PVD de Diane
-C’est bon, tu as fini? J’ai mieux à faire que d’écouter des aboiements
Après m’avoir craché ces mots à la figure, elle me claque la porte au nez. Comment ose-t-elle, quelle vieille peste! Cela ne va pas se passer comme ça. Elle entendra parler de moi dans un futur proche. Alain avait peut-être raison lorsqu’il me mettait en garde contre elle.
Je soupire en faisant demi-tour pour aller prendre un taxi avant d’être mouillée par cette averse. Je regarde mon téléphone espérant toujours qu’il sonne en affichant son nom. Depuis la dernière fois, il ne m’a plus appelé. Il m’en veut peut-être pour ce que j’ai dit Hugo à son sujet, mais c’était soit ça, soit Hugo allait se douter de quelque chose, car il n’est pas évident que j’aille au bureau de son père alors que de base, je n’aurais pas dû connaître son emplacement.
En amour, il faut faire des sacrifices et s’il ne vient pas à moi, je pense que ce sera à moi d’aller à lui. Je fournis au chauffeur les coordonnées du lieu de travail d’Alain après quoi je me prépare mentalement à ce que je vais lui sortir comme excuse. Ma respiration était maintenant irrégulière ; rien que le fait de savoir que j’allais le voir me mettait dans un tel état !
Arrivée là-bas, c’est d’une main tremblante que j’ouvre la portière. Une fois dehors, je tombe directement sur celui que j’étais venu voir.
C’est le destin!
Il tient une poche de glace contre sa joue. En me voyant, je le vois froncer ses épais sourcils qui approfondissent son regard. Il se dirige vers moi à grands pas en regardant aux alentours, à l’affut de la moindre présence humaine. Arrivé à ma hauteur, sans prendre la peine de me saluer, il me tient fermement par le bras et se dirige avec moi vers le parking souterrain.
Tout en contractant sa mâchoire, il engage la conversation en essayant de se maitriser. Je souris légèrement pensant que je lui fais toujours de l’effet.
-Diane, qu’est-ce que tu fous ici !
-Bah, comme tu ne m’appelais pas, j’ai pensé que quelque chose de mal t’était arrivé, donc je suis venu te voir
Il ferme les yeux.
-Je t’avais pourtant dit de ne pas venir ici sans me prévenir !
Il me crie dessus en faisant de grands gestes rageux avec ses bras. Qu’est-ce qu’il m’excite !
-Je voulais te faire la surprise
-Bah bravo, je suis surpris. Maintenant, pars!
Je m’approche de lui et commence à lui caresser le torse, mais il attrape mes mains et les jette brutalement sur le côté.
-Je sais que tu en a envie, laisse-toi faire Al
-p****n Diane, fous le camp d’ici!
-Je sais que tu m’aimes Al… Pourquoi tu…
Il pose une main sur sa hanche et l’autre sur son front. C’est alors que je constate avec horreur qu’il a un bleu sur la joue. Je m’approche de lui pour le caresser, mais il recule.
-Oh mon Dieu, Al! Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Apparemment quelqu’un a dit à Hugo que je l'ai attouché de force. Tu n’as pas idée de qui ça peut bien être ?
-Je suis désolée Al…
-p****n, ne m’appelle plus comme ça! Et tes excuses, tu peux te les mettre là où je pense
-Pourquoi n’acceptes-tu pas simplement le fait que nous soyons faits pour être ensemble ?
Il me regarde, abasourdie par ce que je venais de dire
-Mais…. Tu n’es qu’une folle !
-Oui Al, oui! Je suis folle de toi
Je m’approche de lui et lui attrape la main, mais il se défait brutalement en partant.
-Fous-moi la paix Diane. C’est fini, tu m’entends? FINI!
Une larme sort de mon œil droit. Il est parti.
C’est alors que j’entends la porte d’une voiture se fermer après quoi je vois Karel en sortir. Mai bon sang, ce mec est toujours là au mauvais moment où c’est comment ?
-Diane? Est-ce que ça va ?
Je me racle la gorge pour que ma voix ait l’air le plus normal que possible.
-Oui, oui. Ça va merci
Je lui offre un sourire forcé.
-Non, je sais que ça ne va pas. J’étais dans ma voiture durant tout le long de votre échange
Je lui lance un mauvais regard.
-Alors pourquoi diable, tu demandes si tu sais que je ne vais pas bien ?
-Pour voir quel genre de trainée tu es
-Va te faire voir Karel
-Nous irons ensemble ma chérie
Il tourne les talons et part. De quoi il se mêle ? Je décide de sortir du parking après quoi je monte dans un taxi. Une fois à l’intérieur de l’habitacle, une autre larme que j’essuie rageusement coule sur ma joue.
Je décide en cet instant que plus personne ne me fera souffrir et je me fais la promesse de détruire cette f****e famille de merde.
Je décide de retourner chez Hugo pour prendre le reste de mes affaires. Cet abruti m’a laissé des roses avant de partir. Il ne sait pas que j’y suis allergique ! S’il n’avait pas de l’argent, je l’aurais depuis longtemps plaqué.
Arrivée chez lui, je suis surprise de constater qu’il est déjà présent.
-Hugo, qu’est-ce que tu fais là?
N’ayant pas tout de suite remarqué ma présence, il sursaute au son de ma voix.
-Diane, je ne t’avais pas entendu arriver. Je pensais que j’allais te trouver ici en rentrant
-Non, j’étais partie faire une promenade et je suis venue chercher le reste de mes affaires parce qu’il faut que je parte
-Déjà?
-Bah oui, ce n’est pas comme si je pouvais indéfiniment rester ici non plus
-Mais qu’est-ce que tu racontes ? Bien-sûr que si tu le peux. Tu es ici chez ton copain
Je lui souris faiblement.
-Non, je vais plutôt partir
-Et si je te demandais de rester ?
-Alors je resterais
-Eh bien, reste Diane. Passe le reste de la semaine avec moi
C’est une opportunité qu s’offre à moi et je vais la saisir. Je prends un air faussement dessolé.
-J’aimerais bien, mais je ne le pourrai pas Hugo
Il me regarde avec incompréhension.
-Pourquoi ça ?
-Eh bien, si je viens ici, je serai en retard dans mon travail, car c’est un peu éloigné d’ici et mon patron est très strict à ce sujet. Par contre, si je trouvais un travail dans ton entreprise, cela m’aurait été plus facile. J’aurais même pu louer un studio tout près d’ici et pourquoi pas… même emménager avec toi
Je fais mine de partir chercher le reste de mes affaires.
-Mais… c’est une bonne idée que tu viens de donner là ! Quitte ton travail et viens travailler pour moi Diane
Je fais semblant d’être réticente.
-Mais… il y a de la place pour moi dans ton entreprise
-C’est moi le patron, je peux toujours en faire pour toi
-Je ne voulais pas m’imposer, mais comme tu insistes… J’accepte
Il sourit de toutes ses dents et me soulève pour m’embrasser. Je réponds fiévreusement à son b****r et lorsque j’enfouis mes doigts dans sa longue chevelure dorée, il m’arrête.
-Pas maintenant Diane, je suis pressé
Je fais la moue et à contrecœur, je le laisse partir.
Après son départ, je fais le tour de la maison en souriant et en touchant les murs. Un jour, tout ça sera à moi!