LA NAISSANCE DE
KHADIDJA
Trois mois plus tard, Awa se rendit à l’hôpital
suite à plusieurs malaises répétés. Elle se sentait
faible et vomissait. Le docteur fit les examens
et lui annonça qu’elle était enceinte. Awa
n’arrivait pas à le croire, le marabout avait donc
dit vrai. Elle coula des larmes de joie que le
docteur confondit avec des larmes de tristesse
- Madame qu’est-ce qui ne va pas ? vous êtes
enceinte et vous pleurez. Ne savez-vous pas
qu’il y a des milliers de femmes qui aimeraient
être à votre place ?
Awa resta sans réponse et continuait de pleurer.
L’émotion était plus forte qu’elle. Cet enfant
qu’elle attendait tant était enfin là. Il était une
bénédiction car seule la rumeur de sa venue avait
changé sa vie. Et maintenant qu’il est là dans ses
entrailles, c’est le bonheur éternel ! Voilà un
exemple qui concrétise le fait que la langue ne
réussit pas toujours à traduire fidèlement la
pensée. Il est donc indéniable d’admettre
l’ineffable. Awa resta silencieuse et sorti du
bureau en larme. Le médecin n’y comprenait plus
rien il était complètement troublé. Awa rentra
chez elle toute heureuse. Comment devait-elle
s’y prendre pour l’annoncer à son mari. Elle
voulait lui faire la surprise, mais elle était trop
heureuse et émue pour qu’il ne s’en aperçoive.
Alors elle faisait des efforts pour avoir l’air
normal.
De retour chez elle, son mari était assit, tout
crispé. L’effort d’Awa était vain car elle n’a pu
se retenir et commença à pleurer en lui
annonçant la bonne nouvelle. Au final on ne l’a
comprenait plus elle ne faisait que pleurer au lieu
de sourire et de manifester sa joie. Décidément, elle était trop émotionnelle. Contrairement à
l’attitude de son épouse Kassim se mit à danser
et à jubiler. Awa n’en revenait pas. Il était donc
si heureux d’être père ? Il l’a pris dans ses bras,
essuya ses larmes et l’invita à danser avec lui.
Notre charmant couple se mit donc à danser de
toute leur force avec joie. Les voisins étaient
présent attirés par les bruits d’allégresse. Les
vrais amis festoyaient avec eux et les faux se
mordaient les lèvres. Comment une femme au
ventre sec pouvait-elle donner la vie ? C’est de la
pure sorcellerie. De toutes les façons tant que
nous aurons la santé et la vie nous verrons
comment cette histoire se terminera. On ne
meurt jamais avec les secrets. Telle était la
pensée des jaloux et des aigris.
Les jours passais, la paix et la joie de vivre
réintégraient le chaleureux foyer d’Awa. Elle
était devenue une reine qui ménageait ses forces.
Depuis l’avènement de sa grossesse, elle recevait
des cadeaux de sa famille et de son mari. Elle se
sentait si bien. Tout baignait pour elle. Sa
grossesse était réellement une bénédiction.
Quand elle marchait désormais dans la rue elle
était fière de présenter son ventre. Son état de
femme enceinte lui allait à merveille, elle était
devenue encore plus belle. Les critiques et les
persiflages avaient cessé. La vie était redevenue
belle pour Awa. Chaque soir, quand son mari
rentrait, il était heureux de la tenir dans ses
bras, de caresser son ventre et de parler à sa
progéniture :
Je suis sûr que ce sera une petite fille car
elle ne bouge pas beaucoup dans le ventre de
sa mère
- Moi par contre je pense que ce sera un petit
garçon
- Pour plus de précision je voudrais que tu
ailles faire une échographie.
- Non ce ne sera pas la peine je préfère que ce
soit une surprise pour nous deux peu importe
le s**e du bébé ce qui compte pour moi c’est
qu’il soit en pleine santé
- Oui mon amour, je prie également pour ça. Si
c’est une fille je l’appellerai Khadîdja. Et si
c’est un garçon je lui donnerai le nom d’Ismaël
- D’accord mon chéri, tout ce qui compte pour
moi c’est ton bonheur !
Les jours passaient et Awa s’approchait de
l’étape ultime elle était à présent à son huitième
mois de grossesse et tout se déroulait bien.
