Que faire de toute cette passion ?

3288 Words
La chaleur de mon lit, la transpiration qui colle mes cheveux blonds à mon front. Une respiration non contrôlée. Un avenir incertain, une courte nuit et voilà l'aube qui précède le matin. Un réveil en sursaut, signe d'une nuit plus exténuante que reposante, signe d'une violente séparation entre moi et morphée. Mon regard se tourne vers ma fenêtre, le ciel plongé dans la pénombre. Une pénombre que les lumières de la ville tente d'effacer. Seulement l'homme ne peut rien face à la nature. La science a essayé de révolutionner, mais son savoir reste limité. Il fait nuit noir. J'attrape mon téléphone à mon chevet, regarde l'heure. 4H30, comme il est difficile de penser que dans une heure le soleil se lèvera, qu'il sera là triomphant des ténèbres de la nuit, prêt à illuminer notre journée. Je soupire, un soupir terriblement long Pourquoi ma vie me fait penser à la pénombre ? La pénombre est faite de tranquillité, d'obscurité. On ne peut avoir aucun control sur elle, elle est libre, intense fait comme bon lui semble, cache des secrets dans les rues, des choses obscènes... préverses, dans les chambres. Un second secours. Des envies inassouvies. Un visage qui me revient en tête. Des envies inassouvies... Mes doigts traversent l'élastique de ma culotte, des doigts qui se promènent le long de mon intimité, des doigts qui veulent m'aider à satisfaire un désir, qui m'assaille. Une fureur que je ne peux contenir, une fureur que je ne veux contenir. Une respiration que je sens haletante, mes doigts qui entrent en moi, un gémissement, un tortillement de mes cuisses l'une contre l'autre, quand je me donnes ce qu'il n'a pas voulu me donner. Quand je m'accorde, ce qui m'a été refusé ... Des dents, les miennes qui mordent des lèvres, les miennes. Putain j'aurais adorer que ce soient les siennes. Un souvenir, une immersion dans le passé, qui me permet de me rappeler, la douceur de ces lèvres, la courbe de son sourire, la chaleur de son corps contre le mien. Une larme qui s'échappe de ma rétine, quand je ressens ce vide en moi, que même mes doigts ne peuvent combler, qu'importe le fait que je les sentent jusqu'au fond de mon abdomen. Il y'a un vide qui ne peut être combler. Celui de mon cœur ? Je ne pensais plus en avoir un. Et même si j'en avais un, il ne m'appartient plus depuis bien longtemps tout comme l'entièreté de mon corps et de mon être. Je ne m'appartiens plus. Un murmure qui me permet de me reconcentrer : - « apprendre à se connaître ». Dans un souffle je gémis, répète encore une fois ces mots, qui me semblent si interdit. Tel un enfant qui a peur qu'on lui tape sur les doigts, je le murmure encore une fois : - « apprendre à se connaitre » Telle une adolescente surexcitée par son boys band préféré, je souris, ne me refuse pas de murmurer ces mots une dernière fois. - « apprendre à se connaître »    Mon dos qui se cambre, mes gémissements qui se transforment en suppliques, mon cœur qui bat la chamade, mes yeux qui n'arrivent plus à rester ouvert, mon corps qui s'immobilise tandis que la chaleur de la pulsion se propage, telle une onde mécanique le long de ma peau, hérissant mes poils, mon être, mon âme, me coupe le souffle, m'en donne un nouveau, quand je sens l'o*****e au bord de ma porte. Un gémissement puissant, appuyé impossible à contrôler m'échappe, tout comme cette deuxième larme qui échappe encore une fois à ma rétine, passe par cette trace qui a été laissée après que la première aie séchée. Un troisième soupir comme lors de cette soirée. Un soupir non différent des deux premiers. Du moins, il dépend de l'angle sous lequel on le conçoit. Une frémissement frénétique, qui me parcourt l'échine, une frénésie que même mes sens n'auraient pu prédire. De l'extase qui me fait entrer en phase, une satisfaction accompagnée d'un écoulement ? De jouissance... Rien de plus intense que d'être au bord de l'o*****e. Quand soudain, le bruit de ma sonnerie vient tout ralentir, la voix de ma mère vient alors tout détruire. Un cri strident impossible à ignorer. - Chérie ! Sa voix qui me semble pour une raison évidente, plus agaçante que d'habitude vient mettre fin à toute tentative de plaisir charnel. Mais c'est pas possible ils se sont donnés le mot pour casser mes coups ! J'enfile un t-shirt, le premier que mes mains frôlent. Je prends le temps de l'observer. Il n'est pas à moi. Je soupire, ce mec a encore laissé son t-shirt chez moi. p****n j'en aie