XXVILundi 22 avril, Nous sommes invités à déjeuner chez le vizir de la guerre, Si-Mohammed-ben-el-Arbi. Il a plu à torrents toute la nuit. Il pleut encore sur notre défilé pénible, à cheval, raclant les murs avec nos genoux dans les ruelles étroites et bousculant contre les portes les passants encapuchonnés de laine grise. Dans les mille détours du labyrinthe, qui a repris son air le plus piteux des jours de pluie, nous marchons une demi-heure, escortés de soldats et obligés parfois de nous courber complètement sur le cou de nos chevaux, dans l’obscurité des voûtes trop basses. De nouveau, nous faisons jaillir autour de nous cette boue gluante et fétide, qui se reforme tout de suite à Fez, dès qu’une averse est tombée. Nous mettons pied à terre au milieu d’une mare, devant une misérable