Qu’Allah le tout puissant soit loué pour tous ses
bienfaits dans la vie d’Awa et de son mari Kassim.
Un jour, alors qu’Awa revenait du marché, elle
senti de violentes convulsions. Ces serrements
étaient atroces. Elle avait mal. Elle ne pouvait
plus bouger. Elle se mit à appeler de l’aide.
Heureusement pour elle, sa voisine Séphora
passait par là.
- Awa qu’est-ce qui ne va pas
- Séphora j’ai des contractions. Je sens que le
travail a commencé le bébé est en route.
Aie !! Aie !! Conduis-moi à l’hôpital. J’ai mal.
- Tiens bon s’il te plait ! Taxi ! Taxi ! emmènenous au centre de santé le plus proche s’il te
plait ! affirma Séphora, sa voisine, avant de renchérir, Allez Awa tiens bon ! On y est presque. Tu vas donner naissance.
C’est ainsi que Séphora, la voisine salvatrice
accompagna Awa au CHU.
Kassim de retour à la maison s’inquiétait du nonretour de son épouse. Il se rongeait les sangs et
se mordait les doigts. Il était jonché de regret.
- Pourquoi ai-je cédé ? Je lui avais pourtant dis
de ne pas sortir dans cet état, peu importe
les circonstances. Mais comme d’habitude elle
a réussi à me convaincre en me disant : > ; > Ne te fais pas de
mauvais sang pour moi >>. Baliverne, voilà
maintenant plus de deux heures et elle n’est
toujours pas là. Je n’aurais jamais dû la
laisser sortir ! je regrette tant ! Je dois aller
au marché pour la retrouver. Il le faut.
Soudainement, son téléphone se mit à sonner. Il
se hâta de décrocher son appel.
- Allô, qui est-ce ?
- Allô c’est la voisine Séphora. Ta femme a eu
de violentes contractions nous sommes
actuellement au CHU non loin de la mairie
- D’accord j’arrive tout de suite, comment se
porte-t-elle ?
- Son état va un peu mieux.
- Allah soit loué.
Quelques instants plus tard Kassim arriva au
CHU et rejoignit Séphora. Il l’a remercia et lui
demanda les nouvelles de sa femme. Awa était
déjà en salle d’accouchement. Elle allait bientôt
subir le martyre. Elle allait affronter la punition divine. Son combat était simple, éviter la mort et
donner la vie. Apparemment, simple en théorie
mais en pratique ce n’était pas une mince affaire.
Échapper à une double mort et monter dans
l’ascenseur d’une double vie. C’est une image qui
reflète bien la difficulté de cette tâche. Dans
les temps anciens les matrones assuraient les
naissances aisées par le biais de potion magique
officiant pour sédatif. Mais là c’est la modernité,
alors plus de tricherie, place à la douleur
naturelle des choses. Toutefois, comme toujours
elles disposent toutes d’un joker ou devrais-je
plutôt dire un joker pour les plus nanti qu’est la
césarienne. Car avec ça elles ne sentaient plus
rien. Que c’est beau et magique la science. Le
seul inconvénient, la science ne marne que pour
les fortunés. Voyez-vous comment elle est belle
l’ironie du sort ? Awa et son mari n’appartiennent
pas à la classe des huppés. Et vu la surprise
désagréable qu’Ankaramoko lui avait prédit, il
serait logique que la peur l’envahit. Pourtant, il
eut plus de peur que de mal. Et c’était bizarre !
Son accouchement était presque trop facile elle
tenait même un record ! En moins de deux
heures tout était fini. En vérité je vous le
confirme, la petite Khadîdja était née. C’était
incroyable. Les sages-femmes étaient
subjuguées. Awa fut soulagée quand elle
entendit les pleures de son bébé et remarquait
qu’elle était toujours en vie. Effectivement elle
s’attendait au pire. La douleur n’était donc pas
aussi terrible. C’était donc des rumeurs ? Non je
ne pense pas, plus que certaines femmes y
laissent la vie. Ce n’était donc pas une partie de
plaisir. Le cas d’Awa n’était qu’une pure
exception. Quant à Kassim et Séphora ils ne savaient rien.
