quand elle marchait désormais dans la rue elle était fière de présenter son ventre. Son état de femme enceinte lui allait à merveille, elle était devenue encore plus belle. Les critiques et les persiflages avaient cessé. La vie était redevenue belle pour Awa. Chaque soir, quand son mari rentrait, il était heureux de la tenir dans ses bras, de caresser son ventre et de parler à sa progéniture : Je suis sûr que ce sera une petite fille car elle ne bouge pas beaucoup dans le ventre de sa mère - Moi par contre je pense que ce sera un petit garçon - Pour plus de précision je voudrais que tu ailles faire une échographie. - Non ce ne sera pas la peine je préfère que ce soit une surprise pour nous deux peu importe le s**e du bébé ce qui compte pour moi c’est qu’il soit en pleine santé - Oui mon amour, je prie également pour ça. Si c’est une fille je l’appellerai Khadîdja. Et si c’est un garçon je lui donnerai le nom d’Ismaël - D’accord mon chéri, tout ce qui compte pour moi c’est ton bonheur ! Les jours passaient et Awa s’approchait de l’étape ultime elle était à présent à son huitième mois de grossesse et tout se déroulait bien. Qu’Allah le tout puissant soit loué pour tous ses bienfaits dans la vie d’Awa et de son mari Kassim. Un jour, alors qu’Awa revenait du marché, elle senti de violentes convulsions. Ces serrements étaient atroces. Elle avait mal. Elle ne pouvait plus bouger. Elle se mit à appeler de l’aide. Heureusement pour elle, sa voisine Séphora passait par là. - Awa qu’est-ce qui ne va pas - Séphora j’ai des contractions. Je sens que le travail a commencé le bébé est en route. Aie !! Aie !! Conduis-moi à l’hôpital. J’ai mal. - Tiens bon s’il te plait ! Taxi ! Taxi ! emmène￾nous au centre de santé le plus proche s’il te plait ! affirma Séphora, sa voisine, avant de renchérir, Allez Awa tiens bon ! On y est presque. Tu vas donner naissance. C’est ainsi que Séphora, la voisine salvatrice accompagna Awa au CHU. Kassim de retour à la maison s’inquiétait du non￾retour de son épouse. Il se rongeait les sangs et se mordait les doigts. Il était jonché de regret. - Pourquoi ai-je cédé ? Je lui avais pourtant dis de ne pas sortir dans cet état, peu importe les circonstances. Mais comme d’habitude elle a réussi à me convaincre en me disant : > ; > Ne te fais pas de mauvais sang pour moi >>. Baliverne, voilà maintenant plus de deux heures et elle n’est toujours pas là. Je n’aurais jamais dû la laisser sortir ! je regrette tant ! Je dois aller au marché pour la retrouver. Il le faut. Soudainement, son téléphone se mit à sonner. Il se hâta de décrocher son appel. - Allô, qui est-ce ? - Allô c’est la voisine Séphora. Ta femme a eu de violentes contractions nous sommes actuellement au CHU non loin de la mairie - D’accord j’arrive tout de suite, comment se porte-t-elle ? - Son état va un peu mieux. - Allah soit loué. Quelques instants plus tard Kassim arriva au CHU et rejoignit Séphora. Il l’a remercia et lui demanda les nouvelles de sa femme. Awa était déjà en salle d’accouchement. Elle allait bientôt subir le martyre. Elle allait affronter la punition divine. Son combat était simple, éviter la mort et donner la vie. Apparemment, simple en théorie mais en pratique ce n’était pas une mince affaire. Échapper à une double mort et monter dans l’ascenseur d’une double vie. C’est une image qui reflète bien la difficulté de cette tâche. Dans les temps anciens les matrones assuraient les naissances aisées par le biais de potion magique officiant pour sédatif. Mais là c’est la modernité, alors plus de tricherie, place à la douleur naturelle des choses. Toutefois, comme toujours elles disposent toutes d’un joker ou devrais-je plutôt dire un joker pour les plus nanti qu’est la césarienne. Car avec ça elles ne sentaient plus rien. Que c’est beau et magique la science. Le seul inconvénient, la science ne marne que pour les fortunés. Voyez-vous comment elle est belle l’ironie du sort ? Awa et son mari n’appartiennent pas à la classe des huppés. Et vu la