Chapitre 15

2180 Words
C'était la toute première fois qu'on réussissait à parler à une personne qui était directement liée à l'affaire sur laquelle nous enquêtions. C'était une grande chance pour nous d'avoir vu cette femme. Mais tout ceci, nous ne le devions qu'à la victime elle même. Si Jennifer Du Pont n'avait pas parlé d'Audrey dans son journal intime, jamais nous n'aurions même connu son existence. Audrey Anne Robichon était le témoin qui avait la possibilité d'innocenter Montagnier. Elle nous avait paru vraiment sincère et crédible aussi. Malgré l'aide précieuse qu'elle nous avait apporté pour le déroulement de notre enquête, nous étions encore très loin du compte. Au final, tous les suspects que nous avions s'étaient en fait avérés être innocents. On avait peut être réussi à disculper Bernard Montagnier mais nous n'avions plus du tout aucune piste menant au tueur. C'était comme si nous repartions à zéro. Et d'ailleurs, même si Montagnier n'était pas finalement coupable, il avait été guillotiné et ceci était irréversible. Ce jeune homme d'à peine 20 ans avait été condamné à mort pour un crime qu'il n'avait pas commis. C'était tout simplement désolant. Le taxi nous raccompagna à l'aéroport et nous étions prêts pour notre retour à Paris. Jean Claude et moi ne nous étions rien dit dans le taxi. Mais quand on arriva à l'aéroport, Ça bavardait un peu plus entre nous. - Fred. - Oui Jean Claude. - Pourquoi as tu dit à cette femme ce que tu lui as dit tout à l'heure ? C'était très gentil de ta part car on aurait dit qu'elle avait besoin d'entendre ces mots. - Pour être complètement sincère avec toi, moi même je ne sais pas d'où m'est sorti cette inspiration. Je me suis senti obligé de lui dire cela. - Son visage tout crispé s'est illuminé après ton petit discours. Ce discours était libérateur pour elle. - Tant mieux alors. Mais grâce à ses révélations, nous avons tout ce qu'il nous faut pour disculper Montagnier. Dis je de nouveau. - Mais nous nous retrouvons à la case départ, sans suspect ni piste potentielle. Dit Jean Claude. - Ah! Tu sais quoi Jean Claude, j'ai l'impression que cette histoire est bien plus complexe qu'on l'aurait imaginer. - À qui le dis tu mon vieux. Après notre petite discussion, on passa les derniers contrôles et chacun de nous prit sa place dans l'avion. On était enfin en chemin pour rentrer à Paris. Arrivé à Paris, on prit de suite le chemin pour la brigade. Il fallait qu'on regroupe tout ce que nous avions comme preuves pour les présenter à notre supérieur, tout ceci dans le but de prouver l'innocence de Bernard Montagnier. Après avoir déposer les preuves, le reste ne nous concernait plus. Néanmoins, nous avions été sollicité pour enquêter sur l'affaire Jennifer Du Pont, donc notre travail n'avait été fait que de moitié. Il ne nous restait plus que le plus gros du travail à faire, trouver le véritable meurtrier. Mais ce jour là, c'est après avoir parler avec notre supérieur qu'on termina notre service de la journée. Il était donc environ 14 heures quand nous quittions tous les deux la brigade. Je devais passer chez ma mère le soir mais il était encore très tôt pour y aller et je ne voulais pas passer des heures tout seul chez moi. Je me dis donc qu'il était mieux que j'aille d'abord à mon appartement pour prendre une douche et ensuite, je déciderai quoi faire. Il n'avait fallu que quelques minutes pour que je sois chez moi. C'est vrai que je ne passais pas beaucoup de temps chez moi mais quand j'y étais, je me sentais à mon aise car tout y était bien rangé comme je l'aimais. Je me sentais peut être seul chez moi mais j'y étais à l'aise. Ma maison était toute à mon image, calme et impeccable. Arrivé chez moi, je pris directement la direction de ma chambre. Et ensuite, c'était une longue douche froide que je pris. J'adorais l'eau froide mais je ne prenais jamais des bains, toujours des douches froides et ça, peu importe le temps qu'il faisait. Après ma douche, je mis des vêtements un peu plus décontractés et moins formels. J'avais mis un t-shirt et un pantalon jeans avec des baskets. J'étais