Tout à coup, des bruits émanant des buissons atteignent les oreilles de Raphaël. La sensation d’être observer se fait sentir. Le sentiment d'insécurité s'accentue et les soupçons de Raphaël se confirment lorsque, tel des fantômes, quatre ombres surgissent de derrière les buissons.
—Quoi ? s’écrit il.
L'une d'elles l’attrape par le bras.
—Qu’est-ce que vous me voulez ?
Aucune réponse. Une autre ombre essaie de s'emparer de lui mais, le jeune homme ne se laisse pas faire. Pour lui, la situation est claire : cet monsieur Thomas est un danger.
« Il veut m'utiliser pour je ne sais quoi. » pense t-il.
Il envoie un coup de poing vers ce qui semble être le visage de l'un de ses agresseurs. Mais, c'est sans compter qu'ils sont armés et Raphaël reçoit un coup de couteau sur la tempe. La douleur est vive. Cependant, il n'en tient pas compte car, le plus important à ses yeux à ce moment précis est de leur échapper.
Il envoie un coup de poing vers ce qui semble être le visage de l'un de ses agresseurs. Mais, c'est sans compter qu'ils sont armés et Raphaël reçoit un coup de couteau sur la tempe. La douleur est vive. Cependant, il n'en tient pas compte car, le plus important à ses yeux à ce moment précis est de leur échapper.
Un autre coup de poing s'abat sur une ombre. On entend alors le bruit mat d'un corps tombant au sol.
« Un de moins. »
Malgré son apparence svelte, Raphaël dispose d'une bonne condition physique et d'une force que lui ont valu les travaux champêtres et les pratiques sportives. Ainsi, étant ceinture noire de karaté, il ne lui a pas fallu longtemps pour mettre les quatre assaillants à terre.
Mr Thomas a observé la scène. Dégouté, il ne s’était pas attendu à voir ces hommes qui se vantaient d’être très forts se fasse si facilement battre par ce gringalet. Alors, décide t-il de passer à l'action.
« Après tout, on n'est mieux servi que par soi-même. » pense t-il.
Essoufflé et le cœur battant, Raphaël décide de quitter au plus vite les lieux. Toutefois, un coup donné à sa nuque le fait vaciller. Alors, l'histoire de sa vie se met à défiler sous ses yeux. La perspective d'une mort imminente lui fait réaliser ses torts et ses actes manqués. C'est avec des regrets dans le cœur qu’il sombre dans un profond sommeil.
Ce sont des bruits de conversation qui réveillent le jeune homme. Allongé à même le sol, pieds et poings liés, il ouvre lentement les yeux. Son regard se ballade dans la pièce qui malheureusement pour lui, est plongée dans l'obscurité, ce qui fait qu'il ne distingue pas les éléments autour de lui. Malgré la mal de tête et le vertige, Raphaël essaie de se lever. Péniblement, il se redresse, se glisse vers l'origine des voies et tend l'oreille. La discussion se déroulant en fin, il n'a pas de mal à comprendre ce que les personnes se disent de l’autre côté.
—Ce garçon n'est pas compatible, je te dis, entend t-il de derrière la porte à laquelle il est adossé.
Cette voix, est celle d'un homme qui lui est totalement inconnu.
—Quoi ? Incompatible ? Sais tu comment j'ai fait pour l'amener ? Et tu me dis que les efforts ont été vains ?
Cette fois-ci, c'est Mr Thomas qui parle.
—Ce garçon a une scarification sur la tempe. Il n'est plus utilisable.
—Quoi ? Tu te fous de moi, c'est ça ? Ce n'est pas une scarification. Il s'agit juste d'une entaille.
Thomas a du mal à comprendre ce qu'il se passe. Depuis toutes ces années qu'il offre un sacrifice, jamais il ne lui a mis en garde en ce qui concerne les personnes ayant des entailles sur le visage. Le vieillard ne lui a jamais interdit de lui ramener ces genres de personnes.
—Tu ne m'as pas averti de cela avant que je n'y aille. Pourquoi ?
—Ahohó. Je m'en fiche. Trouve moi quelqu'un d'autre ou c'est toi qui prendras sa place.
L'autre a parlé avec un air détaché qui marque le fait qu'il se soucie peu du sort de son interlocuteur.