surprise désagréable qu’Ankaramoko lui avait prédit, il serait logique que la peur l’envahit. Pourtant, il eut plus de peur que de mal. Et c’était bizarre ! Son accouchement était presque trop facile elle tenait même un record ! En moins de deux heures tout était fini. En vérité je vous le confirme, la petite Khadîdja était née. C’était incroyable. Les sages-femmes étaient subjuguées. Awa fut soulagée quand elle entendit les pleures de son bébé et remarquait qu’elle était toujours en vie. Effectivement elle s’attendait au pire. La douleur n’était donc pas aussi terrible. C’était donc des rumeurs ? Non je ne pense pas, plus que certaines femmes y laissent la vie. Ce n’était donc pas une partie de plaisir. Le cas d’Awa n’était qu’une pure exception. Quant à Kassim et Séphora ils ne savaient rien. Ils étaient encore dans les doléances. Ils étaient anxieux et fébriles. Jusqu’à ce que l’une des sages-femmes vienne leur annoncer la bonne nouvelle. - Etes-vous des parents de la patiente Awa en salle onze ? - Oui madame, je suis son mari et cette dame à côté est notre voisine. Comment va mon épouse et mon futur enfant ? - Monsieur votre épouse se porte bien mais ne l’appelez pas futur enfant car il est déjà parmi nous, ou devrais-je dire elle, car c’est une magnifique petite fille. Après ces paroles, une pluie torrentielle de joie semblable à des rafales de mitraillettes s’abattait dans toutes les parties du corps de Kassim. Il était heureux et se jeta sur la voisine pour la serrer dans ses bras et lui dire encore une fois de plus merci. Elle également était joyeuse d’avoir apporté une pierre à l’édifice de cette famille en devenir. Kassim était si heureux qu’il ne tenait plus en place. Il était tout excité comme une puce. Il prit son téléphone, il appela sa mère, sa sœur et la famille de sa femme pour leur annoncer la bonne nouvelle. Ensemble, ils décident de faire une surprise à la nouvelle maman. Awa quant à elle s’inquiétait. Où était Kassim pourquoi n’avait-il pas encore franchit la porte de sa chambre pour qu’ils puissent festoyer ensemble ? Cela faisait maintenant plus d’une heure qu’elle venait d’accoucher. Que se passait￾il ? Lorsque tout à coup, la porte s’ouvrit ! Sa petite chambre de moins de quatre mètres carrés était remplie par une multitude de gens qui criait surprise !! Eh oui, tout le monde était présent. Sa mère, son père, ses sœurs, sa belle￾mère, sa belle-sœur, son mari, sa voisine et le mari de sa voisine. C’était la fête totale. Dans leurs bras des cadeaux étaient ainsi que des bouteilles de champagnes qu’ils faisaient éclabousser. Tout le monde voulait tenir la petite Khadîdja dans ses bras. La joie était pleine. Awa ne recevait que des présents et des félicitations. La mère de Kassim prit la petite dans ses bras et lui lançait des chuchotements aux oreilles. Dès qu’elle eut fini ce fut des acclamations et des cris d’allégresses. Ils faisaient tellement de bruits que le médecin était obligé de leur demandé de cesser le vacarme. Puisqu’il y a des malades qui se reposent. Mais même le docteur ne pouvait casser l’ambiance qui régnait dans la salle. Après ce long moment de bonne humeur, de réjouissance et de plaisir. Il était à présent temps que chacun rentre chez lui. Awa avait donc reçu l’autorisation de quitter l’hôpital avec sa famille. De retour à la maison la mère de kassim posa la question à son fils - Quand allez-vous faire baptiser cet enfant ? - Le plus tôt possible ! Répliqua Kassim avec ferveur. Pour un couple si digne de la communauté m*******e, il était impérieux de faire baptiser leur enfant. Afin qu’il marche dans la bonne voix comme un enfant d’Allah. Et cela devrait d’abord débuter par l’acte de reconnaissance qu’est le baptême sept jours après la naissance. - Quel nom as-tu décidé de donner à ton enfant ? - Mon enfant s’appellera Khadîdja. Khadîdja Koulibaly Voici donc le nom de cet enfant prodige. Suivons￾la attentivement car elle est captivante et passionnante. Et cela ne m’étonne guerre. Elle