Lettre XLI-2

1509 Words

Si c’est un devoir réel d’achever la vie qui m’a été donnée, sans doute je braverai ses misères ; le temps rapide les entraînera bientôt. Quelque opprimés que puissent être nos jours, ils sont tolérables, puisqu’ils sont bornés. La mort et la vie sont en mon pouvoir ; je ne tiens pas à l’une, je ne désire point l’autre, que la raison décide si j’ai le droit de choisir entre elles. C’est un crime, me dit-on, de déserter la vie ; mais ces mêmes sophistes qui me défendent la mort, m’exposent ou m’envoient à elle. Leurs innovations la multiplient autour de moi, leurs préceptes m’y conduisent, ou leurs lois me la donnent. C’est une gloire de renoncer à la vie quand elle est bonne, c’est une justice de tuer celui qui veut vivre ; et cette mort que l’on doit chercher quand on la redoute, ce sera

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