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1400 Words
Comme convenu, Hugo avait engagé Diane sans son entreprise et bien que sous la demande d’Hugo, les employés faisaient de leur mieux pour aider Diane à s’intégrer, cette dernière se comportait de manière exécrable avec eux et jouait aux victimes devant Hugo. Éloïse, l’ex d’Hugo avait été la principale cible de Diane. Bien que Diane soit plus belle qu’elle, elle ne pouvait s’empêcher d’être jalouse, car Éloïse avait connu Hugo avant elle et qui sait, peut-être qu’Hugo l’avait plus aimé qu’elle. Bien qu’Hugo voulait bien faire, engager Diane avait été l’une des pires décisions qu’il ait pris depuis la fondation de son entreprise : Diane n’avait pas de compétences dans son domaine, les employés n’appréciaient pas le comportement de cette dernière envers eux ; ce qui avait un impact direct sur leur rendement, mais ce qui était pire, c'était son acharnement envers Éloïse. Hugo n’osait jamais la contredire alors que si l’un de ses employés se permettait de faire ce que faisait Diane, il n’aurait pas hésité pour le renvoyer. Les travailleurs se demandaient où était passé leur patron strict et minutieux au sens du détail. Pour la bonne marche de l’entreprise, cela ne pouvait pas continuer. Décembre, l’un des mois les plus rentables de l’année approchait à grands pas et tous savaient qu’il fallait redoubler d’effort s’ils voulaient être gracieusement primés. Ils venaient de très tôt afin de travailler d’arrachepied jusqu’à la tombée de la nuit. Bien qu’Hugo les incitait souvent à rentrer chez eux, ils s'obstinaient à rester le plus tard que possible. C’est dans cette ambiance que, vendredi matin, Diane pénétra au sein du bâtiment où logeaient les nombreux bureaux des employés. Elle ne salue personne en rentrant jusqu’à atteindre son bureau qui était en face de celui d’Éloïse. Comme elle ne savait rien faire, Hugo l’avait chargé de faire le compte rendu de chaque journée de travail. Elle n’était pas venue au bureau avec Hugo ce matin, car elle avait mis trop de temps à se maquiller. D’un regard furtif, elle remarque qu’Éloïse était toujours en train de dessiner sur une feuille blanche. C’était une redoutable dessinatrice, elle devait se l’avouer. Cela faisait maintenant neuf jours qu’elle travaillait sur ce dessin et elle se demandait ce que ça pouvait bien être. Éloïse était quelqu'un de sensible, aimable et d’une timidité maladive; trois traits de caractère que Diane considérait comme un handicap. Plus jeune, elle avait été abusée sexuellement et à part Hugo, personne ici ne le savait. Hugo et elle avait été fous amoureux par le passé, mais son manque de confiance en elle a eu raison de leur relation malgré tout ce qu’Hugo a fait pour qu’ils restent ensemble. -Bonjour Éloïse, commence Diane Bien qu’étonnée, Éloïse répond à la dernière personne qu’elle aurait cru capable de dire le mot « bonjour ». -Bonjour Diane -Tu ne me demandes pas comment je vais Après s’être légèrement mordue la lèvre inférieure et légèrement rougit, elle répond enfin. -Comment vas-tu Diane? Diane lève les yeux au ciel devant sa rection qu’elle trouve stupide. Qu’est-ce qu’Hugo avait bien pu trouver dans cette femme ? PVD de Diane -ça va merci, mais j’irais mieux si tu me montrais ce que tu dessines Elle prend sa feuille et la rapproche de sa poitrine pour la serrer contre elle. -Je… je ne peux pas, désolée Je tends ma main vers elle. -Si… si tu peux. Ne m’oblige pas à venir moi-même chercher le croquis Elle me lance un regard suppliant qui ne me fait ni froid ni chaud. Très bien, elle l’aura voulu. Je me lève de mon siège, contourne le bureau et attrape la feuille, mais elle le tient fermement. C’est ainsi que nous nous trouvons toutes deux à tirer la feuille d’un côté au bout d’un moment, sans que l’une de nous ne s’y attende, la feuille se déchire en deux et Éloïse ouvre grand les yeux. Je la vois mordre sa lèvre inférieure après quoi elle éclate en sanglots en courant vers les toilettes. Tout le monde la regarde traverser le couloir. 