XXXVICependant le père Barbeau avait peur que la petite Fadette ne lui gardât rancune de ses injustices passées, et que, s’étant consolée de l’absence de Landry, elle ne songeât à quelque autre. Lorsqu’elle était venue à la Bessonnière pour soigner Sylvinet, il avait essayé de lui parler de Landry ; mais elle avait fait semblant de ne pas entendre, et il se voyait bien embarrassé. Enfin, un matin, il prit sa résolution et alla trouver la petite Fadette. – Fanchon Fadet, lui dit-il, je viens vous faire une question à laquelle je vous prie de me donner réponse en tout honneur et vérité. Avant le décès de votre grand-mère, aviez-vous idée des grands biens qu’elle devait vous laisser ? – Oui, père Barbeau, répondit la petite Fadette, j’en avais quelque idée, parce que je l’avais vue souvent

