Quelques longues minutes plus tard, je suis dans le parking de ce bar, non loin de chez moi.
Honnêtement, c'est ridicule. La manière dont j'ajuste mon décolleté dans le rétroviseur afin de le rendre plus plongeant, mon pull que je laisse dans la voiture pour paraître sensuelle, le gloss fenty rosée que j'applique sur mes lèvres, pour leur donner cet air plus frais, de lèvres délicatement rosées.
Toutes ces combines de femmes désespérées sont ridicules. Un homme reste un homme, la manière dont il parle, ou bien la galanterie dont il fait preuve ce sont juste des appâts !
Son but est semblable au mien, il m'appelle à presque minuit pour qu'on s'envoie en l'air dans les toilettes du bar, j'ai vu clair dans son jeu.
Alors pourquoi faire autant d'efforts pour un homme que je ne vais voir qu'une seule nuit ?
C'est ridicule.
J'inspire une dernière fois, prend mon téléphone pour envoyer un message au proprio du bar un vieil ami, je lui dis simplement que j'ai laissé ma voiture dans son parking.
Quelque chose me dit que je risques découchée ce soir.
Bref, je sors de ma voiture, pousse la porte d'entrée du bar.
Quand soudain ma peau entre en collision avec cette atmosphère chargée en chaleur, asphyxiante, bourrée d'un charme vicieux, d'envie palpable, de sexe.
Mon regard se perd dans la salle, à la recherche de ce cher monsieur intense. Je le vois assieds sur le bar en bois rouge, un verre à la main, l'air pensif ces yeux regardent devant lui, mais son esprit est si loin, dans un monde qu'on se plait à nommer la pensée.
j'inspire une seconde fois, prête attention à la chemise blanche qu'il porte, au jean bleu qui l'accompagne la carrure de ces épaules, la noirceur de ces cheveux, la minutie avec laquelle, ils ont été coupé.
Il est tellement imposant, sa présence seule, sur ce comptoir est d'un magnétisme. Je me sens tel un vulgaire morceau de fer qui ne peut pas lutter contre son sort, je ne peux pas lutter contre l'attraction que j'éprouve pour cet aimant...
J'inspire pour la troisième fois en même pas une minute, m'assied à côté de lui, me retrouve déstabilisée par ses yeux gris, translucides...
Ses yeux qui me détaillent des pieds à la tête. Ces yeux qui analysent, qui testent, apprécient...
Mon visage ?!
Il n'a pas mater mes seins ?
Malgré le décollecté plongeant que je porte ?
Son attention...
Ses yeux sont centrés sur mon visage ?
Je cache, du moins j'essaie de cacher mon incompréhension totale face à sa réaction par un geste très simple, une poignée de main.Une présentation tout ce qu'il y'a de plus normale.
Un peu trop formelle même, où est passé la bombasse sexy et spontanée que je suis ?
- Mikaela.
Lui dis je alors que mes yeux remarquent la ligne pectoral que les trois boutons ouverts de sa chemise me permettent de voir.
- Enchantée.
Le barman se place devant moi, me demande ce qui me ferait plaisir. Une margarita il me propose.
- Un jack sans glaçons.
Je lui impose.
Mon regard se pose à nouveau sur toi.
Tu souris quand tu me dis :
-Une femme, qui boit ce genre de boisson ne peut que savoir ce qu'elle veut dans la vie.
Je ne relève pas, et tu ajoutes :
-Qu'aimez-vous faire dans la vie ?
Intéressant, tu me montres que ma vie t'intrigue, ce n'est pas ton premier rendez vous d'accord je le comprends.
Mais honnêtement nous savons tous les deux ce que nous voulons l'un de l'autre. Alors pourquoi perdre notre temps avec toutes ces énigmes toutes plus inutiles les unes que les autres ? Allons à l'essentiel.
J'agite alors mon verre entre mes doigts, le finit d'une traite, peut être pour trouver le courage de te dire :
- Tes questions sont d'un ennuie, tu me fais venir ici, me séduit avec tes manies de gosses de bonne famille, joue les mystérieux avec le fait que tu ne veux pas me donner ton nom.
Je me stoppe un instant dans mon discours, non seulement pour faire un fausse pause dramatique parce que j'adore ça, mais aussi pour prendre le temps d'inspirer de te regarder dans les yeux, faire abstraction de ton étonnement, le troisième de la soirée...