15mn plus tard, la nouvelle est déjà arrivée aux oreilles d’Hugo, car il me convoque dans son bureau. Lorsque j’entre, Hugo est dos à moi en train de fixer le paysage qui s’offre à lui à travers sa baie vitrée, les mains dans les poches. Sur une chaise non loin, il y a Éloïse qui sanglote toujours. Non mais franchement, une vraie gamine cette femme ! Pas besoin d’être un génie pour voir qu’elle se faisait harceler à l’école. Sans se tourné vers moi, Hugo me lance : -Assied-toi Diane Ce n’est pas mon copain qui était là, mais le patron. Je m’exécute. Hugo : J’ai cru entendre dire que tu avais détruit le croquis de l’une de nos créations Moi : C’était un accident Éloïse : Un accident! Non mais je rêve! Moi : Qui t’a sonné toi? Hugo : ça suffit Diane ! Éloïse me lance un regard triomphant. Hugo : Cela faisait des mois qu’Éloïse travaillait sur ce projet et il t’a fallu quelques secondes pour tout détruire. Si tu veux garder ton poste ici, il ne faudra plus que ce genre d’incident se reproduise, tu m’entends ? Je hoche la tête pour toute réponse. Le message était clair et j’allais tout faire pour rester ici, car Hugo me payait trop bien pour que je parte d’ici. Si quelqu’un devait partir d’ici, c’était elle et non moi. Hugo soupire. Hugo : À partir d’aujourd’hui, tu travailleras sous les ordres d’Éloïse jusqu’à ce que le projet soit bouclé Je me lève d’un bond de mon siège. Moi : Quoi! Éloïse : Oui, quoi ? Je peux très bien me débrouiller toute seul Hugo Hugo : Les fêtes approchent Éloïse, tu n’auras jamais le temps de terminer à temps. Et puis ma décision est prise, je ne reviendrai pas dessus Nous soupirons toutes deux. Il n’était pas sérieux de me faire ça, à moi, sa copine. Je n’aime pas la relation qu’il entretient avec Éloïse sachant que c’est son ex. Pour commencer, elle ne devrait pas être en train de travailler dans le même bâtiment que lui. Qui sait le nombre de fois où ils étaient restés tard pour travailler ensembles ? Cela doit immédiatement cesser. PVD d’Eloïse J’ai attendu que tout le monde parte pour aller frapper au bureau d’Hugo. Je dois absolument lui parler de la collaboration qu’il aimerait qu’il y ait entre Diane et moi. Ce ne sera juste pas possible, car on ne s’apprécie pas, on n’a pas les mêmes goûts et elle ne me servira à rien. Si c’est parce qu’il veut avoir la création avant la fin de l’année, je me débrouillerai pour travailler jour et nuit s’il le faut, mais je refuse de travailler avec Diane. Je toque à la porte avant d’entendre un « entrer ». Une fois à l’intérieur, je constate qu’il est en train de ramasser ses effets. Il est étonné de me voir. -Éloïse, que fais-tu ici à cette heure ? -J’avais besoin de te parler Il parait perplexe. -A quel sujet ? -De ma collaboration avec Diane Il soupire. -Tu ne veux pas, c’est ça ? Je secoue ma tête de gauche à droite pour toute réponse. -Écoutes Éloïse, Diane peut paraitre difficile des fois, mais c’est quelqu’un de très gentille au fond. Il lui faut juste du temps pour s’habituer à son nouvel environnement et il lui faut quelqu’un comme toi pour s’adapter Mon regard s’illumine. -Tu penses ? Il me sourit. -Bien-sûr. D’ailleurs, je vais te proposer quelque chose d’intéressant : si ça ne marche pas entre vous deux, tu viens m’en parler et je te donnerai deux aides supplémentaires. -Merci Hugo -Mais ce n’est rien Lolo, viens dans mes bras Il m’ouvre ses bras et je m’y blottis. Ce n’est pas professionnel, je sais, mais Hugo et moi sommes restes en de bons termes depuis notre rupture. Je crois tout à coup avoir aperçu une ombre dans le couloir, mais comme je sais qu’à cette heure, il n’y a personne ici, cette idée me sort immédiatement de la tête. Après lui avoir souhaité de passer une bonne soirée, je referme la porte de son bureau et me dirige vers les marches pour m’en aller mais alors que le pose le pied sur la première marche, quelqu’un me pousse violemment. J’ai juste le temps de voir des chaussures féminines avant de sombrer.
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