—Espèce de… commence Mr Thomas.
L'autre le coupe instantanément.
—Tu veux ton argent ou pas ? Trouve moi quelqu’un d'autre d'ici une heure. Sinon…
—Et qu'est-ce que je fais de lui ?
—Renvoies le là où tu l'as trouvé.
—Mais…
—Tu ne dois pas le tuer. Ce garçon est protégé. Si tu essaies quoi que ce soit, c'est toi qui mourras à sa place. Tchin ! Il possède un esprit très puissant.
—Et s'il raconte tout ?
—Ça, c'est ton affaire, pas le mien. Allée ! Vas t'en et reviens avec un meilleur gibier.
Mr Thomas est en colère. Il a payé des gaillards assez chèrement pour cette opération. Il a pris des risques et espérait être récompensé le soir même.
—A présent, il lui faut tout refaire, grogne t-il. C'est quoi encore ça ?
La conversation s’arrête sur cette manifestation de mécontentement.
Raphaël avale difficilement sa salive. Une part de lui est soulagée de ne pas servir de dîner à un quelconque esprit venu des enfers et pressée de retourner chez lui. D'un autre côté, il a envie de rester pour se venger de cet homme qui n'a eu aucun scrupule à le tromper. Alors, il essaie de dénouer ses liens mais, sans succès. Ceux qui l'ont attaché ont pris toutes les mesures nécessaires pour qu'il 'e puisse pas s’échapper.
Quand la porte grince derrière lui, le jeune homme se rallonge aussitôt, feignant d’être toujours dans les vapes. Des bruits de pas résonnent dans la pièce. Soudain, quatre bras viennent le saisir par les pieds et par les mains. Son corps est soulevé puis transporté. Il est d'abord détaché à moitié, les liens n’étant plus qu’à ses poignets et ses chevilles.
L'aube pointe déjà le bout de son nez. Profitant de l'obscurité apparente, Raphaël ouvre à moitié les yeux, ne serait ce que pour distinguer un trait particulier à l'un de ses agresseurs. C'est alors qu'il remarque que celui qui l'a pris par les pieds porte des chaussures dont les bouts des lacets sont faits de pièces d'argent qui s'entrechoquent à chacun de ses mouvements. Ce détail, il l'avait remarqué quand ces hommes s’étaient mis à l'attaquer. Le bruit était faible et il n'y avait pas fait attention.
—Patron, dit l'un d'eux essoufflé. Est-ce qu'on doit le buter ?
—Non, imbécile. Vous allez juste le jeter quelque part. En tout cas, loin d'ici.
Raphaël est transporté durant cinq minutes puis, il entend le bruit d'une portière. Puis, il se voit jeté dans le coffre fort de l'auto. Il a dû serrer des dents et prendre sur lui pour ne pas gémir de douleur. Quand la cloison se referme et que la voiture se met en marche, Raphaël en profite pour forcer l’ouverture mais rien n'y fait.
« p****n ! » jure t-il.
Le trajet se déroule depuis plus de dix minutes. A part les ravisseurs, le prisonnier ne sait pas quand le conducteur s’arrêtera. Raphaël en profite pour réfléchir à la situation. Plusieurs questions se bousculent dans sa tête, surtout celles concernant les propos de l'autre homme qui discutait avec Mr Thomas. L'homme avait dit qu'il était protégé par un esprit puissant. Il se souvient que son père lui avait expliqué la même chose lorsqu'il était plus jeune.
A cette époque, suite à des cauchemars successifs, il avait fait part de sa peur à son père. Ce dernier lui avait fait prendre une douche de tisanes. Ensuite, il avait bu une décoction dans laquelle se trouvaient des graines dont il ne connaissait pas l'origine.
« A présent, tu es protégé. Rien ne t'arriveras tant que tu respecteras la vie humaine. »
Raphaël a toujours cru à tout ce qui concerne les pratiques et rites traditionnels. Cette croyance s'est renforcée quand il se rend compte de ce qui vient de lui arriver.
« Mais, et Isaac ? » se demande t-il.
Jusqu’à présent, il ne s’était pas posé la question de l'implication de son meilleur ami dans ce guet à pan.
« Qu'est-ce que je vais faire quand je vais le retrouver ? » se demande t-il.
Pendant ce temps, la voiture continue son avancée.