chapitre 14

1167 Words
Les deux femmes arrivaient droit sur nous. Notre attente n'avait donc pas été vaine car enfin, nous avions devant nous celle que nous avions tant cherché. La jeune femme qui poussait le fauteuil n'avait pas pris le soin de nous donner son nom. Elle emmena la dame dans le fauteuil roulant jusqu'à nous et toutes les deux prirent place dans le salon, à nos côtes. La jeune femme s'était assise sur l'une des chaises du salon et Audrey était tout près d'elle, dans son fauteuil roulant. Audrey Anne Robichon reflétait vraiment son âge. Elle était toute ridée et avait l'air faible aussi. Sa peau était toute tachetée, je n'aurais pas pu dire si c'était des tâches de rousseur ou alors si c'était des tâches dûes à une maladie. Elle tremblait aussi des mains, je conclut donc qu'elle devait être atteinte d'une pathologie neurologique. - Messieurs, voici Audrey, la personne que vous recherchez. Nous dit la jeune femme. - Bonjour madame Robichon, comment vous portez vous aujourd'hui ? Demanda Jean Claude. - Je me porte assez bien merci jeune homme, dit Audrey. Nous étions donc rassurés de constater qu'elle pouvait non seulement nous entendre, mais aussi, elle parlait toujours couramment. C'était un très bon signe pour nous. - Je suis Jean Claude Du Pain et lui, c'est mon coéquipier Frédéric Cheyrou et nous sommes de la Brigade criminelle de Paris. Nous sommes là pour vous questionner au sujet du meurtre de Jennifer Du Pont. - D'accord. Dit de nouveau Audrey. Entre-temps, la jeune femme qui veillait sur elle était assise Sagement sur une chaise et ne disait rien. - Votre nom est bien Audrey Anne Robichon ?Demanda de nouveau Jean Claude. - En effet. Répondit Audrey. Jean Claude et moi avions décidé que toutes les questions seraient posées par lui lors de cette interrogatoire. Et moi, j'étais chargé de prendre des notes et aussi d'enregistrer l'interrogatoire. - Audrey, connaissiez vous Jennifer Du Pont ? Audrey mit du temps à répondre à cette question. Elle mit environ 15 secondes de plus à répondre à cette question qu'à la précédente. J'observais tous ses faits et gestes, son attitude. Quand nous étions encore en formation, on nous apprenait toujours que l'attitude des gens en dit long sur eux. Donc, il suffisait parfois d'analyser l'attitude d'une personne pour savoir si elle ment ou non. Mais avec Audrey, il fallait faire très attention et être patients car elle était très âgée. Nous ne devions la brusquer d'aucune manière. - En effet, je connaissais Jennifer Du Pont. Nous étions à l'université ensemble, nous faisions même la même filière. Répondit Audrey. - Aviez vous des différents avec elle à l'époque ? demanda de nouveau mon coéquipier. - Évidemment que oui. Elle était en couple avec mon ex petit copain de l'époque. Il m'avait quitté pour elle donc, je ne l'appréciais pas vraiment. - Si je puis me permettre Audrey, qui était l'homme qui vous avait quitté pour mademoiselle Du Pont ? Demanda de nouveau Jean Claude. - Son nom était Bernard, Bernard Montagnier. Répondit encore Audrey. - Êtes vous au courant du fait que Bernard Montagnier ait été accusé du meurtre de Jennifer Du Pont ? demanda Jean Claude. - Évidemment que oui. C'était là la pire injustice que la justice ait pu commettre, dit Audrey. - Comment ça la pire injustice? - Bernard aurait été incapable de tuer quelqu'un. Il était fou amoureux de Jennifer et moi, j'étais très jalouse de cette relation. J'ai même essayé de les séparer à plusieurs reprises mais ils se réconciliaient toujours. J'étais très jeune et j'aimais ce jeune homme, j'étais donc prêt à tout faire pour l'avoir à nouveau dans ma vie. - Auriez vous été jusqu'à assassiner Jennifer Du Pont pour avoir Bernard Montagnier ? Audrey garda de nouveau son silence pendant de très longues secondes avant de nous donner une réponse. - Non, je voulais juste qu'il la quitté et qu'il revienne vers moi. Je ne me suis jamais remise de la condamnation de Bernard. Voilà pourquoi j'ai abandonné les études que je faisais pour devenir policière. Je voulais mettre fin à la criminalité et éviter que d'autres personnes se retrouvent injustement accusées comme l'avait été Bernard. Elle avait effectivement l'air sincère dans ses propos. - Audrey, savez vous pourquoi est ce que nous vous questionnons de la sorte? Demanda de nouveau Jean Claude. - Non. - En fait, l'affaire Bernard Montagnier a été réouverte car la justice soupçonne qu'il n'ait pas eu droit à un procès équitable à l'époque. Redis Jean Claude. - Vous savez, Bernard n'aurait pas pu être le tueur car le soir où Jennifer avait été tué, j'avais suivi Bernard. Il avait d'abord été dans sa chambre pour lui parler. Je ne sais pas ce qu'ils faisaient ce soir là à l'intérieur mais Bernard n'avait mis que quelques minutes dans la chambre de Jennifer. Et Jennifer était à la porte pour le raccompagner. Il lui donna même un b****r avant de repartir et elle ferma la porte derrière elle. Moi, j'étais cachée dans un coin et j'avais profité du fait que Bernard soit seul pour le suivre. Je l'accostai rapidement avant qu'il n'entre dans sa chambre. Je lui avais dit que je tenait à m'excuser d'avoir été la cause de sa séparation avec Jennifer. Mais je n'étais pas sincère dans mes propos, c'était juste une excuse pour lui parler. Je voulais juste attirer son attention. D'ailleurs, j'avais été triste de savoir qu'ils s'étaient remis ensemble pendant les vacances d'été. Il accepta mes excuses et il entra dans sa chambre. - Et pourquoi n'aviez vous pas parlé de tout cela à la police? Demanda Jean Claude. - J'en avait parlé à mes parents mais ils m'avaient formellement interdit de me mêler de cette histoire. J'étais jeune et j'avais peur, je n'ai donc rien dit. De sur quoi, j'aurais sûrement été la parfaite suspecte, je ne voulais pas que les gens me prennent pour une dévergondée qui était prête à tout pour un homme. Je regrette amèrement d'avoir gardé le silence. Je pensais que la justice innocenterait Bernard car il était innocent. Mais à notre grande surprise à tous, il écopa de la peine de mort. C'était traumatisant pour moi et je m'en suis en voulu toute ma vie durant. L'homme que j'aimais était mort parce que j'avais gardé le silence. Je ne m'en suis jamais remise. - Merci beaucoup madame Robichon, votre témoignage nous sera très utile pour innocenter Bernard Montagnier. Dit Jean Claude. Je m'approchai d'Audrey et je m'accourpis pour être à sa hauteur. Je pris ses mains entre les miennes. - Ne vous en faites pas Audrey, où qu'il soit, je suis sûr que Bernard connait les raisons de votre silence et sachez qu'il est fier de vous, fier de ce que vous avez fait aujourd'hui. Vous êtes toute pardonnée. Dis je à Audrey. Je me lévai donc et je suivis mon coéquipier. On remercia Audrey et la jeune femme avec elle puis, on s'en alla. Notre taxi nous attendait toujours.
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