XXVSamedi 20 avril. On s’est battu, cette nuit, au camp du sultan (qui commence à se former sous les murs de la ville pour l’expédition prochaine). Il s’agissait d’une mule que deux escadrons se disputaient. De minuit à une heure du matin on s’est tiré des coups de fusil ; il y a eu une vingtaine de blessés et quatre morts, que nous avons vu emporter en tas sur une civière. Le temps splendide, la fête de lumière continuent. Le ciel est d’un bleu d’indigo pur, et la chaleur augmente. Aux puanteurs de la ville se mêlent des parfums suaves, des bouffées de fleurs d’oranger venues des jardins. Je m’habitue à ma petite maison, qui ne me paraît plus du tout sinistre. Dans la partie que j’habite, j’ai fait laver toutes les mosaïques et passer de la chaux blanche aux murs. (Dans des recoins j’ai

