XXXV1er mai. – Mercredi matin. On a tiré des coups de fusil toute la nuit, autour de notre camp, à nos oreilles. Et c’étaient nos veilleurs, très inquiets, très agités. On les entendait se dire entre eux : « C’est un voleur ! – Non, c’est un chacal ! » Et ils discutaient les formes de ce qu’ils avaient cru voir approcher dans l’obscurité : « Des hommes, je te dis, mais qui marchaient à quatre pattes, tout baissés, tout baissés… » ***Quatre heures et demie du matin, au petit jour pâle, ils nous réveillent, suivant la consigne, pour lever le camp et partir : avant la nuit, nous désirons être sortis de chez les Beni-Hassem, avoir franchi le grand fleuve. En s’éveillant ainsi dans sa maisonnette de toile – qui est toujours pareille, où les nattes et les tapis sont toujours disposés de la mê

