-Très bien ! Je ne m'attendais pas à ça, je suis fière de toi, tu sais ? dit-il en se levant du lit pour se diriger vers elle.
Lianne pris une profonde inspiration et ferma les yeux quelque secondes seulement.
-Merci, répondit-elle enfin.
Elle aussi était contente. Contente de ne pas avoir bégayer en récitant ses cours. Contente de ne pas être frappée par cette monstrueuse ceinture. Contente de ne pas sentir la douleur qu'elle lui infligeait chaque fois qu'elle omettait ne serait-ce qu'un point. Pour la première fois elle n'avait pas bégayer. Pour la première fois il n'allait pas abattre cette ceinture sur ses petites mains blanche.
-Tu n'aimes pas quand je te frappe avec ? demanda-t-il soudain en passant la ceinture d'une main à l'autre.
Elle évita son regard en frémissant, et pinça les lèvres. C'était un piège, elle n'allait pas tomber dedans.
-Alors ? insista-t-il.
Elle savait que si elle répondait non, il se facherait et la frapperait quand même. Car disait-il :
«La chicotte est le meilleur moyen de raviver une mémoire récalcitrante. La douleur qu'elle inflige est un stimulant qui rappel au cerveau qu'il est au service de la volonté de l'homme.»
Et si elle disait oui, il la frapperait aussi, car disait-il encore :
«La douleur te rend forte. Tu apprécieras la force qu'elle te donne.»
Mais tout ce que cette ceinture lui avait procuré durant des années, c'était une douleur si vive qu'elle croyait explosée tant sa souffrance lui paraissait insupportable dans ces moments.
En voyant un sourire s'afficher au coin des lèvres pulpeuses de son frère, elle se raidis. Il était tellement beau ! Elle l'avait toujours admirer, sa beauté, ses abdos, sa taille, ses cheveux d'un noir de jaie qui brillait tout le temps. Elle se rappela le passée, quand tout était différent. A ses cinq ans, agenoux sur les jambes de leur mère, elle lui demandait si elle aurait un jour autant d'abdos que lui. Il avait répondu en la tirant des bras de leur mère et en la jetant sur ses épaules déjà bien musclé à l'époque :
-Oui, je t'aprendrez.
Et elle avait jubilée de joie toute la semaine, l'agaçant jour et nuit pour l'accompagner à la salle de gym. Il lui répondait toujours :
-A tes 13 ans, je t'emmènerai, promis.
Lui qui accomplissait toujours ses promesses, celle là il ne l'avait pas faite.
-Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, dit-il soudain en lui tendant la ceinture qu'elle pris aussitôt d'une main tremblante.
Il se retourna et elle le regarda partir. L'envie de courir derrière lui et de le serrer la saisissait tellement qu'elle dû se pincer pour ne pas le faire. Mais il la manquait trop. Cette situation la faisait souffrir, elle avait mal de se qu'était devenu leur relation.
Un amour indéniable régnait entre eux dans le passer. Il était son protecteur, son ange gardien, son sauveur quand elle tombait de sa petite cabane qu'ils avaient construit dans le grand chêne à ses six ans, il était son complice quand elle piquait des sucettes dans le placard de la cuisine et qu'elle se faisait attraper par leur père, il était celui avec qui elle voulait se marié, le proclament haut et fort en sautant de joie dans toute la maison. Quand ses parent lui disaient que s'était impossible, elle sautait sur le cou de son amoureux et le gardait fort contre elle.
Il ouvrit la porte et la referma derrière lui sans un regard en arrière. Lianne soufla et se laissant tomber sur son lit, ferma les yeux. Même si son ventre criait famine, parce que oui, elle avait mentit quand elle avait dis qu'elle avait mangé. Elle n'avait voulu rien avaler alors elle ne l'avait pas fait. Maintenant elle avait vraiment faim, et ne pourrait plus se servir car s'il la voyait, il se facherait. Alors elle s'endomit pour passer la faim.
Lianne se réveilla vivement, le cœur batant la chamade. Regardant autour d'elle, se fut avec stupéfaction qu'elle se rendis compte que le soleil avait baissé la garde. Elle soufla, s'étendit à nouveau sur le petit lit et laissa ses mains sur son ventre qui se faisaient plus creux dans cette position. Le calme qui régnait lui faisait plaisir, et elle s'en délecta un bon moment.
Sa vie avait complètement chambouler le jour où elle avait appris la maladie de sa mère, 10 ans plus tôt. Elle se rappelait de la conversation qu'elle avait entendue dans le salon. Ses parents et son frère se disputaient, et elle avait entendu son père affirmer :
-Tu ne peux pas nous faire ça, je t'en prie ! Pourquoi refuse tu de te soignée ?
Cacher derrière un mur dont elle était sûr d'être à l'abris, elle avait continuer d'écouter. Sa mère avait les bras croiser sur sa poitrine, et secouait la tête, faisant balancer sa longue crinière sombre.
-Je suis désolée, mais c'est ma décision, Adrien. Je ne changerai pas d'avis tu me connais, avait-elle dis de sa voix douce.
-Maman, arrête ! Ne penses-tu donc pas Lianne et moi ? A Lianne qui est encore toute petite ! Tu ne te soucie pas de ce que serait sa vie...
-Je le fait pour elle justement. Je le fait pour vous, pour vous trois. Vous ne pouvez pas comprendre, avait-elle répliquer, toujours calmemant.
Sa mère avait toujours été douce, jamais Lianne ne l'avait entendus crié ou même s'énerver avec virulence.
-Alors laisse nous de coté et soigne toi, avait soufflé son père désespérément en lui prenant les mains.
-Adrien...
-Fais le pour nous, je t'en prie. Je t'en prie mon amour.
-Je suis en phase terminal.
Un lourd silence avait suivit cette information pour le moins inattendus, et Lianne avait bien remarquer que son frère et son père avaient eu la respiration sacader. Puis après de longue secondes, son frère avait pris la parole.
-Ma... maman...
Et il s'était mis à pleurer, se laissant glisser le long du fauteuil. C'était la première fois qu'elle voyait son champignon pleurer, ce qui lui avait fait couler des larmes à elle aussi. Ce jour là, elle n'avait pas pleurer parce qu'elle avait appris que sa mère était malade, ça elle ne l'avait pas encore très bien compris. C'était seulement parce que son frère pleurait qu'elle avait pleurer aussi.
Après ce jour là, les choses avaient radicalement changé. La maison avait perdue énormément de sa gaieté. Son père qui souriait tout le temps d'ordinaire, faisant des blagues à toute la famille pendant le déjeuner ou du dîner, semblait avoir perdu de sa bonne humeur. Il n'était pas froid contrairement à son frère qui s'énervait pour un rien, qui sortait de table lorsqu'elle se jetait sur leur mère, ou quand elle disait qu'elle l'habillerait pour leur mariage entre son frère et elle.
Tout ça, elle ne l'avait pas compris. Ignorante qu'elle était.
Elle n'avait pas refuser de comprendre, elle n'avait juste pas saisie l'empleur de la souffrance qui habitait sa famille.
Ignorante elle était.
Puis un matin fut. Un matin où elle n'aurait pas idée de ce qui ce passerait, trop ignorante pour se rendre compte que la vie qu'elle menait jusque là était en train de se détruire. Puis un matin fut.