marre de lui et de ces méthodes à la con. Je lui aie dit clairement, on couche ensemble et puis basta ! Mais il faut croire que les mecs que l'on trouve sur Tinder de nos jours ne sont plus capable de discerner leurs sentiments de leur membre ! Un agacement dans sa voix, quand elle me hurle : - Je sais que tu es là, je vois ta localisation sur Snapchat. Depuis quand elle sait utiliser un téléphone ? Bon je devrais aller lui ouvrir avant qu'elle ne décide de forcer ma serrure. Je vis dans un loft, plutôt industriel, ma chambre n'est pas loin de mon entrée, en quelques minutes, je suis devant ma porte. À peine j'ai enlevé la chaîne sur la porte, qu'elle entre dans mon appartement, encore si elle était seule, ça pouvait passer. Mais juste derrière elle, se trouve June, 1m60, yeux verts, cheveux blonds, cette détestable mini moi est entrée juste après elle. Je soupire, à la seconde où elle me dit : - J'ai divorcé cette matinée. June la reprend. - Ouais papa vient de jeter 16ans de sa vie. C'est à dire moi avec elle ! Je la déteste mais je ne m'empêche pas de sourire, cette p*****e est pas mal marrante. Je reprends sur un ton calme, essaie de cacher à quel point elle me donne envie de me trucider ! - Maman... Comment veux tu que je t'aide ? - Trouves moi un endroit où m'pieuter !   Dit elle avant de s'assoir sur mon canapé d'angle, et de déposer le bas de ces chaussures boueuses sur mon p****n de tapis blanc ! Je vais la tué ! June, elle ouvre mon frigo et sort une brique de jus d'orange qu'elle boit à la bouteille, avale goulument le contenu de cette dernière avant de dire : - Elle raconte de la merde, elle a taxé une maison à papa avant de le quitter c'est juste qu'elle l'a mit en RBNB. Je regarde ma mère, furieuse. Je lui dis : - Va vivre là bas ! - Mais j'ai pas d'argent pour manger, je fais quoi ? Je lèves les yeux au ciels, va dans ma chambre, vérifie que personne ne me suit, tire une boîte qui était sous mon lit, et en retire, une somme qui devrait mettre tout le monde d'accord. Je retourne au salon et lui donne la liasse de billet, un sourire sur ces lèvres se dessine quand elle me dit : - Je ne te dérange pas plus longtemps. June qui en profite pour me demander : - Je pourrais avoir un nouvelle paire de baskets, les miennes sont genres mortes... Je lèves les yeux aux ciels, et lui dit : - Ta génération est tellement soucieuse de l'écologie, tu sais ce que vaut l'empreinte Carbonne d'une paire de Vans ? Je ne la laisse certainement pas dire qu'elle s'en fout et coupe court à la discussion en lui disant : - Je ne te fais pas un dessin, il est pas question que je te laisse participer à ça. Elle murmure un : - pétasse... Et s'en va. Pas étonnant que je ne lui achète rien, elle me déteste depuis l'année où j'ai quitté la maison. Désolé mais son père est un vicieux pas question que je restes vivre avec un salop qui passait ces journées, à me mater... Je referme bien la porte, repart dans ma chambre, me remet à compter mon argent. Oui mon métier me donne beaucoup d'argent, mais cet argent je l'investis. J'ai trois startup, toutes sur les bases du E-commerce. Une application de rencontre entre amour mal vu par la société. Je parle de sentiments vraiment unique, comme ceux que l'on peut avoir pour un poster de Justin Biber... Mais c'est pas tout cet application a un complément, je peux aussi organiser un mariage, on s'occupe de toute la paperasse, de la décoration et de ce qui est chiant dans l'organisation d'un mariage. En général ce sont des gens fortunés qui veulent se faire un délire qui font appel à nous. Oui nous, pour ce project je travaille en collaboration avec Alexis et Armin. Armin est un autre amie que je me suis fait à la fac en même temps que Alex, mais moi et ma Kathie on est amie depuis que nous somme des adolescentes. Partager un malheur, rapproche deux cœurs. Eh oui, c'est un malheur, qui a fait en sorte qu'on ait un lien aussi fort, elle et moi. C'est ma strawKathie. Le deuxième business, est un site en ligne pour maman et papa célibataires qui cherchent l'amour. C'est plus facile de faire une famille recomposée quand on est dans la même situation que l'autre. Mais tous ne sont pas inscrit dans le but de trouver l'amour, il y'en a aussi qui sont simplement ami. j'offre la possibilité de créer des groupes, et il y'a même un groupe qui est connue pour se faire du « babysitting assisté ». En gros, si l'un d'entre eux à un date, ou un événement important, genre