Non ! Je ne vais pas revenir sur mes paroles.
Il est temps que quelqu'un l'admette.
- On s'en fout de toutes ces formalités juste vient chez moi et envoyons nous en l'air bon sang !
Tu souris, un sourire fin, presque agacée...
Monsieur intense n'aime pas qu'on lui coupe l'herbe sous les pieds ?
Sur un ton glacial, protecteur ?
Tu me balances en pleine figure :
- Vous êtes ridicule.
Je prends un instant, pour te monter à mon tour que ce que tu viens de dire m'a choqué au plus haut point.
Je reprends de plus belle.
- C'est vous qui êtes ridicule.
Je repasses au vous, vu qu'apparemment tu es de bonne famille et que tu adores aborder cette règle stupide selon laquelle on vouvoie des inconnus !
Tu souris encore une fois. Cette fois tu sembles amusé par la situation. Je suis un peu sur les nerfs quand je te demandes :
- Qu'est ce qui vous fait sourire ?
Le serveur réapparaît devant nous, reverse un doigt de Whisky dans mon verre. Je le finis devant lui. Il en remet un autre, je lui fais signe de me laisser la bouteille.
Mon regard se repose sur toi.
Là tu sembles agacée.
Oui je bois énormément, l'alcool est un vieil ami, un des rares qui sache tout de moi.
Tu sembles soucieux, quand tu éloignes la bouteille de moi.
Ma vision se trouble quand je te dis :
- Pourquoi vous ne voulez pas juste, qu'on s'envoit en l'air ?
- Parce que vous n'êtes pas un object que je vais utiliser pour satisfaire mes besoins. C'est écœurant et ridicule comme manière de pensée. Mikaela vous êtes plus que ça.
Je me stoppe un instant, regarde ma bouteille de Whisky qu'il tient entre ses doigts bien loin de moi.
Je fronces mes sourcils, quand je finis mon troisième verre de la soirée. Cette fois il fait signe au barman de reprendre la bouteille.
- Je n'avais pas fini de boire.
- Croyez moi vous l'avez fait, trois fois en moins de d'une minute.
- Vous faites si bien semblant.
- Semblant ?
- T'en avoir quelque chose à foutre de moi.
Il semble si choqué.
Mais qu'est ce que j'ai dis ?
Hum... Oui juste la vérité.
- Mais arrêtez ! Enfin qu'est ce qui a bien pu vous arrivez dans la vie pour que vous sortirez des discours pareils ?
Je ne sais pas quoi lui dire, alors pour la première fois de la soirée je me tais. Sur un ton prévenant, apaisant il me dit :
- Est ce que je peux vous raccompagner ?
- ça dépend, pour faire quoi ?
Il sourit.
- Pour être sur que vous serez saine et sauve dans votre lit, ce soir.
- Dans mon lit ? Ce soir !
Cette fois il secoue sa tête de gauche à droite.
- Pas de cette manière Mikaela.
J'aime l'entendre dire mon nom, toute cette douceur, cette gentillesse en une seule personne c'est juste beaucoup trop vrai, pour être faux. Beaucoup trop réel pour être irréel. Beaucoup trop doux, pour que cela me soit destinée.
Je ne le mérites pas, je ne m'appartiens même pas. Je, je ... Je suis perdue. Que faire quand un homme ne veut pas de notre corps, que lui dire, que penser ? Comment agir ?
- Je suis moche c'est ça ?
J'ai l'air si perdue, quand cette peur m'échappe.
- Non ! Pas du tout, bien au contraire...
- Alors quoi ? Pourquoi vous ne voulez pas de moi ?
- Calmez vous s'il vous plaît. Vous êtes soule.
Il le murmure, par peur de m'effrayer encore plus ? Je suis déjà effrayée, je ne connais pas ce cas de figure, je ne sais pas quoi penser. Je suis perdue. Il le redemande :
- Mikaela, puis je vous raccompagner chez vous ?
- Et si je n'en aie plus envie ?
-Je vais appeler un taxi, vous partirez et vous n'allez plus jamais entendre parler de moi.
Mon cœur se serre l'alcool me rend honnête.
- Je n'aie pas envie de ne plus jamais entendre parler de vous.
- Bien alors je vous raccompagne.
