PVD d'Hugo
Ayant reçu un appel de mon père ce matin afin de fixer un lieu et une heure pour ce rendez-vous qu’il voulait tant me donner, je me prépare devant le miroir de ma salle de bain alors que Diane dort toujours dans ma chambre.
Cette soirée avait été incroyable ! Plus les jours passent et plus, je tombe amoureux de Diane. Je ne suis pas habitué à faire l’amour sauvagement à une fille, car ma première petite amie avait été abusée et donc, lorsqu’il fallait qu’on couche ensemble, il fallait que je la caresse, que je lui souffle des mots doux et que j’y aille doucement. C’était resté une habitude qui apparemment ne plaisait pas à Diane.
Après avoir enfilé mon costume, je me parfume, rassemble mes cheveux dans une demi-queue de cheval et part en passant devant le lit, je constate que Diane dort toujours. Je souris en la voyant ; une vraie petite Koala.
J’ai eu le temps d’aller lui acheter une rose que j’ai mis sur le lit et je lui ai laissé un mot accompagné de son petit déjeuner.
Une demi-heure plus tard, je gare ma voiture dans le parking du lieu de rendez-vous que m’a donné mon père qui n’est autre que son bureau. Je descends de la voiture et alors que je vais pour pénétrer dans le bâtiment, j’entends quelqu’un m’appeler. Lorsque je me retourne, je vois que celui prononçait mon prénom n’est autre que Karel.
Je souffle bruyamment. La conversation n’a même pas encore commence que je suis déjà las. Cet homme parle beaucoup et ne cache même pas son intérêt immense pour les affaires des autres. Il a été le point commun entre mon père et ma mère durant des années, car les deux ne l’appréciaient pas.
Il ouvre ses bras et arrive à ma hauteur, bien que je sois plus grand que lui, il m’enlace au niveau du torse et colle la tête contre ma poitrine. Je regarde aux alentours pour voir si quelqu’un n’observait pas la scène, car c’est assez gênant comme situation.
-Hugo! Je suis content de te voir. Décidemment, on croise toute la famille aujourd'hui ! J’ai rencontré ta fiancée récemment et oh mon Dieu, pas mal, pas mal. J’espère que j’aurai l’occasion de la rencontrer à nouveau. Qu’est-ce que tu deviens ?
Et voilà, ça commence. Ce sera à moi de mettre aussi vite que possible fin à cette discussion
-Karel! Quoi de neuf vieux ? Ainsi, tu as vu ma copine ?
-Oui, et je la trouve particulièrement proche de ton père
Je plisse les yeux pour le regarder.
-Comment ça « proche de mon père »
Il lève légèrement les mains en l’air pour adopter un air innocent puis ajoute :
-Tu sais que je ne suis pas du genre à me mêler des affaires des autres comme le prétend ta mère, mais je dirais que les deux avaient particulièrement envie de se retrouver seuls
-D’accord. Je vois
-Tu viens voir ton père ?
-Oui, je viens le voir
-C’est l’une des rares fois que tu le fais sans ta mère. Il y a une urgence?
Il me tape sur les nerfs ce type.
-Non, il n’y a pas d’urgence. J’ai juste besoin de lui parler
-Alors cela doit être quelque chose de vraiment important
Je tourne alors les talons sans répondre à sa dernière remarque, car je sens que si je lui réponds, je vais mal lui répondre et je ne suis pas d’humeur à me disputer avec quelqu’un. Cela m’est déjà très pénible de me retrouver ici, sur le lieu de travail de mon père.
Je décide de l’ignorer lorsque voyant que je lui tourne le dos alors qu’on parlait, il continue de m’interpeler et lorsqu’il me tapote l’épaule pour attirer mon attention jusqu’à ce qu’il abandonne.
Lorsque j’arrive enfin devant le bureau de mon père, je ne prends même pas la peine de frapper et pénètre à l’intérieur. Il était en pleine conversation avec Jasmine, sa secrétaire. Lorsqu’il me remarque, il jette un coup d’œil à sa montre et déclare : « Tu es en retard ».
Je prends place sur une chaise et ignore sa remarque tandis qu’il poursuit sa conversation.
Ça a toujours été comme ça avec lui : le mauvais côté était toujours mis en avant. Je l’aimais lorsque j’étais petit, mais en grandissant, en remarquant que ce n’était pas réciproque, cet amour s’est transformé en indifférence. Ma mère n’a jamais su faire le deuil de son amour pour lui et à cause de ça, elle a beaucoup souffert. Je lui en ai énormément voulu pour ce qu’elle faisait subir à ma mère, mais comme ma mère ne se décidait pas à se sortir de là, ça ne servait qu’à pas grand-chose.
Je fixe cet homme que j’ai autrefois considéré comme mon héros. S’il avait daigné faire au moins un petit effort, notre famille n’en serait pas là aujourd’hui. Si à l’avenir, j'ai un gosse, je ferai de mon mieux pour ne pas être comme lui. Au bout de quelques minutes d’attentes, la conversation en Jasmine et mon père prend fin.
En passant devant moi pour partir, la secrétaire me salue et je peux alors avoir toute l’attention de mon père.
-Bonjour Hugo, je suis content que tu sois venu. Je vais aller droit au but car j’ai beaucoup de travail qui m’attend
-Bonjour Alain
Habitué à ce que je l’appelle comme ça, il ne réagit pas ouvertement, mais sa mâchoire se crispe toujours.
-Si je t’ai fait venir ici, c’est pour te parler de Diane
Quel culot!
Ce que Diane m’a avoué hier dans la soirée me revient et je ne me maîtrise plus rien.
-Quoi Diane? Tu n’es pas satisfait de ce que t’as fait ?
Je le vois froncer ses sourcils, l’air perplexe.
-Je te demande pardon ?
-Je t’en prie pas besoin de faire semblant. Elle m’a déjà tout raconté et tu n’es qu’une ordure
Il se redresse sur sa chaise.
-Je te demande pardon Hugo, mais je regrette ce que j’ai fait. J’espère au moi que tu trouveras la force de la quitter
Un rire guttural m’échappe alors.
-Elle est bonne celle-là ; tu abuses d’elle et tu veux que je la quitte ?
Cette fois, mon père se lève d’un bond de son siège.
-De quoi on parle là ?
Je me lève à mon tour de mon siège le fixant d’un regard meurtrier.
-On parle de ce que tu as fait Alain, tu as essayé d’abuser de ma copine en lui proposant de venir organiser un soi-disant anniversaire surprise
Il contourne la table et s’approche de moi.
-Non… Non. Ça ne s’est pas passé comme ça Hugo
-Alors dis-moi. Dis-moi comment ça s’est passé « papa »
-On a eu une liaison, on couchait ensemble
Cette fois, je ne maitrise plus rien et je me jette sur lui.
-Tu n’es qu’un s****d!
Il arrive à me maitriser, mais je me débats toujours.
-Lâche-moi, Lâche-moi!
-Non! Il faut que tu m’écoutes, cette fille est un poison Hugo, quitte-la sinon tu souffriras. Elle ne t’aime pas
Après un effort ultime, je me défaits de son étreinte. Je me lève du sol et le toise.
-Qu’est-ce que tu sais de l’amour toi ? Il n’y a que ta grande gueule qui compte pour toi
-Quitte cette fille Hugo
Je lève un doigt menaçant vers lui.
-Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi mec, disparait de ma vie et si tu t’approches une fois de plus de Diane, tu auras affaire à moi
Je ne le laisse pas répondre et pars. Une liaison avec Diane! Qui croyait-il pouvoir amadouer avec cette excuse bidon? Ma parole, ce type est un malade.