Ils étaient encore dans les doléances. Ils étaient
anxieux et fébriles. Jusqu’à ce que l’une des
sages-femmes vienne leur annoncer la bonne
nouvelle.
- Etes-vous des parents de la patiente Awa en
salle onze ?
- Oui madame, je suis son mari et cette dame à
côté est notre voisine. Comment va mon
épouse et mon futur enfant ?
- Monsieur votre épouse se porte bien mais ne
l’appelez pas futur enfant car il est déjà
parmi nous, ou devrais-je dire elle, car c’est
une magnifique petite fille.
Après ces paroles, une pluie torrentielle de joie
semblable à des rafales de mitraillettes
s’abattait dans toutes les parties du corps de
Kassim. Il était heureux et se jeta sur la voisine
pour la serrer dans ses bras et lui dire encore
une fois de plus merci. Elle également était
joyeuse d’avoir apporté une pierre à l’édifice de
cette famille en devenir. Kassim était si heureux
qu’il ne tenait plus en place. Il était tout excité
comme une puce. Il prit son téléphone, il appela
sa mère, sa sœur et la famille de sa femme pour
leur annoncer la bonne nouvelle. Ensemble, ils
décident de faire une surprise à la nouvelle
maman.
Awa quant à elle s’inquiétait. Où était Kassim
pourquoi n’avait-il pas encore franchit la porte de
sa chambre pour qu’ils puissent festoyer
ensemble ? Cela faisait maintenant plus d’une
heure qu’elle venait d’accoucher. Que se passaitil ? Lorsque tout à coup, la porte s’ouvrit ! Sa
petite chambre de moins de quatre mètres carrés était remplie par une multitude de gens
qui criait surprise !! Eh oui, tout le monde était
présent. Sa mère, son père, ses sœurs, sa bellemère, sa belle-sœur, son mari, sa voisine et le
mari de sa voisine. C’était la fête totale. Dans
leurs bras des cadeaux étaient ainsi que des
bouteilles de champagnes qu’ils faisaient
éclabousser. Tout le monde voulait tenir la petite
Khadîdja dans ses bras. La joie était pleine. Awa
ne recevait que des présents et des félicitations.
La mère de Kassim prit la petite dans ses bras et
lui lançait des chuchotements aux oreilles. Dès
qu’elle eut fini ce fut des acclamations et des
cris d’allégresses. Ils faisaient tellement de
bruits que le médecin était obligé de leur
demandé de cesser le vacarme. Puisqu’il y a des
malades qui se reposent. Mais même le docteur
ne pouvait casser l’ambiance qui régnait dans la
salle.
Après ce long moment de bonne humeur, de
réjouissance et de plaisir. Il était à présent
temps que chacun rentre chez lui. Awa avait donc
reçu l’autorisation de quitter l’hôpital avec sa
famille.
De retour à la maison la mère de kassim posa la
question à son fils
- Quand allez-vous faire baptiser cet enfant ?
- Le plus tôt possible !
Répliqua Kassim avec ferveur. Pour un couple si
digne de la communauté m*******e, il était
impérieux de faire baptiser leur enfant. Afin
qu’il marche dans la bonne voix comme un enfant d’Allah. Et cela devrait d’abord débuter par
l’acte de reconnaissance qu’est le baptême sept
jours après la naissance.
- Quel nom as-tu décidé de donner à ton
enfant ?
- Mon enfant s’appellera Khadîdja. Khadîdja
Koulibaly
Voici donc le nom de cet enfant prodige. Suivonsla attentivement car elle est captivante et
passionnante. Et cela ne m’étonne guerre. Elle est
comme sa mère et tout le monde sait que les
chiens ne font pas des chats.
C’est donc sept jours après, sous ce ciel
accablant et rempli de nuages obscurs à travers
lesquelles le soleil tente de se frayer un chemin
que se déroulera le baptême de notre petite
Khadîdja. Sa tête fut rasée pour l’occasion. Tout
le monde c’était fait beau pour cet évènement
particulier. Des boubous sublimes cousus avec
les basins les plus riches étaient portés. Il y
avait le mouton du baptême dans une bâchée qui
prédominait le cortège que formait taxis,
mobylettes et bien d’autres. Tous en direction de
la grande mosquée pour la célébration du
baptême de la petite Khadîdja.
L’imam allait bientôt entamer la cérémonie.