Je sens des mains, entourer les miennes. Des mains si fortes qu'elles pourraient me briser en deux, si elles en avaient envie. Elles pourraient, me plaquer contre ce comptoir, je n'aurais pas la force de résister encore moins l'envie...
Il a des mains si puissantes, elles me relèvent, m'aident à garder un certain équilibre. Une carrure si athlétique qui pourrait m'écraser en un tour de main, une carrure si svelte, qui me traite avec tant de douceur.
Une douceur qui m'aie si inconnue que j'en prends peur, m'éloigne de lui, avance vers la sortie. L'attend devant la porte.
Je ne vais pas mentir, c'était une mauvaise idée de laisser mon pull dans ma voiture. Je meurs de froid, surtout depuis ce qui c'est produit en début de soirée.
Je passes la paume de ma main sur ma peau pour essayer de calmer le hérissement de mes poils, en pleine effervescence.
Contre ma volonté, mes yeux se ferment, mon âme se perd dans mes souvenirs, dans ces mots, dans le bruit du fouet, de la chaîne que l'on traine, des supplications que l'ont cri, un amour que l'on nie.
Ma souffrance est palpable, mon inquiétude est indéniable.
Mon souffle est coupée je fais bel et bien une crise d'anxiété.
Des mains viennent me sortir de mon cauchemar, une chaleur nouvelle, que l'on passe au dessus de mes épaules, me permettent de respirer, des mots que l'on me chuchotent me donnent envie d'ouvrir les yeux. Une phrase que j'arrive à discerner :
- Accepter mon pull.
Un mouvement de recul de ma part, des yeux gris perspicaces, un corps qui s'éloigne, le mien.
Des mains qui lui rendent son pull, des pieds qui avancent, loin de lui.
Trop de douceur, trop de gentillesse, on m'a déjà fait le coup une fois, je ne retomberais pas.
Pas dans ces travers, pas dans mes travers, la première dette est déjà bien assez lourde à rembourser.
L'amour n'est jamais sans condition.
Son pas aussi pressé que le mien, une main qui saisit la mienne, une phrase qui veut attirer mon attention :
- Vous avez froid, laissez moi vous aidez.
Je regarde le pull en tricot beige.
Mais comment ? Je lui demandes :
- Mais d'où il sort ?
Il ricane.
Bon sang, son sourire a toujours été aussi beau ?
- J'avais laisser mon pull à l'entrée. Et puis pourquoi vous me fuyez ?
Une ouverture, une chance encore de m'envoyer en l'air ?!
- Je ne fuis pas au contraire je veux être proche de vous... Voir en vous.
- Bon Dieu ! Mikaela.
On me le dit souvent oui, dans un autre contexte certes mais souvent, aussi.
- Vous êtes soule, on vient de se rencontrer pas besoin d'être un génie pour savoir que vous allez le regretter.
- C'est à moi d'en décider.
Il soupire. Je crois qu'il le gardait depuis longtemps celui là.
- Ecoutez, je ne vous connais pas, et vous non plus. Ce n'est pas correct et puis je peux être un malade mental qu'est ce que vous en savez ?
Faux ! Monsieur intense, j'en sais beaucoup sur toi, et ça je vais te le prouver. Malgré ces yeux gris qui persistent à analyser, à essayer de comprendre mon fonctionnement, mes envies profondes, mes peurs...
Je le regarde dans les yeux, je sais ce que je vais dire, et je sais pourquoi je vais le dire, alors j'ai pleinement confiance en moi, les mots sont ma manière de m'exprimer.
Alors écoutez mon cher monsieur, vous ne serez pas déçu :
- Vous n'êtes pas un tueur votre pantalon est trop fin pour contenir une arme, votre pull est sans poche intérieur donc pas de drogues, et votre comportement est trop beau, vous êtes peut-être un escroc mais un véritable escroc aurait profité de ma proposition, usé de ma fragilité, le travail doit être vite fait dans leur milieu après tout, et un pervers m'aurait fait des attouchements depuis le bar. Pas une seule seconde vous avez regardé mon décollette, vous m'avez regardé dans les yeux même quand moi je fixais l'ouverture de votre chemise. Alors p****n de merde ! Qu'est ce que vous me voulez ?
Les mots te manquent j'imagines.
