chapitre 1
Chapter 1
Vivre était déjà l’essentiel...
Pour une simple ration sur la table mes frères se battaient, maman était la seul qui sortait bosser et revenait tard la nuit.
Notre père lui ne rentrait que hiver et parfois pas même le bout de son ombre ne nous était visible.
Et lorsque mon frère aîné Eden commença à travailler dans un garage, les repas étaient devenus chose facile.
Puis lorsque ma sœur Andrea s’est décidée d’arrêter ses études pour épouser un médecin studieux, j’ai pu aller à l’université pour poursuivre mes études.
À mon tour, je suis devenue serveuse dans un petit café au coin de rue pour aider à payer les factures.
Le cadet, Kevin n’était encore qu’en primaire sans avoir la moindre idée de tous les sacrifices que notre famille devait faire pour qu’on soit débrouillard.
C’est récemment qu’on eut appris le travail de notre mère...
Je me souviens encore de cette nuit, celle où ma sœur et moi préparions les préparatifs de son mariage qui devait arriver dans 3 sem.
Et où notre frère n’était pas encore revenu du garage.
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3 jours plus tôt.
— Alors ton fiancé ??? Il rentre quand ?
Andrea : — Le week-end son avion va atterrir.
— Et ???
Andrea : — Tu vas le voir, t’inquiète pas, il est tout juste comme il faut...
Ma main vient taquiner son bras sachant que même si elle ne le montrait pas, je pouvais sentir le stress lui monter.
Puis la sonnerie de la porte se fit entendre, les pas du petit Roméo craquant sur le plancher pour aller ouvrir nous faisaient déjà rire.
Nous pensions que c’était notre frère ce soir-là, alors que non...
Le vase de l’entrée heurta le sol et se brisa sous le choc.
Ma sœur sortit de notre chambre pour aller voir et je la suivais par derrière aussi perturbée qu’elle.
Un homme d’environ 2 m avec trois hommes derrière lui en costume et paire de lunettes noires, le genre de type qui traînent dans des affaires bizarres.
Il avait poussé notre petit frère et ce dernier avait heurté le vase qui laissa ses résidus sur le sol.
Ma sœur s’approcha du monsieur et moi je restais en retrait sans savoir quoi faire, mon portable en main qui cherchait à appeler la police.
Le regard du type vint vers moi, aussi froid que de la glace.
— ...Pose ce téléphone.
Andrea : — Vous êtes qui vous ? Sortez de chez nous.
Ma sœur tourna sa tête vers moi.
Andrea : — Jeanna appelle la police.
J’ai pris mon portable et à l’instant même, un pistolet se braqua vers ma sœur, un autre vers mon frère et un troisième vers moi-même.
— .....Vas appeler Sandrine.
J’étais tétanisée sur le coup, le prénom de notre mère sortit de la bouche de ce type.
Le premier pistolet craqua légèrement contre la tempe de ma sœur.
— .....Sinon je tire.
Ma main lâcha mon portable qui percuta son display une fois le contact subi avec le plancher.
Je marchais déjà vers la chambre de ma mère, un pistolet derrière ma nuque qui ne me lâchait pas d’une semelle.
La porte de la chambre de notre mère s’ouvrit d’elle-même.
Notre mère en sortit terrifiée de voir un pistolet sur la tête de ma sœur, de mon frère et de moi-même.
Sandrine : — Je vous en supplie, je... ne tirez pas...
L’homme qui avait la main sur le pistolet contre ma nuque me poussa sur le côté, ma tête heurta le mur violemment et je perdis l’équilibre, une blessure sur ma tête.
Ma mère se mit à supplier, ses yeux vers moi.
Sandrine : — Je vous en supplie...
— ......Demain à 8 h, seule, le boss veut te voir.
Et comme si rien ne venait de se passer, ils partirent un à un, leurs armes remises dans leurs vestes, la voiture noire devant la maison roulait déjà sur la route.
Ma mère alla prendre de quoi me soigner, mon petit frère était plus que l’ombre de lui-même et quant à ma sœur, elle avait ses mains sur son visage aussi perdue que moi.
À l’heure du dîner, le silence pesait sur la table, ma mère faisait comme rien ne s’était passé, elle servait nos assiettes.
Notre frère était revenu du garage, il ne comprenait pas grand-chose.
Mais je savais maintenant ce qui allait arriver. Notre mère venait de fourrer son nez dans de sales affaires.
Elle ne parlait pas, se contentait de faire la routine. Notre petit frère avait perdu la parole depuis ce jour-là, le traumatisme lui était rentré dans la tête et ses mots n’étaient presque plus les mêmes, sa joie de vivre, de taper dans un ballon venait de laisser place à celle de la peur de ce qui pouvait arriver demain ou les autres jours...