Kassim s’approcha de ce dernier et lui donna le
nom de la petite.
- Le nom de ma fille c’est Khadîdja.
L’imam pris la petite dans ses bras et cria son
nom trois fois
- Khadîdja, Khadîdja, Khadîdja !
Puis il se mit à réciter des douhas dans ses
oreilles à voix basse.
Par la suite, ce fut autour du mouton. L’imam
l’égorgea après une série de prières. Et ses
acolytes se chargèrent de dépecer la viande de
l’animal en plusieurs morceaux. Dans le but de le
distribuer aux personnes présentes dans
l’assemblée.
Khadîdja était ainsi baptisée. Elle appartenait
désormais à la grande communauté m*******e.
Elle était devenu une fille d’Allah le tout
puissant.
Et cela chez les koulibaly ça se fête ! Oui ! Chez
eux on savait faire la fête. Un autre mouton
avait été tué la veille. Il y avait plusieurs invités
les voisins du quartier, les amis, les collègues de
kassim, son patron et même l’imam était de la
partie. Ce fut une grande fête. On n’a peut-être
pas l’habitude de voir cela dans des baptêmes
musulmans. Mais cette fois-ci c’était nécessaire.
Parce que cet enfant était exceptionnel. Même
sa mère pourtant économe était devenue
prodigue. Car ce baptême était si spécial qu’il
méritait une célébration digne de son rang après
tous les moyens ne manquaient plus. Puisque tout
le monde avait donné pour que cette fête soit
une réussite totale. Il ne manquait donc de rien.
Car il y avait tout. A manger et à boire, en
abondance. De la bonne musique et des ballets
exécutés par les plus belles et les meilleures
danseuses de Tchérizo. Bon revenons-en aux
faits : La fête fut gigantesque et belle.
Quelques années plus tard. La petite Khadîdja
grandissait bien. Elle avait à présent cinq ans. Il
était donc temps pour elle de se heurter à
l’école. Cependant, pour certains l’école était
uniquement une affaire d’homme. Les filles quant
à elles devaient rester à la maison auprès de
leurs mères se disaient-ils. Mais heureusement
que ce temps était devenu caduc par le biais des
femmes elles-mêmes. En effet, en travaillant
bien et de façon consciencieuse ces femmes ont
prouvé qu’elles avaient elles aussi leur place à
l’école. C’est la raison pour laquelle nous avons
aujourd’hui des femmes médecins, avocates,
juges, enseignantes, ministres, gendarmes,
commissaires, présidentes et bien d’autres…
Grâce à leur dur labeur, leur courage et leur
intelligence, la gent féminine est parvenue à être
équipollant à celle des hommes. Et désormais
consciente de ce fait elles réclament
l’émancipation, la parité homme-femme. Quoi de
plus normale ! C’était donc bien. Toutefois, ce
rêve est une chimère dans un monde machiste,
dominé par les hommes. Et pire à cause des
femmes qui n’arrivaient pas à suivre cette
tendance. Sûrement des paresseuses qui se
plaisent bien en dépendant des hommes. Que des
parasites ! C’est donc dommage. Parce que cette
caste de femmes constitue une véritable
entrave à la révolution du genre féminin. Et ce ne
sont pas les hommes qui s’en plaindront. Tant
mieux, notre petite Khadîdja ne semble pas
appartenir à cette caste traditionnelle. Car dès
ses débuts scolaires, Khadîdja se sentait à l’aise
dans le domaine intellectuel. Elle enchaîna succès
sur succès, exploits sur exploits. La session de
classe des cours préparatoires première et
deuxième année (s) s’était achevée. Et notre petit génie sorti la tête haute, couronnée du
titre de majeur de promotion. Figurez-vous
qu’en étant seulement au CP2, elle était capable
de résoudre des exercices de mathématiques
des Cours Elémentaires de la deuxième année
(CE2) et lire correctement en tenant compte des
signes de la ponctuation . Elle était dotée d’un
esprit imaginatif, fertile. Elle possédait vraiment
une intellection extraordinaire. Et tellement
extraordinaire que le directeur de l’école
Primaire EPP Sankofa 1 Monsieur enfant
conscient et surtout intelligent. Comme vous
le dîtes chez vous les intellectuels >. Alors nous ferons de notre
mieux pour la soutenir dans ses études. Pour
qu’elle puisse enfin nous sortir de la misère. Monsieur Kassi ! Moi Kassim Koulibaly j’ai
parlé.