Ceci explique pourquoi tu te répètes :
-Qu'est ce qui a bien pu vous arrivez dans la vie pour avoir ce genre de discours ?
- Je dis juste ce que je penses.
- Vous ne pensez pas Mikaela, vous subissez, vous agissez comme ci, il était impossible pour vous d'être vue d'une autre manière. Est ce si difficile que ça que de vous dire, que je ne suis pas ce genre d'homme ?
- Vous êtes tous pareils, certains juste plus cruels que d'autres.
C'est là à cet instant précis, qu'il ne peut s'empêcher de me montrer ce regard plein d'empathie.
Il est inquiet, il se pose mille questions, il ne s'est pas encore enfuit en courant, cet homme a vraiment un truc qui ne tourne pas rond.
Je veux dire, Il ne couche pas avec moi au premier soir, alors qu'il en a la possibilité, il ne s'enfuit pas en courant, alors que je suis en train de péter une durite.
Bien au contraire, il est là il m'écoute, on ne se connait pas mais il semble soucieux. C'est quoi ces conneries !
Consciente de ma défaite face à tant de douceur, je soupire et accepte son stupide pull.
On avance dans le silence.
Il se stoppe un instant et regarde une fontaine s'illuminer, il semble si fasciné par ce spectacle, émerveillé tel un enfant.
Une aura si pure, si sainte semble émaner de lui. Une chaleur si pure, si sainte semble réchauffer mon cœur, cet homme, c'est l'homme parfait.
Comme s'il avait lu dans mes pensées, son regard se pose sur moi, cette fascination, ne la quitte pas ... Au contraire, elle s'intensifie.
Ce regard il m'effraie, cette douceur, cette gentillesse, cette humanité avec laquelle il me regarde. Je ne sais plus ce que c'est, on me l'on enlevé, il me l'a enlevé.
Comment peux t'il me regarder comme si j'étais un être libre, son égal ? Voir même un être qui le dépasse, comme s'il avait vu une divinité, une œuvre d'art...
Ma gorge est sèche, alors j'avales ma salive. Ma respiration devient si lourde à porter, c'est un fardeau, que seule je dois assumer, la dureté de ces traits, la douceur de son regard. Des facteurs qui influencent sur les battements de mon cœur. p****n toi, je te veux !
J'expire toute cette tension qui s'est emparée de moi, le temps d'un si court instant. Je ne sais pas quoi penser ou même dire, alors il le dit à ma place :
- C'est maintenant que je remarque à quel point vous êtes magnifique. Les reflets de la fontaine sur votre peau, c'est vraiment ... beau.
Je cherche mes mots. Mais les seuls mots qui me viennent à l'esprit sont évidement, ceux qui compensent cette pensée qui me tourmente depuis quelques instants :
- Vous n'êtes pas réels.
Un froncement de sourcils, plus une interrogation, qu'un agacement :
- Je ne suis pas réel ?
- Il n'y a pas d'autres explications logiques, vous êtes trop parfait.
Un rire qui lui échappe. Un rire qui me rend amoureuse, enfin je penses je ne sais même pas ce que ça fait de tomber amoureuse.
Mais je sais une chose : lui...je le veux !
- Il y'en a peut être une plus simple. Voyez vous, j'ai rencontré une femme magnifique dans un bar, je cherche à apprendre à la connaître mais tout ce qu'elle veut c'est que je sois son plan pour la nuit. Je me sens offensé, elle ne veut pas apprendre à me connaître, ou bien elle n'a jamais appris à apprendre à connaître.
Dans un silence tacite, Il attend ma réponse.
-Disons que je ...
Je n'arrive pas à finir ma phrase
- Vous n'avez pas besoin de jouer un rôle. Mikaela, est ce que vous voulez bien juste jouer le jeu ? Est ce que vous me permettez de vous apprendre à apprendre à me connaître et en retour...
Je finis sa phrase
-Vous apprendrez à me connaître ?
Un sourire apparaît. Beau, dur, si bien taillé, il est si beau que j'ai du mal à le regarder.
J'aurais adorer continuer cette discussion, mais en face de cette fontaine se trouve mon immeuble. C'est la fin du manège.
Je lui dis souriante.
-Est-ce que mon beau chevalier blanc veut bien m'escorter jusqu'à mon étage ou bien il a peur que le dragon ne le dévore.
