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Traditions populaires de la Haute-Saône et du Jura

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Extrait : "La vigne de la Motte est sur la montagne de ce nom, à Vesoul. C'est une grande et belle vigne que le roi avait promis de donner aux gens qui, après un an de mariage, ne se seraient jamais repentis de s'être mariés. Il y a de ceci bien, bien longtemps et personne n'a encore pu obtenir la vigne."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :

• Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.

• Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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Préface
Préface « La vieille Séquanie est peut-être le pays le plus gaulois de France par la conservation de ses traditions. » (HENRI MARTIN.) On pourrait croire que la Haute-Saône est bien moins pourvu que le Doubs et le Jura en fait de traditions populaires. La vérité est peut-être qu’elles y ont été jusqu’à ce jour moins cherchées que dans le Jura et dans le Doubs. N’avons-nous pas, en effet, à Autrey, la célèbre et émouvante histoire de Gabrielle de Vergy qui, avant d’épouser le sire de Fayel, avait aimé Raoul de Coucy, ce noble ménestrel à la fière devise : « Je ne suis roy, ne duc, prince, ne conte aussi, Je suis le sire de Coucy. » Raoul, malheureux, chercha d’abord quelque soulagement à sa peine en composant des chansons naïves en l’honneur de Gabrielle ; mais bientôt, le désespoir dans l’âme, il partit pour la guerre sainte ; et là-bas, en Palestine, il chantait encore d’une voix dolente : « En périlleuse aventure, M’avez, amors, atorné, Quand pour vous n’a de moi cure Celle à qui m’avez donné ! » Mais aux jours de bataille, il reprenait toute son ardeur. Depuis deux ans, il semblait en vain braver le sort des combats, quand un jour un trait fatal traverse sa cuirasse et le blesse mortellement. « Lorsque mon cœur aura cessé de battre, dit-il à son écuyer, tu le prendras dans ma poitrine et tu le porteras à Gabrielle. » Après la mort de son maître, le fidèle écuyer plaça le cœur de Raoul dans un écrin précieux, puis s’embarqua pour la France. Il arriva près d’Autrey, aux portes du vieux manoir des Vergy. Le sire de Fayel, qui revenait de la chasse avec ses veneurs, demande à l’écuyer ce qu’il porte dans sa cassette. « Cet écrin dit l’écuyer, renferme le cœur d’un poète et d’un preux chevalier, de mon maître, le sire de Coucy. « Quand mon cœur aura cessé de battre, m’a-t-il dit, prends-le dans ma poitrine et le porte à celle que j’aimais, à la dame de Fayel. » – « Je connais cette dame, reprit vivement le comte, en arrachant l’écrin au loyal messager : je te décharge de ta mission. » À peine arrivé dans son manoir, Fayel fait préparer un mets avec le cœur de Raoul et le fait manger à Gabrielle. Mais à peine elle a mangé que des ruisseaux de larmes coulent de ses yeux. Fayel, alors, lui dit d’un ton railleur : « Le cœur de la colombe a la vertu de rendre triste et de faire pleurer ; mais il paraît, Madame, que le cœur de la colombe n’est rien au prix de celui-ci. Vous venez de manger le cœur du chevalier amoureux et poète qui a chanté vos attraits. » – « Raoul ! s’écrie-t-elle, oh ! infamie ! Je restais étrangère à Raoul vivant ; mais voilà que je sens mon âme se rouvrir au chant du ménestrel ; je lui jure dès ce moment un éternel amour, et jamais aucune autre nourriture n’ira souiller dans mon sein le cœur de Raoul de Coucy. » À quelques jours de là, Gabrielle mourut moins de faim que d’amour. N’avons-nous pas encore, à Champlitte, la tradition de son château défendu par une vaillante femme, en souvenir de laquelle la porte Nord-Est du manoir reçut et garda le nom de Porte Claudine ? Au château d’Oiselay, n’est-ce pas encore une femme que la tradition nous montre sur la brèche, arrachant une hallebarde aux mains d’un officier ennemi, le tuant et taillant en pièces des soldats étonnés de rencontrer dans une femme un tel héroïsme ? Après la chronique chevaleresque de Jeanne d’Oiselay, nous trouverons à Ray, ou peut-être à Beaujeu, l’histoire populaire de cette jeune châtelaine qui, attaquée dans son manoir par des prétendants indignes de son cœur et de sa main, se précipita du haut d’une tour, laquelle, en mémoire de sa mort tragique, retint le nom de Tour de Rose ou de Tour d’Amour. À Colombin, près de la source de la Charsenne, nous recueillerons de la bouche du peuple une précieuse tradition qui, venant heureusement suppléer à l’insuffisance de textes historiques, nous révélera, en ce lieu, le passage de Jules César et y fixera la place d’une grande bataille. Autrefois, la Charsenne avait un autre nom. On l’appelait Senne, et alors ce mot voulait dire de l’eau. Or, Jules César ayant remporté une grande victoire à Colombin, la terre fut trempée de sang jusqu’aux conduits souterrains de la source. Lorsque le général, mourant de soif, y accourut pour boire, le sang l’avait devancé. – Ô Senne, pour cent lieues de pays dont tu seras reine, une goutte d’eau pure ! Mais la Senne continuait à vomir du sang. – Pour mon empire, qui s’étend aussi loin que le cours des fleuves et sur les îles de la mer, une goutte d’eau pure ! La Senne vomissait toujours du sang. – Pour mon nom, ô Senne… que la victoire m’aura coûté cher ! – Je retiens ce mot, dit la Senne, je retiens ce mot qui fera durer le souvenir de ta visite. Va, tu ne me reverras plus ! Et depuis ce temps ; la Senne a pris le nom de Chère-Senne. C’était au temps de nos ancêtres les Gaulois. Maintenant, les arbres ne veulent plus croître sur Colombin, et les bruyères qui y poussent sont encore marquées de sang . » N’avons-nous pas aussi, à Vesoul, la tradition de cette montagne aiguë qu’un druide appela le Tombeau du Soleil ; celle de cette vigne fameuse que le roi avait promis de donner aux gens qui, après un an de mariage, ne se seraient jamais repentis de s’être mariés, et qui, depuis, dit-on, n’a pu être encore obtenue par personne ; et celle de ce Débordement miraculeux du Frais-Puits qui, en 1557, obligea fortuitement le baron allemand Polviler à lever le siège de Vesoul, en abandonnant aux Vésuliens : échelles, artillerie, tambours et bagages, « voir, chose incrédible entre les Allemands, dit Gollut, les bouteilles et les barils remplis de vins ! » À Chariez, on pourra nous rappeler l’histoire de la Pierre Tournole ; à Montaigu, on nous entretiendra des apparitions de la Dame blanche du château ; à Rupt, Ch. Nodier nous scandaliserait peut-être un peu lui-même, en nous contant les amours de la Dame verte et du Moine rouge ; mais à Chauvirez, le sort de l’infortunée Béatrix nous arrachera certainement des larmes de pitié. À Faucogney, enfin, nous voudrons savoir ce que l’on dit encore de ces Douze Fées des Vosges, qui ont leur mystérieuse demeure sur le plateau de la montagne nommé la Planche aux Belles Filles. Nous voudrons savoir surtout si la Planche aux Belles Filles ne nous a pas été ravie naguère pour être comprise dans les territoires annexés à la Prusse ; et notre cœur battra d’aise encore quand nous saurons que, malgré nos malheurs, les Belles Filles sont restées Françaises ! CH. THURIET Région de Vesoul

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