La musique reprit doucement dans la salle de bal.
Comme si rien d’extraordinaire ne venait de se produire.
Les invités recommencèrent à discuter, mais leurs regards revenaient sans cesse vers Diane.
Elle était devenue le centre de toutes les conversations.
Alexandre Vegas et Diane marchaient lentement à travers la salle.
Chaque pas était calculé.
Chaque regard observé.
Alexandre murmura doucement :
— Toute la pièce te regarde.
Diane esquissa un sourire calme.
— C’est exactement ce que je voulais.
À l’autre bout de la salle, Nathaniel White ne pouvait plus supporter cette situation.
Cinq ans.
Cinq ans à essayer d’oublier.
Cinq ans à se demander si ce qu’on lui avait dit sur Diane était vrai.
Et maintenant elle revenait.
Plus belle.
Plus forte.
Et mariée.
Il serra les poings.
Puis il marcha droit vers elle.
Les conversations s’éteignirent peu à peu autour d’eux.
Tout le monde sentait que quelque chose allait se passer.
Diane sentit sa présence avant même de le voir.
Elle connaissait cette énergie.
Cette manière qu’il avait d’entrer dans une pièce.
Elle se tourna lentement.
Et leurs regards se croisèrent.
Le temps sembla s’arrêter.
Nathaniel s’arrêta à quelques pas d’elle.
Ses yeux parcoururent son visage.
Comme pour vérifier qu’elle était réelle.
— Diane…
Sa voix était plus rauque qu’il ne l’aurait voulu.
Diane resta parfaitement calme.
— Nathaniel.
Pas d’émotion.
Pas de chaleur.
Juste un prénom.
Et cette distance lui fit plus mal que tout le reste.
Nathaniel observa la bague à son doigt.
Le diamant brillait sous les lumières de la salle.
— Tu t’es mariée.
Diane regarda brièvement sa main.
— Oui.
Nathaniel releva les yeux.
— Rapidement.
Alexandre intervint alors calmement.
Sa présence s’imposa immédiatement.
— Les décisions importantes ne devraient jamais attendre.
Nathaniel tourna lentement la tête vers lui.
Le silence autour d’eux devint presque étouffant.
Deux hommes puissants.
Face à face.
Nathaniel tendit la main.
— Nathaniel White.
Alexandre la serra sans hésitation.
— Alexandre Vegas.
Leurs regards restèrent accrochés l’un à l’autre une seconde de trop.
Comme deux prédateurs qui s’évaluent.
Puis Alexandre posa doucement sa main dans le dos de Diane.
Un geste possessif.
Nathaniel le remarqua.
Et cela réveilla une colère qu’il croyait morte.
— Je me demandais si je te reverrais un jour, dit-il à Diane.
Elle répondit simplement :
— Moi pas.
La phrase tomba comme une lame.
Nathaniel recula légèrement.
Comme s’il venait de recevoir un coup invisible.
Un peu plus loin, Julian White observait la scène avec fascination.
Il murmura pour lui-même :
— Ce soir devient intéressant…
Parce que lui seul remarqua un détail.
Pendant une fraction de seconde…
Quand Diane avait regardé Nathaniel…
Ses yeux avaient tremblé.
Juste une seconde.
Mais c’était suffisant.
Au même moment, dans le jardin du manoir White…
Deux petits enfants couraient autour d’une fontaine.
Une petite fille aux cheveux noirs riait.
— Attrape-moi Azrael !
Le petit garçon derrière elle protesta :
— Arya ! Ce n’est pas juste !
Une gouvernante les surveillait à quelques mètres.
— Les enfants, ne vous éloignez pas !
Mais ils continuaient à jouer.
La petite fille leva soudain les yeux vers les grandes fenêtres du manoir illuminé.
— Maman est là-dedans ?
La gouvernante sourit.
— Oui, princesse.
Arya réfléchit.
Puis déclara très sérieusement :
— Alors papa aussi doit être là.
Dans la salle de bal, Diane sentit soudain un frisson traverser son dos.
Comme si quelque chose venait de changer.
Alexandre remarqua immédiatement.
— Quelque chose ne va pas ?
Elle répondit doucement :
— Non.
Mais son regard se tourna vers les grandes fenêtres donnant sur le jardin.
Comme si…
Quelqu’un l’observait.
Et au même moment…
Evelyn White parlait discrètement avec Camille dans un coin de la salle.
Camille murmura :
— Si Diane est revenue… c’est pour se venger.
Evelyn sourit froidement.
— Alors elle va découvrir une chose.
Elle regarda Diane au loin.
— Les White ne perdent jamais.