Andrea brisa ce silence pour confronter notre mère, notre frère cherchait encore à réunir les pièces du puzzle qu’il n’avait pas.
Andrea : — Maman c’était qui ces hommes ?
Le silence continua, notre mère ne répondait pas et continuait à nous servir le repas.
Andrea : — MAMAN !
Sandrine : — Mange.
Andrea : — Ils sont venus ici, des pistolets sur nos têtes et toi tu fais comme si rien ne s’était passé ?
Notre frère sursauta de sa chaise, sa fourchette qui rejoint le sol après cette révélation brutale.
Il prit son portable, prêt à appeler la police.
Notre mère lui arracha son portable, les yeux vides.
Sandrine : — Ne fais pas ça, tout va s’arranger.
Eden : — Non, moi je pars régler cette affaire.
Sandrine : — Écoutez, c’est entre moi et ce type, restez en dehors de tout ça.
Andrea : — Ce type avait une arme et toi tu penses régler la situation comment ?
Sandrine : — Ça, c’est mon affaire.
Andrea : — Ce n’est pas un client de l’hôtel où tu travailles, j’espère ?
Sandrine : — Contrôle ton langage, jeune fille.
Notre mère se leva de table et monta dans sa chambre. Cette situation semblait beaucoup plus complexe qu’on pouvait savoir.
Une main dans les cheveux de mon frère qui n’avait pas dit un mot depuis...
Je m’étais dit que je devais comprendre le fond de ce problème, et ce même si notre mère ne voulait pas dire un mot.
Alors, le jour qui s’ensuit, je suivais notre mère sans qu’elle ne le sache. J’étais derrière un mur avec mon grand frère, Andrea était restée avec le cadet pour le rassurer.
Nous étions derrière une ruelle vide, un vieil entrepôt en ruine sentant la rouille était ouvert.
Et dedans, notre mère avec un sac d’argent rempli, les hommes de tout à l’heure étaient là et une belle voiture noire roula vers l’entrée. Mon frère me tira vers lui pour que l’on se cache derrière les grosses caisses louches de ce coin.
Une fois la voiture arrêtée devant l’entrepôt, la portière s’ouvrit.
Et c’était la première fois de ma vie de ressentir l’aura masculine à plus de 13 mètres de moi.
Un homme en costume trois pièces, aussi beau que terrifiant, avait le regard glacé. Derrière lui, quatre hommes avec une arme chacun.
L’homme arriva devant ma mère qui recula.
— C’est mon argent ?
Ma mère acquiesça. Un des hommes vint compter les gros billets verts de dollars, faisant le compte.
Sandrine : — Je vous en prie, dites à vos hommes de laisser ma famille.
L’homme souria légèrement, sortit son arme, un pistolet en or qui reflétait presque les rayons du matin.
— Je n’ai qu’une parole, mais toi... vois-tu, tu dois disparaître. C’est le principe : aucun témoin.
Notre mère trembla sur ses jambes. Mon frère me retenait de peur que j’agisse sous un coup de tête et nous fasse remarquer.
Le pistolet en or fut droit sur la tête de ma mère et, comme si l’importance de la vie ne lui avait jamais été enseignée, en moins d’une seconde, sans la moindre once de pitié, le coup partit droit sur la tête de ma mère, dont le corps, qui était il y a moins d’une seconde encore debout, était sur le sol sans vie.
— Nettoyez-moi ça et jetez ce corps avant que ça empeste le vol.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Un homme mit ma mère dans un sac et la glissa dans un tonneau qui partit en fumée.
L’homme sortit une cigarette et la remit dans sa veste. Il regardait son argent depuis le sac puis ses hommes.
— Partagez entre vous, je ne touche pas aux billets qui ont été dans les mains d’une s****e.
Je serrais mes poings, me retenais de sortir lui coller mon poing sur son visage que je ne voyais plus parfait mais méchant.
Mon frère avait ses yeux fermés, se retenant de hurler. Notre mère venait de mourir sous nos yeux et son corps se calcinait à quelques mètres de nous.
L’homme se tourna vers sa voiture et partit. Ses hommes ont commencé à se partager l’argent pendant que ma mère brûlait juste à côté.
Nous avons attendu qu’ils partent tous avant de nous approcher...
Il n’y avait déjà plus rien. Les hommes avaient fini par éteindre les flammes et à nettoyer l’entrepôt avant le meurtre de notre mère comme on recouvre un trou .