- Et je suis content de vos dires. Et pour
propulser un peu les choses elle passera
directement du CP2 au CE2.
- C’est vous le directeur, c’est votre domaine
de prédilection, c’est vous qui vous y
connaissez le mieux. Ce que vous dîtes est
bon. Alors moi je ne peux que vous donnez
mon Approbation.
- Merci beaucoup monsieur vous pouvez me
faire confiance.
C’est ainsi que pour la rentrée prochaine,
Khadîdja se retrouva au CE2 au lieu d’être au
CE1 avec ses amis. Toute une nostalgie. Elle
quittait donc ses amis Bintou et Mardochée
pour se retrouver avec des plus grands qu’elle
et qui ne semblait pas du tout content de
cette promotion. Ils allaient donc lui mener la
vie dure et ce sur tous les plans.
Au loin deux grandes qui discutaient.
- Regarde là ! un véritable puceron
- Et en plus chétif. Je ne comprends pas du
tout monsieur le directeur ! Pourquoi lui avoir
donné l’occasion de fréquenter les grands ?
Si cela ne tenait qu’à moi je lui ferai passer
un sale quart d’heure de sorte qu’elle
retourne d’où elle est venue.
- J’espère que Chérif la remettra à sa place.
Qu’est-ce qu’elle croit ? Qu’elle débarquera
de nulle part pour venir dicter sa loi ? On
verra bien.
Le malheur de la pauvre petite Khadîdja venait
ainsi de débuter. Eh bien sans même la connaitre et alimenté par la frustration et la jalousie
Abiba et Johanne venaient dès lors de la placer
dans leur collimateur. Elles lui mettront donc des
bâtons dans les roues d’après leurs dires.
Mais Khadîdja était elle aussi rusée et prévoyait
de rester dans son coin. Un mauvais présage elle
flairait. Garder ses distances, se méfier car tout
le monde la regardait de façon farfelue elle se
disait. Elle s’avait qu’elle n’était pas aimé.
Tout à coup, une silhouette se dressa face à
elle. Elle haussa la tête et vit une jeune
demoiselle devant elle. Cette fille lui souriait et
semblait ne pas lui vouloir du mal. Néanmoins,
Khadîdja la regardait d’un air méfiant en lui
disant :
- Qui est tu ? Et que me veux-tu ?
- Bonjour ! Je me nomme Inès et le table-banc
sur lequel tu es assise est mien.
- Ah ! d’accord excuse-moi alors ! Je vais de ce
pas me chercher une autre place
- Non cela n’est pas nécessaire. Tu peux
t’asseoir avec moi je n’ai pas de voisine.
- Merci c’est gentil.
- Alors c’est donc toi qui nous viens du CP2 ?
Oui c’est moi Khadîdja
- Alors sois la bienvenue !
- Merci ! Toi au moins tu es aimable et
sympathique ! Pas comme ces deux filles làbas qui ne font que me dévisager depuis ce
matin.
- Qui ça ?
- Les deux là-bas !
- Celles-là ! Tu parles de Johanne et Abiba ! Ne
leur accorde même pas du crédit à ces deuxlà. Ce sont des jalouses et en plus des tonneaux vides qui font beaucoup de bruits
pour rien. Elles ne content que sur Chérif le
premier de la classe.
- C’est qui Chérif ? Lui ce garçon là-bas au
premier banc. Il est mignon tu le vois ?
- Qui ? le rouquin là !
- Oui il me plait bien avec sa chevelure rousse
son père est avocat. Il habite Gargantua. La
cité résidentielle.
- Ah bon il quitte si loin !
- Chaque matin son père vient le déposer à
voiture.
- C’est parent sont donc cossus et il vit dans
l’opulence.
- C’est parents sont quoi ??
- Cossus ce qui signifie riche
- Comment une si jeune élève peut-elle
connaître des mots aussi complexes
- C’est parce que je lis beaucoup et j’ai un
dictionnaire dans lequel j’apprends chaque
jour de nouveaux mots que j’essaye
d’employer dans mes phrases quotidiennes.
