XXXII MMM. à VilhemNous sommes deux insensés, moi surtout qui ait cru que cet amour serait une distraction dans ma vie, il est devenu ma vie tout entière ; mais, mon ami, ayez pitié de moi, vos lettres me font trop de mal. Une feuille périodique qu’un hasard a fait tomber dans mes mains, car je n’en lis jamais, m’apprend qu’on va jouer au Havre une pièce de vous représentée à Paris il y a quelques années ; j’assisterai à la représentation : que mon cœur battra doucement de votre triomphe, que je serai frère et heureuse ! Cher Vilhem, vous serez au théâtre, nous ne nous verrons pas, mais nous saurons que nous sommes dans la même enceinte ; les applaudissements vous réchaufferont le cœur en pensant que je les entendrai, et ce jour-là vous aimerez la gloire.

