Lettre XXXIXLyon, 11 mai, VI. Ce que peut avoir de séduisant la multitude de rapports qui lient chaque individu à ceux de son espèce et à l’univers ; cette attente expansive que donne à un Cœur jeune tout un monde à expérimenter ; ce dehors inconnu et fantastique, ce prestige est décoloré, fugitif, évanoui. Ce monde terrestre offert à l’action de mon être est devenu aride et nu : j’y cherchais la vie de l’âme, il ne la contient pas. J’ai vu la vallée doucement éclairée dans l’ombre, sous le voile humide, charme vaporeux du matin ; elle était belle. Je l’ai vue changer et se flétrir : l’astre qui consume a passé sur elle ; il l’a embrasée, il l’a fatiguée de lumière ; il l’a laissée sèche, vieillie et d’une stérilité pénible à voir. Ainsi s’est levé lentement, ainsi s’est dissipé le voile