au taff et d'autres conneries de ce genre, ils cherchent sur le groupe une personne qui pourra venir prendre son enfant, et le garder pour la soirée ou la journée, le mois, l'année ? Qu'est ce que j'en sais ? C'est un truc sécurisée, parce que je fais des investigations sur chaque parent qui veut s'inscrire, le prix de l'inscription est plutôt élevée pour dissuader les psychopathes et les pédophiles. C'est simple, ils vont se dire entre payer l'équivalent de deux cents tickets métros pour chercher des victimes potentielles sur un site pour personnes en demandent d'aide, et juste roder près de chez moi pour tuer des enfants. Je penses que je vais rester chez moi... Mais si il y'en a qui son capable de payer aussi cher pour tuer. Je comprendrais qu'il y'a plus taré que moi. Ce que je pensais être humainement impossible. Mais mon troisième business c'est plus, un service d'aide qu'une startup. En gros, je joue aux associations caritatives en venant en aide à des jeunes parents, la plupart du temps adolescents, en faisant des réceptions, des évènements ce genre de conneries quoi, pour attirer des donateurs. Pourquoi je fais ce genre de conneries ? J'ai souvent envie de me la jouer dame de la cours... Ah, ah, non je blagues, c'est juste que je sais ce que ça fait de ne rien avoir, et j'aurais aimée que l'on m'aide à cette époque. Mais se serait mentir si je disais que je ne ai pas été aidé, car il est vrai qu'on m'a aidé. Seulement là, je fais référence à une aide honnête, sans arrière pensée. Et non un main tendue qui se transforme au fil des années en réalité une lame aussi fine, empoisonnée, perverse aussi vicieuse que son possesseur. Alors bon je fais un effort... Une pensée, tel un éclair fulgurant, me traverse l'esprit, des mots qui me semblent familiers : « qu'est ce qui a pu vous arriver dans la vie ?». Ce qui a pu m'arriver ? Tout et n'importe quoi. Tout ce qui est probable d'arriver. N'importe quoi; vu à quel point c'est de la merde ! C'est tellement la merde, que je ne sais même plus où se trouve le début, quel est cet instant où tout a bien pu basculé ? Toujours perdue dans mes pensées, j'entre dans la cabine de douche. Laisse l'eau ruisselée le long de mon dos, la chaleur m'aide à me réveiller. Mes yeux se ferment, quand je passe cette fleur de bain enrobée par la mousse de mon gel de corps. La mousse ensevelie mon corps, cette douceur, cette odeur, cette fraîcheur... Elle me fait me sentir tellement bien... Elle m'emporte tellement loin... Mes yeux sont toujours fermés, quand je me rappelles de la chaleur de ces bras. Des bras forts, des bras qui peuvent écraser, violenter, mais qui le font pas. Pour une fois. Il est différent de lui. Ça c'est certain. Ses bras qui ressemblent aux siens, ses mains ne sont pas aussi vicieuses que les siennes, aussi perverses, maléfiques. Mon souffle devient court, je suffoque de peur, de terreur, rien que penser à lui glace mon sang et tout mon être. L'emprise qu'il a sur mon corps et ma vie, me semblerait totalement ridicule si je ne savais pas de quoi il est capable. De tuer ? C'est de cette manière qu'il se réveille. De torturer ? C'est son passe temps préféré, il adore exercer les principes de Sade sur mon corps. Pour me rendre « plus docile ».Il disait. « Je ne m'appartiens pas de toutes façons » Lui répondais je. Je le haïs de tout mon être je le haïs, de m'avoir fait croire, le temps d'un instant, que le faire, que me donner à lui, changerait ma vie, me rendrait heureuse, que je pourrais l'avoir lui. Mais comme je le disais, le monde est chaotique et ce qui est dit appartenant au monde des apparences, est alors bel et bien la vérité. Cet homme me voyait... me voit, juste comme sa p****n, une p****n qu'il a si bien dressée, qu'elle ne s'appartient plus, sa suceuse de queue officielle, son trou préférée, juste un objet qui ne sert qu'à satisfaire ses envies perverses, sales, égocentriques. Rien de plus qu'une sale petite p****n. Je connais ma place. Je ne me plains pas. J'admets juste la vérité. Je ne suis qu'une p**e, du moins à ses yeux. Mais se serait mentir si je disais que cette vision n'est pas semblable à la mienne. Je sors de la douche, devant le miroir. J'essaie de reprendre mes esprits. Ce ne sont pas toutes les femmes qui voient la prostitution d'un mauvais œil. Moi je m'en fous, c'est mon métier, je ne vois pas quoi philosopher autour de ce dernier. C'est juste un fait, qui compose ma vie. C'est tout... En tout cas, là