est comme sa mère et tout le monde sait que les chiens ne font pas des chats. C’est donc sept jours après, sous ce ciel accablant et rempli de nuages obscurs à travers lesquelles le soleil tente de se frayer un chemin que se déroulera le baptême de notre petite Khadîdja. Sa tête fut rasée pour l’occasion. Tout le monde c’était fait beau pour cet évènement particulier. Des boubous sublimes cousus avec les basins les plus riches étaient portés. Il y avait le mouton du baptême dans une bâchée qui prédominait le cortège que formait taxis, mobylettes et bien d’autres. Tous en direction de la grande mosquée pour la célébration du baptême de la petite Khadîdja. L’imam allait bientôt entamer la cérémonie. Kassim s’approcha de ce dernier et lui donna le nom de la petite. - Le nom de ma fille c’est Khadîdja. L’imam pris la petite dans ses bras et cria son nom trois fois - Khadîdja, Khadîdja, Khadîdja ! Puis il se mit à réciter des douhas dans ses oreilles à voix basse. Par la suite, ce fut autour du mouton. L’imam l’égorgea après une série de prières. Et ses acolytes se chargèrent de dépecer la viande de l’animal en plusieurs morceaux. Dans le but de le distribuer aux personnes présentes dans l’assemblée. Khadîdja était ainsi baptisée. Elle appartenait désormais à la grande communauté m*******e. Elle était devenu une fille d’Allah le tout puissant. Et cela chez les koulibaly ça se fête ! Oui ! Chez eux on savait faire la fête. Un autre mouton avait été tué la veille. Il y avait plusieurs invités les voisins du quartier, les amis, les collègues de kassim, son patron et même l’imam était de la partie. Ce fut une grande fête. On n’a peut-être pas l’habitude de voir cela dans des baptêmes musulmans. Mais cette fois-ci c’était nécessaire. Parce que cet enfant était exceptionnel. Même sa mère pourtant économe était devenue prodigue. Car ce baptême était si spécial qu’il méritait une célébration digne de son rang après tous les moyens ne manquaient plus. Puisque tout le monde avait donné pour que cette fête soit une réussite totale. Il ne manquait donc de rien. Car il y avait tout. A manger et à boire, en abondance. De la bonne musique et des ballets exécutés par les plus belles et les meilleures danseuses de Tchérizo. Bon revenons-en aux faits : La fête fut gigantesque et belle. Quelques années plus tard. La petite Khadîdja grandissait bien. Elle avait à présent cinq ans. Il était donc temps pour elle de se heurter à l’école. Cependant, pour certains l’école était uniquement une affaire d’homme. Les filles quant à elles devaient rester à la maison auprès de leurs mères se disaient-ils. Mais heureusement que ce temps était devenu caduc par le biais des femmes elles-mêmes. En effet, en travaillant bien et de façon consciencieuse ces femmes ont prouvé qu’elles avaient elles aussi leur place à l’école. C’est la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui des femmes médecins, avocates, juges, enseignantes, ministres, gendarmes, commissaires, présidentes et bien d’autres… Grâce à leur dur labeur, leur courage et leur intelligence, la gent féminine est parvenue à être équipollant à celle des hommes. Et désormais consciente de ce fait elles réclament l’émancipation, la parité homme-femme. Quoi de plus normale ! C’était donc bien. Toutefois, ce rêve est une chimère dans un monde machiste, dominé par les hommes. Et pire à cause des femmes qui n’arrivaient pas à suivre cette tendance. Sûrement des paresseuses qui se plaisent bien en dépendant des hommes. Que des parasites ! C’est donc dommage. Parce que cette caste de femmes constitue une véritable entrave à la révolution du genre féminin. Et ce ne sont pas les hommes qui s’en plaindront. Tant mieux, notre petite Khadîdja ne semble pas appartenir à cette caste traditionnelle. Car dès ses débuts scolaires, Khadîdja se sentait à l’aise dans le domaine intellectuel. Elle enchaîna succès sur succès, exploits sur exploits. La session de classe des cours préparatoires première et deuxième année (s) s’était achevée. Et notre petit génie sorti la tête haute, couronnée du titre de majeur de promotion. Figurez-vous qu’en étant seulement au CP2, elle était capable de résoudre des exercices de mathématiques des Cours Elémentaires de la deuxième année (CE2) et lire correctement en tenant compte des signes de la ponctuation . Elle était dotée d’un esprit imaginatif, fertile. Elle possédait vraiment une intellection extraordinaire. Et tellement extraordinaire que le directeur de l’école Primaire EPP Sankofa 1 Monsieur enfant conscient et surtout intelligent. Comme vous le dîtes chez vous les intellectuels >. Alors nous ferons de notre mieux pour la soutenir dans ses études. Pour qu’elle puisse enfin nous sortir de la misère. Monsieur Kassi ! Moi Kassim Koulibaly j’ai parlé. - Et je suis content de vos dires. Et pour propulser un peu les choses elle passera directement du CP2 au CE2. - C’est vous le directeur, c’est votre domaine de prédilection, c’est vous qui vous y connaissez le mieux. Ce que vous dîtes est bon. Alors moi je ne peux que vous donnez mon Approbation. - Merci beaucoup monsieur vous pouvez me faire confiance. C’est ainsi que pour la rentrée prochaine, Khadîdja se retrouva au CE2 au lieu d’être au CE1 avec ses amis. Toute une nostalgie. Elle quittait donc ses amis Bintou et Mardochée pour se retrouver avec des plus grands qu’elle et qui ne semblait pas du tout content de cette promotion. Ils allaient donc lui mener la vie dure et ce sur tous les plans. Au loin deux grandes qui discutaient. - Regarde là ! un véritable puceron - Et en plus chétif. Je ne comprends pas du tout monsieur le directeur ! Pourquoi lui avoir donné l’occasion de fréquenter les grands ? Si cela ne tenait qu’à moi je lui ferai passer un sale quart d’heure de sorte qu’elle retourne d’où elle est venue. - J’espère que Chérif la remettra à sa place. Qu’est-ce qu’elle croit ? Qu’elle débarquera de nulle part pour venir dicter sa loi ? On verra bien. Le malheur de la pauvre petite Khadîdja venait ainsi de débuter. Eh bien sans même la connaitre et alimenté par la frustration et la jalousie Abiba et Johanne venaient dès lors de la placer dans leur collimateur. Elles lui mettront donc des bâtons dans les roues d’après leurs dires. Mais Khadîdja était elle aussi rusée et prévoyait de rester dans son coin. Un mauvais présage elle flairait. Garder ses distances, se méfier car tout le monde la regardait de façon farfelue elle se disait. Elle s’avait qu’elle n’était pas aimé. Tout à coup, une silhouette se dressa face à elle. Elle haussa la tête et vit une jeune demoiselle devant elle. Cette fille lui souriait et semblait ne pas lui vouloir du mal. Néanmoins, Khadîdja la regardait d’un air méfiant en lui disant : - Qui est tu ? Et que me veux-tu ? - Bonjour ! Je me nomme Inès et le table-banc sur lequel tu es assise est mien. - Ah ! d’accord excuse-moi alors ! Je vais de ce pas me chercher une autre place - Non cela n’est pas nécessaire. Tu peux t’asseoir avec moi je n’ai pas de voisine. - Merci c’est gentil. - Alors c’est donc toi qui nous viens du CP2 ? Oui c’est moi Khadîdja - Alors sois la bienvenue ! - Merci ! Toi au moins tu es aimable et sympathique ! Pas comme ces deux filles là￾bas qui ne font que me dévisager depuis ce matin. - Qui ça ? - Les deux là-bas ! - Celles-là ! Tu parles de Johanne et Abiba ! Ne leur accorde même pas du crédit à ces deux￾là. Ce sont des jalouses et en plus des tonneaux vides qui font beaucoup de bruits pour rien. Elles ne content que sur Chérif le premier de la classe. - C’est qui Chérif ? Lui ce garçon là-bas au premier banc. Il est mignon tu le vois ? - Qui ? le rouquin là ! - Oui il me plait bien avec sa chevelure rousse son père est avocat. Il habite Gargantua. La cité résidentielle. - Ah bon il quitte si loin ! - Chaque matin son père vient le déposer à voiture. - C’est parent sont donc cossus et il vit dans l’opulence. - C’est parents sont quoi ?? - Cossus ce qui signifie riche - Comment une si jeune élève peut-elle