- Waouh ! C’est incroyable à ton si jeune âge tu
lis déjà et tu t’exprimes si bien ! Moi je suis
sauvé ! dis on pourrait être des amis ?
- Nous le sommes déjà.
- En contre parti tu auras toujours mon soutien
et je te défendrai face à l’adversité.
La maîtresse venait d’entrer en classe et tous
instinctivement se levaient en signe de respect
et de salutation. L’école c’est la discipline ! Là où
on apprend le respect de soi et de l’autre, le
respect de l’autorité, les bases de la vie sociale.
En s’asseyant, en écoutant et en levant la main
afin d’obtenir la parole, on était ainsi éduqué prêt à écouter les autres. Prêt à prendre la
parole en publique pour se faire entendre. Prêt à
vivre en harmonie et dans le respect avec nos
alter egos.
La maîtresse, mademoiselle Gnoulé allait enfin
commencer la classe. Et comme à son habitude et
selon la méthode classique de la pédagogie par
faire l’appel.
Après avoir cité plusieurs noms, elle était à
présent sur celui de Khadîdja Koulibaly. Et cette
dernière répondit >.
- C’est donc toi qui nous viens du CP2 ?
- Oui madame
La maîtresse ordonna d’une voix vive que l’on
fasse un banc pour elle. Chose qui fut exécutée à
la lettre que l’on soit content ou pas. Car la
maîtresse avait le bâton qui pouvait mettre tout
le monde d’accord. Ce bâton ! Une simple branche
famélique avec des propriétés très élastique.
Mais qui avait ce pouvoir de faire régner l’ordre,
de mettre les cahiers de leçons à jours, de faire
obtenir le meilleur potentiel de chaque élève. Ce
simple bâton était très respecté car il faisait
faire des merveilles.
- La classe de CE1 est une classe normalement
indispensable pour un élève. Et toi tu ne l’as
pas fait. Ce sera donc un très gros challenge
pour toi mais monsieur le directeur m’as fait
part de tes exploits au CP2. On espère donc
que tu relèveras ce défi avec succès. Sur ce
nous débuterons aujourd’hui avec une leçon
d’histoire sortez donc vos livre…
Après quelques heures d’étude. Il était temps de
faire une pause. Et la sonnette de l’école avait
pour fonction de le rappeler. Tous les élèves
sortis donc se désaltérer et se divertir. Une
occasion que Khadîdja saisit pour aller voir un
peu du côté des CE1. Elle marcha jusqu’à l’autre
bout du bâtiment où elle aperçut Mardochée et
Bintou qui étaient assis. Elle s’approcha d’eux. Et
les saluaient
- Bonjour les amis !
Dès que ces derniers entendirent cette voix ils
s’empressèrent de tourner leurs regards. Eh oui !
C’était bien Khadîdja. Leur ami(e) d’enfance.
- Comment vas-tu Khadîdja ? Demanda
Mardochée.
- Je vais très bien et vous les amis. Comment
allez-vous ?
- Par la grâce d’Allah ça va très bien chez nous
et en classe de CE2 ça va ? Répondit Bintou
- Cette classe est différente du CP2 mais ça va
j’ai dû beaucoup travailler ces derniers
temps. Apprendre à écrire car nous allons
maintenant devoir copier des leçons au
tableau. Il y a aussi les tables de
multiplications à apprendre par cœur, ainsi
que la soustraction, l’addition, la division et
des problèmes. Mais ça va.
- Tous ceci m’a l’air compliqué tu penses que
l’on pourra comme toi connaître toutes ces
choses ?
- Oui vous réussirez à faire tous ces exercices
à condition que vous travailliez sérieusement.
Appliquez-vous bien et vous verrez que ce
sera facile.- Mardochée nous avons un petit creux tu nous
invites ?
- Bien-sûr.
- Super ! Et c’est reparti comme au bon vieux
temps.
Deux heures plus tard ! La cloche sonna. Nos
trois petits amis se rejoignirent afin de
cheminer à nouveau ensemble comme auparavant.
De retour chez elle et comme à son habitude
Khadîdja raconta sa rude journée à sa mère.
Cette dernière lui donna des conseils comme par
exemple ne pas prêter attention à Johanne et
Abiba qui sont probablement des jalouses.