La soirée continuait dans la salle de bal du manoir White.
Les violons jouaient une mélodie élégante, les invités riaient, les verres de champagne s’entrechoquaient… mais sous cette apparente normalité, la tension était palpable.
Tous les regards revenaient toujours vers Diane.
Et vers Alexandre Vegas.
Nathaniel, lui, avait quitté la salle quelques minutes plus tôt.
Il avait besoin d’air.
Son cœur battait trop vite.
Il traversa le grand couloir de marbre et poussa les portes donnant sur le jardin.
La nuit était douce.
Le jardin du manoir était illuminé par de petites lanternes dorées.
Nathaniel inspira profondément.
Puis il entendit un rire.
Un rire d’enfant.
Il fronça légèrement les sourcils.
La famille White n’avait invité presque aucun enfant ce soir.
Curieux, il avança vers la fontaine.
Et il les vit.
Deux petits enfants jouaient près de l’eau.
Un garçon et une fille.
Ils avaient environ cinq ans.
La petite fille courait autour de la fontaine en riant.
— Tu es trop lent Azrael !
Le petit garçon protesta :
— Arya ! Attends-moi !
Nathaniel s’arrêta.
Il ne savait pas pourquoi… mais il ne pouvait plus bouger.
Quelque chose dans cette scène le troublait profondément.
La gouvernante qui surveillait les enfants le remarqua et s’approcha.
— Bonsoir monsieur.
Nathaniel hocha légèrement la tête.
— Bonsoir… ce sont les enfants de qui ?
La gouvernante répondit naturellement :
— Madame Vegas.
Le monde sembla s’arrêter.
Nathaniel resta immobile.
— Madame… Vegas ?
— Oui monsieur.
Elle sourit.
— Les enfants de Madame Diane Vegas.
Nathaniel sentit son cœur rater un battement.
Ses yeux retournèrent vers les enfants.
Arya venait de s’arrêter.
Elle regardait Nathaniel avec curiosité.
Puis elle s’approcha doucement.
Les enfants ont cette innocence qui leur fait ignorer les règles sociales.
Elle leva la tête vers lui.
— Bonjour monsieur.
Nathaniel la regarda.
Ses yeux.
Ils étaient exactement comme ceux de Diane.
Son cœur se serra.
— Bonjour…
Avant qu’il ne puisse dire autre chose, Azrael arriva derrière sa sœur.
Il s’arrêta net.
Et regarda Nathaniel.
Le silence devint étrange.
Parce que quelque chose était… troublant.
Le petit garçon fronça les sourcils.
Puis il dit :
— Arya…
La petite fille tourna la tête.
— Quoi ?
Azrael pointa Nathaniel du doigt.
— Pourquoi ce monsieur me ressemble ?
Nathaniel sentit son sang se glacer.
La gouvernante rit légèrement.
— Les enfants imaginent souvent ce genre de choses.
Mais Nathaniel ne riait pas.
Parce qu’il venait de voir ce que le garçon voulait dire.
Les mêmes yeux sombres.
La même forme de visage.
Le même regard intense.
Nathaniel fit un pas en arrière.
Son esprit refusait d’accepter cette pensée.
Impossible.
Pendant ce temps, derrière les buissons du jardin…
Quelqu’un observait la scène.
Julian White.
Il avait suivi son frère par curiosité.
Mais ce qu’il voyait maintenant dépassait tout ce qu’il avait imaginé.
Il murmura pour lui-même :
— Attends une seconde…
Son regard passa de Nathaniel… au petit garçon.
Puis à la petite fille.
Puis il comprit.
Et ses yeux s’agrandirent.
— Oh mon Dieu…
À l’intérieur du manoir…
Diane se tenait toujours dans la salle de bal.
Mais elle sentit soudain une inquiétude traverser son esprit.
Alexandre remarqua immédiatement.
— Tu penses aux enfants.
Ce n’était pas une question.
Diane soupira légèrement.
— Je déteste les laisser seuls trop longtemps.
Alexandre posa calmement sa main sur la sienne.
— Ils sont en sécurité.
Diane hocha la tête.
Mais au fond d’elle…
Une étrange sensation lui disait que quelque chose venait de changer.
Dans le jardin…
Nathaniel regardait toujours le petit garçon.
Azrael le regardait aussi.
Comme s’il essayait de résoudre un puzzle.
Puis il déclara très sérieusement :
— Tu as mes yeux.
Nathaniel sentit sa respiration se bloquer.
Et derrière les buissons…
Julian murmura :
— Nathaniel…
Je crois que tu viens de rencontrer tes enfants.