Le Hurlement de La Guerre

1431 Words
Voix de Cairo : Le froid ici ne vient pas des murs de pierre...mais du vide dans ses yeux. Ce silence entre nous résonne plus fort que tous les cris du monde. Je fais face à Jake. Un inconnu. Un traître. Un pion dans un jeu dont j'ignore encore les règles. Ses poignets saignent contre les chaînes d'argent- même les plus endurcis ne résistent pas à la brûlure du métal noble. Mon approche est lente, calculée. Nos regards s'accrochent. Pas besoin de mots.L'odeur de sa peur suffit. « Qu'est-ce qui te relie à moi, Jake ? » Ma voix n'est qu'un souffle coupant,la pointe d'un poignard invisible contre sa carotide. « Tu as porté tes mains sur ceux que j'aime. » L'argent chauffé à blanc siffle contre sa chair. L'odeur âcre de la peau brûlée envahit la pièce. Ses hurlements résonnent contre les murs humides. « Où est Nova ? » Le craquement de sa chaise contre le sol pierreux. Mon pied sur son épaule - une pression méthodique, implacable. « Sais-tu ce qui dépasse la trahison ? » Mes lèvres effleurent son oreille en sueur. « S'en prendre à ce qui reste d'humanité en moi. » Dans ses pupilles dilatées, je vois la fracture. Il vacille au bord de l'aveu. « Nova n'est pas juste une louve... », je murmure, la gorge serrée. « C'est le dernier pont entre moi et l'humanité. » Le rire de Jake, teinté de folie, résonne comme un glas : « Alors tu.... ignores..... qu'elle... est Noura ? Tu t'es.... attaché.... à son pelage..... Caïro... sans..... voir la femme derrière .......ahhhh les crocs ? » Je me redresse d'un coup. « Tes jeux sémantiques ne t'épargneront pas. Parle. Avant que la bête en moi ne prenne le relais. » L'effondrement. Ses lèvres tremblent,des mots en lambeaux s'échappent : « Une propriété... près du vieux tunnel... » Je connais ces ruines. Un piège parfait. Mais son regard fuyant trahit une autre vérité. « Qui tire tes ficelles, Jake ? » « Je... ne peux pas... » Sa respiration se brise. « Ils me tueront. » Je le soulève par son col maculé de sang. « Et moi, je te promets quoi ? Une mort rapide ? » Le grondement de l'Alpha nous interrompt. Sa simple présence fait trembler les verres sur la table. « Assez, Caïro. Nous avons l'essentiel. Sauvons d'abord Nova. Ses os parleront plus tard. » Je relâche Jake. Son corps s'écroule comme une marionnette désarticulée. Mais mon cœur ne connaît aucun apaisement. Cette révélation...Noura... Ce n'est qu'un prélude. L'architecte de cette tragédie ? Je lui arracherai le cœur avec mes dents s'il le faut. Le sol tremble sous mes pas. Pas à cause de la peur — Mais de la rage contenue. Du besoin de la retrouver, elle. Nova. Noura. Peu importe le nom. Ce qu’ils lui font… c’est *à moi* qu’ils le font. *** Dans la salle du conseil de la Meute, les murs suintent de tension. George cale un chargeur, les doigts crispés. Elias vérifie une carte sur la table, ses yeux acérés comme une lame. L’Alpha, lui, reste immobile, mais sa simple présence dégage une puissance animale — comme si la guerre elle-même attendait son signal. « On entre par le flanc est, » dit Elias. Sa voix est neutre, mais son regard croise le mien avec une franchise qui m’agace. « Pas de mouvement brusque, pas de bruit. Ce n’est pas un champ de bataille. C’est une extraction. » Je grogne. « Pour toi peut-être. Moi, j’arrive avec l’enfer dans les veines. » George ricane. « On dirait que l’amour de Nova t’a humanisé, Caïro. » Je l’ignore. Pas de place pour l’humour. Pas ce soir. L’Alpha dépose un plan sur la table. Sa voix est grave, tranchante comme une promesse. « Le lieu où ils retiennent Noura est territoire d’une meute de loups errants, des hors-la-loi. Ils ont fait de cet endroit leur sanctuaire, leur territoire sacré. Ce ne sera pas une simple opération, mais une guerre dans leur antre. » J’enfile ma veste. Chaque couture est un rappel de qui je suis. Chef. Tueur. Et maintenant… sauveur. Je lève les yeux. « On la ramène. Quoi qu’il en coûte. » L’Alpha me fixe. « Et si elle n’est plus… elle-même ? » Un silence glacé. Puis je réponds, bas : « Alors je brûlerai le monde entier. Jusqu’à ce qu’elle s’en souvienne. » Elias s’arme. George vérifie les explosifs. Le vent dehors hurle comme une bête blessée. il commence à neiger. Et nous… Nous partons chasser les ombres. Le temps s'est suspendu. Mon souffle reste coincé dans ma gorge, mes pupilles dilatées captant chaque détail de cette scène qui défie les lois du possible. L'Alpha lève sa main - un geste simple, presque banal - et l'air autour de nous se charge soudain d'électricité. Je sens l'ozone crépiter sur ma peau avant même que la transformation ne commence. Les guerriers se tordent, leurs silhouettes humaines se désagrégeant dans une danse macabre de tendons et d'os qui craquent. Leurs peurs se déchirent comme du vieux parchemin, laissant émerger une vérité bien plus ancienne que la civilisation. Des loups. Pas ces créatures des contes pour enfants, mais des bêtes de cauchemar, chacune assez grande pour arracher la tête d'un homme d'un seul mouvement de mâchoire. Leurs pelages ne sont pas unis - certains portent les stries argentées de cicatrices anciennes, d'autres des marques tribales qui brillent d'une étrange phosphorescence. Leurs yeux... Mon Dieu, leurs yeux. Des miroirs sans âme où dansent des reflets d'ambre, de sang et d'or. Quand le hurlement monte, il commence comme un gémissement de vent à travers les arbres, puis enfle jusqu'à faire vibrer mes molaires. Ce n'est pas un simple cri - c'est une déclaration, une promesse écrite dans les vibrations de l'air lui-même. L'Alpha maintenant. Sa transformation est différente - plus lente, plus douloureuse à regarder. Ses os se réarrangent avec des craquements secs qui me donnent la nausée. Quand il se redresse enfin, ce n'est pas un loup, mais une incarnation de la nuit elle-même. Son pelage absorbe la lumière, créant une silhouette qui semble découper des morceaux dans la réalité. Ses yeux brûlent d'une intelligence cruelle, et quand il exhale, la vapeur de son souffle forme des motifs étranges dans l'air froid. Mes mains tremblent. Pas de peur - de révélation. Tout ce que je croyais savoir sur elle, sur moi-même, sur les limites de ce monde... était un mensonge. La meute n'est plus un groupe - c'est un seul organisme, cent paires d'yeux flamboyants synchronisés, cent gorges vibrant à l'unisson. Leurs crocs forment une palissade vivante, leurs muscles tendus comme des câbles d'acier sous des pelages qui hérissent d'une même volonté. Une famille. Une armée. Un jugement dernier sur quatre pattes. Le hurlement monte à nouveau, et cette fois je le ressens dans mes entrailles. C'est plus qu'un son - c'est une vibration qui réveille quelque chose d'ancien dans mon ADN, quelque chose que la civilisation n'a jamais réussi à étouffer, c'est étrange. Noura. Son nom est un mantra dans mon crâne. Son visage flotte devant mes yeux - non pas la fragile humaine que j'ai connue, mais la louve guerrière qu'elle a toujours été. L'Alpha tourne vers moi son regard flamboyant. Dans ses prunelles, je vois mon destin écrit en lettres de feu : Tu n'es pas des nôtres... mais es tu assez fou pour nous suivre?. Je hoche la tête. Pas besoin de mots. Avant qu'ils ne s’élancent, l’Alpha s’est approché de moi. Il m’a observé un instant, puis a désigné quelque chose derrière lui. Une moto m’attendait dans l’ombre — massive, noire, aussi menaçante que le silence avant la tempête. « *C’est une Yamaha VMAX… Elle est à toi maintenant.* » à déclaré un des guerriers, Ce n’était pas un simple véhicule. C’était une promesse. Une déclaration. Ma main a glissé sur le métal froid. On aurait dit qu’elle respirait. J’ai démarré — le rugissement du moteur a déchiré l’air, comme un cri de guerre. Au même moment, d'autre guerriers se sont transformés. Leurs corps se sont déchirés, s’allongeant, se tordant — pour devenir loups. Un par un, ils ont plongé dans la forêt, leurs silhouettes fauves disparaissant dans la nuit. Leurs hurlements se sont élevés comme une cloche de guerre. Et moi ? Je les ai suivis. Le VMAX grondait sous moi, bête de vitesse et de feu. Le vent frappait mon visage, chaque battement de mon cœur résonnait comme un tambour de combat. Des loups couraient. La terre tremblait. Et moi, j’arrivais. Nova… Tiens bon.
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