je dois me concentrer, il est encore super tôt, et j'ai un show privé vers 7h, un gros client de la boîte a dit qu'il me voulait moi, je dois assurer. Il sera avec sa femme, se sera quelque chose de très élégant, c'est rarement le cas, mais pour moi si. La loyauté, même au plus grand des monstres, peut apporter de la compassion. Pendant trois ans, j'ai été un jouet obéissant, la moindre des choses qu'il pouvait faire, c'était d'arrêter de me donner à ces clients contre mon gré, pour des sommes d'argent dont il n'a même pas besoin. Juste un passe temps, me voir supplier, et implorer, de ne pas le faire. Un désir sadique, me voir proposer des services, que je n'ai pas envie de procurer. Merde ! Ressasser le passé est le meilleur moyen, de finir par se souler. Mais aujourd'hui je dois rester sobre. C'est pour ça que je me oins de ce lait de parfum Cacharel, lui et sa flagrance douce et fruitée imprègnent ma peau. Une simple tenue, jean mum Levis, baskets Vans... et un énorme sweatshirt à capuche. Je me dirige vers ma chambre, pour prendre mes affaires, pas de sacs quand je porte un jean, sinon ça ne me sert à rien. J'entends la sonnerie de mon téléphone, l'attrape, le retourne, une seule pensée me vient à l'esprit. Encore une nouveauté. Une nouveauté qui tend à me plaire, un numéro toujours et encore inconnu. Un sourire, se dessine sur mon visage, quand je lui dis un générique : - Allô. - Oui bonjour c'est ... Je ne le laisse pas finir quand je lui dis sur un ton suave : - Monsieur intense... Un sourire que l'on entend depuis l'autre bout du fils. Un amusement dans sa voix quand il dit : - Je pensais que vous auriez un mal de crane mais apparemment, vous êtes en pleine forme. - Oui... Je suis toujours prête à être pleine... - Mikaela ! - Pleine de joie ! Oh mon dieu, vous avez les idées mal placés dit donc .... Cette fois un rire à l'autre bout du fil. Puis un ton sérieux. - Je veux vous revoir. Donnez moi un jour, une heure, une date, et je serais libre, juste pour vous. Un sourire, indéfectible sur mon visage, quand il ajoute : - Vous savez, c'est vraiment étrange pour moi, de le dire ainsi mais, je ne me suis jamais aussi tactile au premier rendez-vous. Je ne pense jamais aux phrases que j'ai échangé, je ne me prends jamais à sourire comme un idiot devant mon café en pensant... à quelqu'un. Alors, je ne sais pas je me dis dans ce cas que peut être, vous êtes différente à mes yeux donc nous n'en veillez pas si je vous demande de m'accorder le droit de vous revoir. Oh mon dieu ! Ce mec n'est pas réel, ce n'est pas possible, d'être beau, bien éduqué, et sexy, et beau, et sexy comme un p****n de Dieu Grec ! Bordel ce mec est le mec le plus sexy et charmant que je n'aie jamais rencontré, je meurs d'envie de coucher avec lui, p****n ! Cependant, l'amour c'est pas mon truc, je ne sais faire qu'une chose, alors je la suggère : - Ce soir 21h pour ... disons pour jouer au adulte ? Sur un ton froid, grandement irrité il me balance. - Vous blaguez ? - Non, pas du tout. - Je vous dis que vous blaguez... Mikaela. - Oui ... - Pouvez vous arrêter de tout ramener à l'acte charnel ? C'est pas vrai dire le mot sexe ça va le tuer !? J'inspire. - Je pourrais mais je n'en aie pas envie. Ecoutez vous êtes adorable, vraiment, mais je ne suis pas ce genre de filles, je ne pars pas à des rendez-vous, je n'ai jamais de fleurs sur le balcon de ma fenêtre, je ne dessine pas des cœurs sur mes i. Je suis qui je suis, et c'est mon mode de fonctionnement, je n'ai pas envie de le changer. - Pourquoi ? - Parce que l'amour fait mal, et que je déteste avoir mal. - Très bien, à vrai dire je vous demande qu'une seule chose, encore une seule fois, je ne le redirais pas, et je me plierais à votre décision. Je vous demanderais juste d'y réfléchir. - À quoi ? - Une proposition. Un seul rendez-vous, entre vous et moi, uniquement à 19h30. Je viens vous chercher on passe une bonne soirée, et puis vous me direz ce que vous voulez faire, mais si c'est ce que je penses, je ne serais pas en mesure de vous le donner. - Et ... Pourquoi ? - Parce que je ne fonctionne pas de cette manière. Je souris, il a encore gagné, ça commence à pas mal me souler. Fait chier ! sont les seuls mots qui me viennent à l'esprit. - On va donc faire comme ça. Sont les mots que je lui dis. Faire des compromis, j'imagine... L'appel s'arrête là. Moi j'ai du travail, alors advienne que pourra.
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