23 - La sorcière de Calmoutier

447 Words
23 La sorcière de Calmoutier (Noroy) Claudine Richardey, veuve d’Antoine Perrin, poursuivie devant la justice du chapitre de Calmoutier, a rendu compte comme on va le voir, le 4 septembre 1629, des circonstances de sa séduction. « Quelques années après la guerre de Tremblecourt (1695), plusieurs compagnies courant par ce pays, logeant ordinairement audit Calmoutier, elle fut contrainte de s’en aller à Vesoul acheter des vivres pour lesdits soldats. Étant à l’endroit de Dampvalley, et revenant de Vesoul, elle rencontra un gros chien noir qui l’arrêtant et parlant d’une voix humaine, lui dit que si elle voulait se bailler à lui, il lui donnerait de l’argent, et il lui donna une grosse poignée qui lui sembla être de l’argent, mais ce n’étaient que des feuilles, ainsi qu’elle le reconnut après. Ensuite de quoi elle se donna à lui, et, à son importunité, renonça à Dieu, chrême et baptême et, depuis, a été une infinité de fois au sabbat. Le diable qui l’avait séduite se nommait Piercy… Bien est vrai, ajouta-t-elle que la semaine avant l’Ascension, un mercredi au soir, elle s’en alla avec les chariots de Villemainfroy, (canton de Saulx) qui menaient des lavons (planches) au marché de Vesoul. Étant à l’endroit des Planches Voillard, (finage de Montuey, canton de Vesoul), elle entendit un bruit, accourut et vit un gros gerepeillot (assemblée de gens) qui dansaient à reculons : c’étaient des sorciers qui étaient au sabbat. Il y avait une table et des chandelles bleues. Il y avait aussi plusieurs hommes ou diables vêtus de noir, qui ne l’approchèrent pas parce qu’elle fit le signe de la croix de sa langue. Trois semaines après, revenant de Dampvalley à Calmoutier, elle entendit encore un même bruit près du poirier, entre les deux finages. Elle accourut encore et vit une danse qui se faisait au son d’un tambour et d’une flûte… Le tambour à main était joué par un homme borgne. Elle dit que la danse finie, on mangea et fit toutes les autres cérémonies du sabbat. Le Diable qui présidait et auquel on vint rendre l’hommage accoutumé, était plus gros que les autres. On l’appelait Monsieur. Il avait à ses côtés deux dames jeunes, fort belles et bien habillées, qui n’étaient pas des diablesses. Le Diable distribua de la poussière qu’il recommanda de jeter sur les biens de la terre pour les faire perdre. Elle avoua en avoir reçu et jeté dans son jardin, où il ne crût plus rien de bon. Interrogée si, étant au sabbat, elle avait fait elle-même les choses qu’elle en racontait, elle pleura, baissa la tête, montra plusieurs signes de contrition et répondit affirmativement en demandant pardon et merci à Dieu. Claudine Richardey fut condamnée en conséquence le 24 octobre 1629 à être étranglée puis brûlée près du gibet de Montaigu, commune de Colombier, canton de Noroy, ce qui fut immédiatement exécuté.
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