Au moment où nous nous éloignons pour partir, un groupe de lavandières noires, ayant de grands anneaux d’argent dans les oreilles, sortent du palais avec des paquets de linge sur la tête : les chemises des belles dames invisibles, qu’elles se mettent à laver nonchalamment dans le lac, en chantant des chansons de leur pays… Je ne sais combien d’enceintes il nous faut franchir pour nous en aller, combien de portes ; ni combien de détours il nous faut faire, entre d’énormes remparts calcinés de soleil où poussent des cactus. Il se trouve que nous allons précisément sortir par la merveilleuse porte en mosaïques de Mouley-Ismaïl, admirée ce matin. Nous passons sous son ogive, dans son ombre, entre ses piliers de marbre, et nous voici dehors, au grand soleil, sur la place centrale de la ville.

