Lettre XLILyon, 18 mai, VI. L’on dirait que le sort s’attache à ramener l’homme sous la chaîne qu’il a voulu secouer malgré le sort. Que m’a-t-il servi de tout quitter pour chercher une vie plus libre ? Si j’ai vu des choses selon ma nature, ce ne fut qu’en passant, sans en jouir, et comme pour redoubler en moi l’impatience de les posséder. Je ne suis point l’esclave des passions, je suis plus malheureux, leur vanité ne me trompera point ; mais enfin ne faut-il pas que la vie soit remplie par quelque chose ? Quand l’existence est vide, peut-elle satisfaire ? Si la vie du cœur n’est qu’un néant agité, ne vaut-il pas mieux la laisser pour un néant plus tranquille ? Il me semble que l’intelligence cherche un résultat : je voudrais que l’on me dît quel est celui de ma vie. Je veux quelque ch