prêt à errer dans les rues de Paris. Mais cette fois ci, j'avais pris mon téléphone avec moi. Mais j'avais laissé ma voiture car je savais bien que marcher me ferait du bien. Et en plus, la maison de ma mère n'était pas si loin. Donc peu importe où j'allais, j'aurais toujours eu la possibilité de partir chez ma mère à pied ou même en taxi. Je sortis et j'allai toujours m'asseoir au même endroit que la dernière fois. J'étais chanceux ce jour là car la place que j'aimais n'était pas du tout occupée. Je m'y assis donc pour regarder les gens passer. Pour être sincère, je n'étais pas sorti juste pour m'épanouir, j'espérais revoir Frédérique, la jeune femme de la dernière fois. Voilà pourquoi j'avais tenu à occuper la même place que l'autre fois. Je dois avouer que je n'étais pas resté indifférent face à Frédérique et donc, j'avais bien l'intention de prendre les devants si jamais je la croisais encore. J'avais déjà passé environ une bonne heure là et malheureusement, la belle Frédérique n'avait pas fait apparition. Mais moi je ne pouvais pas rester là jusqu'à tard comme la dernière fois car j'avais rendez vous chez le psychologue le lendemain matin. Je devais donc me rendre chez ma mère assez tôt dans le but de partir de chez elle avant 10 heures du soir. Mon rendez vous avec le psychologue était ma priorité du moment car j'espérais qu'il puisse me faire comprendre mes rêves récents. Je pris donc de nouveau la route à pied pour aller chez ma mère. Marcher ainsi me faisait un bien fou. Je fis une vingtaine de minutes sur la route et enfin, je pouvais apercevoir la rue de ma mère. Quand je vis la rue où elle vivait de loin, mon cœur se rempli d'espoir et je pressai encore plus le pas. Mamam était surprise de me voir chez elle aussitôt. Il y avait de quoi, car il n'était que 6 heures du soir. - Tu viens me voir bien tôt aujourd'hui, me dit ma mère. - C'est juste parce que je dois repartir assez tôt aussi. - Comment ça ? - Je dois rentrer chez moi avant 9 heures parce que je dois me coucher tôt. - D'accord, comment vas tu chéri ? Je te sens... différent. - Différent? moi je trouve que je suis pareil. Je ne vois vraiment pas en quoi je suis différent aujourd'hui maman. - Et bien c'est ton Ora, tu dégages un truc inhabituel. - Maman, tu es toujours aussi folle que d'habitude. Rassure toi, c'est bien ton Frédy d'amour. - Je déteste quand tu uses du sarcasme avec moi, tu es impossible. Je m'approchai un peu plus d'elle du coup et je la serai très fort dans mes bras. - Voilà pourquoi mon Ora avait changer, tes câlins me manquaient maman. - Ils me manquaient aussi chéri, je t'aime. - Je t'aime encore plus. C'était une vraie scène de romance entre ma mère et moi. Il faut dire qu'on s'adorait tout simplement. Parfois, quand j'étais sur une scène de crime, il m'arrivait de penser à ma mère. Le simple fait de me dire qu'elle pouvait mourir un jour m'anéantissait. Et si je lui avait cédé toute la place de mon cœur c'était juste parce que je n'avais plus qu'elle dans ma vie, et elle, n'avait plus que moi. - Qu'as tu de si important à faire demain pour te pousser à dormir tôt ? Me demanda ma mère. Je redoutais cette question car je n'avais aucune envie de lui donner la réponse. Elle se serait sûrement inquiéter de savoir que j'allais voir un psychologue avant le travail et moi, la dernière chose que je voulais était de l'inquiéter. Je me sentais donc obligé de lui mentir même si ça me gênait de le faire. - Je dois aller plus tôt au boulot pour régler un petit problème très urgent. - Et c'est quel type de problème ? - Rien que je ne puisse résoudre. - D'accord, c'est pas grave puisque tu ne veux rien me dire. - Maman, tu essaies de me faire chanter là ? Tu n'es pas possible je te jure. Je crois que tu avait raison, il est grand temps que je me trouve une copine. - Hallelujah ! Je ne pouvais m'empêcher de rire en voyant sa réaction. Ma mère représentait vraiment mon univers tout entier. Je me demandais si un jour, je trouverais une femme avec laquelle j'aurais une telle complicité. On dîna et je fis juste une trentaine de