connaître des mots aussi complexes - C’est parce que je lis beaucoup et j’ai un dictionnaire dans lequel j’apprends chaque jour de nouveaux mots que j’essaye d’employer dans mes phrases quotidiennes. - Waouh ! C’est incroyable à ton si jeune âge tu lis déjà et tu t’exprimes si bien ! Moi je suis sauvé ! dis on pourrait être des amis ? - Nous le sommes déjà. - En contre parti tu auras toujours mon soutien et je te défendrai face à l’adversité. La maîtresse venait d’entrer en classe et tous instinctivement se levaient en signe de respect et de salutation. L’école c’est la discipline ! Là où on apprend le respect de soi et de l’autre, le respect de l’autorité, les bases de la vie sociale. En s’asseyant, en écoutant et en levant la main afin d’obtenir la parole, on était ainsi éduqué prêt à écouter les autres. Prêt à prendre la parole en publique pour se faire entendre. Prêt à vivre en harmonie et dans le respect avec nos alter egos. La maîtresse, mademoiselle Gnoulé allait enfin commencer la classe. Et comme à son habitude et selon la méthode classique de la pédagogie par faire l’appel. Après avoir cité plusieurs noms, elle était à présent sur celui de Khadîdja Koulibaly. Et cette dernière répondit >. - C’est donc toi qui nous viens du CP2 ? - Oui madame La maîtresse ordonna d’une voix vive que l’on fasse un banc pour elle. Chose qui fut exécutée à la lettre que l’on soit content ou pas. Car la maîtresse avait le bâton qui pouvait mettre tout le monde d’accord. Ce bâton ! Une simple branche famélique avec des propriétés très élastique. Mais qui avait ce pouvoir de faire régner l’ordre, de mettre les cahiers de leçons à jours, de faire obtenir le meilleur potentiel de chaque élève. Ce simple bâton était très respecté car il faisait faire des merveilles. - La classe de CE1 est une classe normalement indispensable pour un élève. Et toi tu ne l’as pas fait. Ce sera donc un très gros challenge pour toi mais monsieur le directeur m’as fait part de tes exploits au CP2. On espère donc que tu relèveras ce défi avec succès. Sur ce nous débuterons aujourd’hui avec une leçon d’histoire sortez donc vos livre… Après quelques heures d’étude. Il était temps de faire une pause. Et la sonnette de l’école avait pour fonction de le rappeler. Tous les élèves sortis donc se désaltérer et se divertir. Une occasion que Khadîdja saisit pour aller voir un peu du côté des CE1. Elle marcha jusqu’à l’autre bout du bâtiment où elle aperçut Mardochée et Bintou qui étaient assis. Elle s’approcha d’eux. Et les saluaient - Bonjour les amis ! Dès que ces derniers entendirent cette voix ils s’empressèrent de tourner leurs regards. Eh oui ! C’était bien Khadîdja. Leur ami(e) d’enfance. - Comment vas-tu Khadîdja ? Demanda Mardochée. - Je vais très bien et vous les amis. Comment allez-vous ? - Par la grâce d’Allah ça va très bien chez nous et en classe de CE2 ça va ? Répondit Bintou - Cette classe est différente du CP2 mais ça va j’ai dû beaucoup travailler ces derniers temps. Apprendre à écrire car nous allons maintenant devoir copier des leçons au tableau. Il y a aussi les tables de multiplications à apprendre par cœur, ainsi que la soustraction, l’addition, la division et des problèmes. Mais ça va. - Tous ceci m’a l’air compliqué tu penses que l’on pourra comme toi connaître toutes ces choses ? - Oui vous réussirez à faire tous ces exercices à condition que vous travailliez sérieusement. Appliquez-vous bien et vous verrez que ce sera facile.- Mardochée nous avons un petit creux tu nous invites ? - Bien-sûr. - Super ! Et c’est reparti comme au bon vieux temps. Deux heures plus tard ! La cloche sonna. Nos trois petits amis se rejoignirent afin de cheminer à nouveau ensemble comme auparavant. De retour chez elle et comme à son habitude Khadîdja raconta sa rude journée à sa mère. Cette dernière lui donna des conseils comme par exemple ne pas prêter attention à Johanne et Abiba qui sont probablement des jalouses.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD