Chapitre 16

1944 Words
Procéder par hypnose, je ne comprenais pas ce qu'elle voulait me dire par là. - Procéder par hypnose ? lui demandais je. - Oui, il vous hypnotise et vous emmène à explorer votre subconscient dans un état d'inconscience. C'est une méthode très efficace vous savez, dit elle. - J'aimerais savoir, avez vous déjà eu des cas similaires au mien Claire? - Évidemment ! vous pensiez être le seul dans cette situation ? Il y a pire comme cas vous savez. - Je suis tout de même rassuré, j'ai cru que je devenais fou. - Vous savez Fred, vous devez comprendre que dans votre cerveau, tout a bien-sûr une cause. Je suis certaine que votre subconscient essaie de vous passer un message. Et la seule solution à mes yeux est que vous exploriez votre subconscient mais le seul moyen que je vois, c'est bel et bien l'hypnose. Vous êtes donc libre de prendre rendez vous ou non mais je vous remets la carte de mon ami spécialiste et sachez qu'il pourra vous aider. - J'espère sincèrement qu'il m'aidera à comprendre ce qui m'arrive. Je vous remercie Claire, je prendrai rendez vous. - Il n'y a pas de quoi Fred. Je sortis de son bureau tout juste après. Mais pendant que j'étais dans ma voiture, Je téléphonai au contact qu'il y avait sur la carte que venait de me remettre Claire. Il était écrit dessus Cabinet de Guillaume Cordula. J'avais juste appelé pour prendre rendez vous en semaine ou alors la semaine prochaine mais la personne que j'avais eu au téléphone disait que je pouvais avoir un rendez vous pour ce soir même. Ça m'allait très bien parce que je voulais trouver une solution à mon problème et cela le plus rapidement possible. J'avais donc un rendez vous pour ce soir là à 5:30. J'avais donc le temps d'aller travailler et d'y aller le soir. Sur la carte de visite, il y avait l'adresse du dit cabinet. Tout était donc bon. J'espérais néanmoins que je trouverais la solution à mon problème chez cet homme. Je n'avais jamais été soumis à de telle pratiques mais j'étais prêt à tout pour retrouver la paix dont je jouissais avant. Je ne savais même pas qu'il y avait des spécialistes du subconscient. Ce jour là, j'étais arrivé au boulot bien après Jean Claude, mais cela ne posait pas de problème car j'avais prévenu en avance que j'avais un rendez vous médical. Jean Claude et moi étions donc sur la piste du tueur de Jennifer Du Pont. Mais nous n'avions aucune piste pour le moment. Nous nous mîmes donc à examiner avec beaucoup plus d'insistance les photos de la scène de crime. Nous avions beau examiner ces images de fond en comble, mais il n'y avait rien qu'on avait loupé, rien qui pouvait nous mener sur une quelconque piste. Tout ce que nous avions était une séquence d'ADN dont nous ne connaissions pas le détenteur. On s'est donc dit que peut être Bernard Montagnier avait il de quelconque soupçons sur quelqu'un. Mais pour le savoir, il fallait que l'on lise les fameuses lettres qu'il avait écrites à son ami Jacques Du Bois lorsqu'il était encore en détention. Jean Claude prit donc la première lettre et se mit à la lire. Je la reconnu aussitôt, c'était bien la lettre que j'avais lu lorsque j'étais à l'hôtel, à Brive la Gaillarde. Pendant qu'il la lisais, j'essayais de trouver un truc que j'avais peut être négligé par mégarde mais non, cette lettre ne comportait rien de bien important. C'était juste les mots d'un homme qui se sentait perdu dans sa solitude, c'était le récit poignant d'un homme qui réclamait ardemment une justice qui jouait en sa défaveur. Après l'avoir lu, Jean Claude me la passa afin que je la lise aussi. Et pendant que je la lisais, Jean Claude essayait d'y trouver des indices à son tour. C'était une astuce bien à nous. Mais comme moi tout à l'heure, Jean