minutes avec elle encore. Et ensuite, je m'en allai. Heureusement que maman n'avait pas remarqué que j'étais venu sans voiture. D'ailleurs, je ne comprenais pas comment elle avait fait pour ne pas s'en apercevoir, elle qui était toujours au taquet d'habitude. C'est en marchant que je retournais chez moi ce soir là. Je dois souligner que j'étais inquiet à cause de mon rendez vous du lendemain. Mes rêves s'accentuaient au jour le jour et devenaient un peu plus clair mais moi, je n'y comprenais toujours rien du tout. Je stressais car j'avais peur qu'on me dise que je devenais fou ou alors pire. J'étais moi même incapable de comprendre pourquoi mon esprit me ramenait sans cesse à l'université de Bordeaux. Le seul indice que j'avais était que tout avait commencé à partir du moment où j'ai débuté avec ma nouvelle affaire. Je me disais donc que les deux avaient peut être un lien. Mais là encore, ce n'était qu'une possibilité. Je marchais assez vite dans la rue mais je n'étais pas du tout fatigué. J'arrivai à la maison assez rapidement. Je pris immédiatement une nouvelle douche et direction le lit. Je m'endormis aussi très rapidement, il y avait de quoi car j'étais tout fatigué. J'avais soumis mon corps à un exercice dont il n'était pas habitué. Ma nuit avait été normale. Pas de cauchemar ni de réveil brusque en plein milieu de la nuit. Quand je me réveillai donc le matin, je me sentais assez bien. Je fis ma routine de chaque matin. Le petit déjeuner, un coup de fil à ma mère, une douche et ensuite, c'était le départ pour le cabinet du psychologue. J'étais heureux de constater que j'étais la toute première personne à être consulté. Le psychologue était en effet une femme. À peine j'étais arrivé, je n'avais même pas fait 10 minutes d'attente et on m'invita à aller rencontrer la psychologue. - Bonjour monsieur Cheyrou, vous pouvez m'appeler Claire me dit directement la psychologue en me voyant. C'était une femme brune de taille moyenne. Elle avait la trentaine environ et était toute vêtue d'un tailleur. Elle portait des talons aiguilles, c'était une belle femme. - Bonjour Claire, moi c'est Frédéric Cheyrou mais vous pouvez m'appeler Fred. Quand je repense à ma manière de lui parler, on aurait dit que je la draguait, mais il n'en était rien. Le truc était que j'étais très stressé. Et quand j'étais stressé, je parlais toujours plus que d'habitude. Elle était assise en face de moi et avait un carnet et un stylo en main. Je supposait qu'elle noterait tout ce que je lui dirais. En tout cas, c'était ma toute première fois chez un psychologue, jamais encore je n'avais ressenti le besoin d'en voir un, jusqu'à l'apparition de ces rêves étranges. Tout alla très vite avec Claire. Je lui parlais de moi et elle me posais toutes les questions qui lui passaient par la tête, tout cela dans le but de me comprendre. Je n'avais pas hésité à lui parler de mes rêves et aussi de la période exacte de leur début. Elle m'écoutait attentivement tout en prenant des notes. Et quand j'eus terminé de lui parler, elle garda le silence un moment. - Fred, j'ai bien écouté tout ce que vous avez dit et je pense avoir une solution à votre problème, dit elle. - Vous croyez? - En vous entendant parler de vos rêves étranges qui vous ramènent tout le temps au même endroit, je me dit que votre esprit ou alors si vous voulez, votre subconscient essaie de vous passer un message. Malheureusement, je ne suis pas la bonne personne, je ne suis pas la personne qui pourra vous aider à déchiffrer tout cela. Et donc, j'ai quelque chose à vous remettre. Elle se leva et alla fouiller dans son bureau. Elle cherchait quelque chose. Et moi, pendant tout ce temps, je l'attendais sans même dire un mot. Elle revint ensuite vers moi. - Tenez, voici la carte d'un très bon ami. Il est spécialiste du subconscient, il vous aidera sûrement à comprendre ce qui vous arrive. - Puis je vous demander comment est ce qu'il procède pour aider les personnes qui ont le même problème que moi? Demandais je. - Et bien, il procède par hypnose.
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