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Légende d’Étienne de Montarlot
(Rioz)
Non loin de Montarlot-les-Boult, il existe un hameau qui fait partie du territoire actuel de Fondremand, et que l’on nomme l’Abbayotte. Un couvent de Bernardines avait été fondé en ce lieu au XIIe siècle, et il subsistait encore au commencement du XVIe, avec une abbesse et neuf religieuses. On n’en trouve aucune mention depuis ce temps. Les biens de cette abbaye supprimée ont été en grande partie réunis à ceux de l’abbaye de Clairvaux. Ce qu’on nomme aujourd’hui l’Abbayotte, (petite abbaye) on l’appelait en latin mostelletum (petit monastère). Dans un titre de 1304, les religieuses de l’Abbayotte sont appelées moniales de Mostelleto. On a dit ensuite mostello, et par corruption Montarlot. Il y a des ruines de chapelles sur plusieurs points du territoire de Montarlot. Voici la légende locale qui se rapporte à l’origine de tous ces édicules religieux.
Messire Étienne de Montarlot, seigneur du lieu en 1535, était allé à la chasse un Vendredi saint. Il n’avait rien tué ce jour-là. En revenant il aperçoit un oiseau perché sur une croix. Il tire, et la charge atteint, non l’oiseau, mais le christ attaché à cette croix et le sang jaillit aussitôt. Tout contrit de la profanation qu’il vient de commettre, il se rend au couvent de l’Abbayotte où il raconte le fait. On lui conseille d’aller chercher à Rome le pardon de sa grave irrévérence. La légende ajoute qu’il fut condamné par le pape à faire construire quatorze chapelles, en mémoire des stations de N.-S. pendant sa passion. De là, les chapelles dont on voit les ruines aux lieux dits Jardin des Olives, Mont Calvaire, etc.