Claude ne trouvait rien de bien important à ce récit. Il semblait que lui même n'avait aucune idée de l'identité de la personne qui aurait bien pu assassiner sa petite amie. Jean Claude et moi nous décidions donc à lire la lettre qui suivait la précédente. On se disait que peut être là, nous aurions des indices quelconques. Jean Claude prit donc la seconde lettre et se mit à la lire à voix haute pendant que moi, j'écoutais attentivement sa lecture avec mon carnet de notes en main. Telle était elle. 24-12-1948 Mon cher ami J'ai espoir que tu te portes bien et que tu continues avec tes études. De mon côté, je vis le réveillon le plus froid de ma vie. Tu te tromperais si tu pensais que mon réveillon est froid à cause du climat. En fait, c'est mon âme toute entière qui est froide. Je vis tous les jours dans une nostalgie maladive. Je pense à toi, à ma famille mais aussi à la beauté de la liberté. Il m'arrive aussi de penser à Jenny et à ce soir où je l'ai vu pour la toute dernière fois. Je n'aurais jamais imaginé que notre séparation serait aussi dévastatrice. Je n'aurais même jamais cru qu'on se séparerait un jour. Ici, j'ai l'impression d'être dans le royaume des morts. Tout est lugubre et les sons sont tous grisants. Mon ami, c'est avec toute la tristesse du monde que je t'écris ces lettres tous les 24 du mois. Je suis même arrivé à oublier mon propre nom car ici, ils m'appellent tous meurtrier. Il m'arrive des fois de me demander si je suis un meurtrier ou pas. J'arrive même à douter de ma propre vérité tellement je me sens oppressé dans cet endroit. Dernièrement, j'ai reçu des coups d'un prisonnier, même eux pensent que je suis un ignoble meurtrier qui ne mérite aucunement la vie. Il arrive que certains me disent: " Nos petites filles ne sont plus en sécurité à cause des personnes comme toi gamin". Je ne me défends plus et je laisse faire, tel est mon châtiment et je l'accepte. Je meurs ici à petit feu et crois moi, j'en suis arrivé à un point où je doute de l'existence d'un quelconque dieu. Pour moi, rien n'a plus d'importance. Prend bien soin de toi. Ton cher ami, Bernard. C'était là un autre récit poignant de ce cher Montagnier. Maintenant que Jean Claude avait terminé sa lecture, c'était à mon tour de lire aussi. Je relus la même lettre et cette fois ci, celui qui avait le carnet de note était Jean Claude. Mais après ma lecture, on parvint de nouveau à la même conclusion. Bernard Montagnier n'avait aucune idée de ce qui avait bien pu se passer dans la chambre de Jennifer Du Pont après son départ. Tout ceci nous laissait encore plus perplexe. Nous n'avions toujours rien comme piste et par conséquent, nous ne savions même pas où commencer. Si au moins, ce crime avait été commis à notre époque, nous aurions sûrement pu comparer l'extrait d'ADN que nous avions déjà à ceux de l'entourage de la victime. Nous étions carrément sur une mission impossible. Il fallait un miracle pour qu'on réussisse à retrouver le vrai coupable. Nous étions déjà tellement engagés dans cette affaire que nous voulions à tout prix retrouver l'assassin de Jennifer Du Pont. Mais plus que tout, nous voulions rendre justice à ce cher Bernard Montagnier qui avait été condamné à tort. En entrant dans la profondeur des faits de cette histoire, Jean Claude et moi avions développer une certaine compassion pour ce cher Montagnier. Quiconque aurait travaillé sur cette affaire aurait été révolté en voyant les lettres de Bernard Montagnier. C'était là l'effet que ses mots avaient eu sur mon coéquipier et moi. Voilà pourquoi l'innocenter n'était pas du tout suffisant pour tous les deux. Nous devions retrouver l'identité de cette individu qui avait laissé un homme se faire tuer pour