Un sourire partagé, quand il me répond :
-Le seul dragon dont j'ai peur très chère, c'est vous, dormez bien ma chère Mikaela.
Une étreinte, non pour me rassurer, non pour me torturer, juste une étreinte, une autre chose qui m'est inconnue.
Une entraine, faite par des bras si bien taillés. Une étreinte qui me permet d'être si proche de lui, de son corps...
Mon cœur s'emballe quand j'hume cette odeur, ce parfum d'Armani.
J'encre son odeur dans ma mémoire, me délecte de la chaleur et de la douceur de sa peau, quand il veut se détacher de moi, je m'agrippe à sa chemise, j'enfonce ma tête dans le creux de son épaule mon corps le supplie presque de ne pas m'abandonner, et je me surprends à prendre une grande inspiration contre son torse.
Je me bats contre moi même pour ne pas le supplier de ne pas me laisser ici... seule.
Sans lui si loin de lui.
Des bras si faibles, qui n'arrivent pas à le retenir, près de moi. Un corps si souple, qui arrive à se détacher de moi. Il s'en va.
Mon regard cri reste ! Mon corps dit enlace moi... Mon cœur cette fois se déchire quand il me dit :
-Je dois y aller.
La force, les mots, le courage, tout me manquent pour arriver à lui dire que je ne veux pas qu'ils partent, ou au moins qu'il m'amène avec lui, loin de tout, loin de lui.
Qu'il me prenne et que nous allions loin d'ici. Mon rêve, mon salut, je le veux !
Et je le veux : avec lui !
Maintenant dans mes bras!
Entre mes jambes...
Où vas t-il ?
Pourquoi il semble si loin de moi ?!
Son corps, cette chaleur, elle me manque.
Je suffoque sans lui, mon souffle est si court, mon corps est si frêle.
Mon âme, ma souffrance, ma vie tout me semble si vide de sens.
Je fermes les yeux, quand sa chance joue en ma défaveur. Il a trouvé un taxi. Il a levé sa main pour l'arrêter. Il s'en va !
Et je ne connais même pas son nom...
Soudain ! Une main m'enlace, une bouche qui force l'accès, un souffle qui me redonne vie.
Mes yeux s'ouvrent, puis se referment. Ils ont vu ce qu'ils avaient besoin de voir. Lui.
C'est lui qui est en train de m'embrasser.
Cette langue, cette douceur, cette envie. Cette voracité qui nous lie l'un à autre par un geste si intime, un geste qui me semblait si inespérée.
Sa peau contre la mienne, la chaleur espanique de cet homme qui réchauffe, la femme que je suis.
La passion contrôlée de ces lèvres contre les miennes, la galanterie volontaire de sa main qui se promène sur ma joue.
Cette pensée éphémère qui se promène dans mon cerveau, et qui me permet d'espérer un rapprochement peut être plus intime que ce dernier...
C'est alors que cette pensée commune qui semble nous avoir traverser l'esprit provoque l'éloignement de son corps du mien.
Le plus beau sourire, le plus frais, le plus éblouissant, est bien celui que je lui serres à la seconde où nos regards se croisent.
Mais mes yeux n'aiment pas ce qu'il voient. Monsieur intense se sent coupable, il a cédé face à la tentation.
Une seule manière de lui faire comprendre que j'ai adoré ce geste, marcher lentement vers lui, me mettre sur la pointe des pieds pour arriver à déposer un b****r cette fois furtif sur ces lèvres.
Mais pincer mes lèvres, juste après la fin de ce b****r, pour mieux ressentir le goût de ses lèvres. Était je l'avoue, pas vraiment nécessaire.
Le taxi klaxonne, à plusieurs reprises comme Cendrillon et les trois sonnettes de la cloche, c'est ici que s'achève mon conte de fée.
Enfin presque...
Une main le long de ma hanche, l'autre sur ma joue, il m'embrasse une dernière fois, avant de se retourner.
On dit que partir c'est mourir un peu... Cet homme ne m'a pas tué un peu, il a littéralement arraché mon cœur et est parti avec.
Je ne sais pas ce que c'est que l'amour, mais si ça doit ressembler à ça. Je ne sais pas si j'aurais le courage de l'affronter.... C'était beaucoup trop intense, j'ai besoin de respirer.