son crime à lui. Malgré toute la fureur qu'on ressentait, nous n'avions toujours aucune piste exploitable. La journée de travail se termina sans qu'on ait rien de nouveau. Nous n'avions d'ailleurs pas vu le temps passer car nous examinions tout ce que nous avions sous la main. Néanmoins, nous n'avions pas pu lire la toute dernière lettre que Montagnier avait écrite à Du Bois. Il était déjà 5:09 et j'avais rendez vous chez le spécialiste du subconscient. Je devais à cet effet me dépêcher si je voulais être à l'heure à mon cher rendez vous. Je n'avais toute fois pas donné de nouvelle à ma mère ce soir là. Je voulais à tout prix éviter des questions car je ne voulais vraiment pas lui donner des réponses. C'est très rapidement que je quittais la brigade pour me rende au fameux cabinet du cher Guillaume Cordula. L'adresse était à 20 minutes de la brigade donc j'étais arrivé à l'heure exacte du rendez vous et si j'avais tardé ne serait ce qu'un tout petit peu, j'aurais sûrement louper mon tour. Quand j'entrai dans le cabinet, je me presentai à l'accueil et la réceptionniste m'indiqua où je devais aller pour mon rendez vous. J'arrivai donc devant la porte du professeur Guillaume Cordula. Je frappai puis j'entrai directement. - Bien le Bonsoir Frédéric, je suis le professeur Guillaume Cordula. - Bonsoir Professeur, Frédéric Cheyrou. - Vous pouvez m'appeler Guillaume pour vous sentir plus à votre aise. - C'est noté. - Frédéric, pour un début, j'aimerais que vous m'expliquiez la raison de votre présence ici, me dit il. - Et bien, il y'a quelques semaines, j'ai eu des rêves étranges et cela n'a fait que persister depuis lors. Je rêve de personnes que je ne connais pas et je me retrouve dans des endroits que je n'ai jamais visité auparavant. Mais dans mes rêves, tout a l'air très réel au point où j'ai même l'impression que ce ne sont que des souvenirs. J'ai cru que je devenais fou et donc, j'ai pris rendez vous chez un Psychologue et c'est de là que j'ai eu votre contact. - Je comprends mieux. Quand précisément ont débuté ces rêves que vous faites? - Tout a débuté peu après que j'ai été sollicité pour enquêter sur une vieille affaire criminelle. Je pense bien que cette affaire est liée à mes rêves étranges. - Et pourquoi pensez vous cela? Me demanda t-il. - Tout simplement parce que j'ai l'impression que plus je creuse dans cette affaire, plus j'ai des sortes de visions par rapport à mes découvertes. Dans mes rêves, je me retrouve à l'endroit exacte où avait été commis le crime or je n'étais même pas né encore à cette époque. - Je vois. Avant d'aller plus loin avec vous, je tiens à vous dire que vous êtes au bon endroit car ici, on trouvera bien ce qui vous arrive. Je suis spécialisé dans le fonctionnement du subconscient. Il arrive des fois que des personnes aient des visions ou alors des projections du passé tout comme vous. Cela est de la faute de votre cerveau et donc, tout se passe dans votre subconscient. Vous ne vous souvenez de ces choses que lorsque vous êtes dans un état d'inconscience dont le sommeil. Voilà pourquoi il faut que vous soyiez inconscient pour qu'on puisse percer à jour les informations qu'essaie de vous diffuser votre cerveau. Mais rassurez vous, nous n'attendrons pas que vous dormiez pour vous surveiller non, mais nous vous hypnotiserons. Vous serez donc dans un état d'inconscience que nous serons en mesure de contrôler et là, vous découvrirai ce que vous cache votre mémoire. - Si je comprends bien, Vous devez m'hypnotiser pour fouiller dans ma mémoire ? - En effet. - Vous êtes vraiment sûr que ça marchera? - Je ne vous promets rien mais cette méthode marche sur la plupart des sujets.
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