Chapitre 1 : Le hasard d’une rencontre
Le soleil se couchait doucement sur la ville, peignant le ciel de nuances orangées et violettes. Éloïse Martin marchait d’un pas pressé sur le trottoir étroit de la vieille rue pavée, serrant son sac contre elle. Chaque soir, ce moment était le même : le retour après les cours à l’académie de design, et le trajet jusqu’à l’appartement qu’elle partageait avec sa sœur cadette.
Elle inspira profondément l’air parfumé de la fin de journée, mélange de fleurs des balconnets et d’odeur de pain chaud venant de la boulangerie du coin. Pourtant, ce soir-là, quelque chose flottait dans l’air, une tension légère mais indéfinissable. Éloïse secoua la tête et murmura pour elle-même :
« C’est juste mon imagination… rien de plus. »
Alors qu’elle traversait la rue principale, son regard fut attiré par une vitrine récemment ouverte, illuminée par des lampes douces. Elle ralentit, fascinée par les œuvres exposées : de magnifiques portraits peints à la main, des paysages détaillés et vivants, chacun racontant une histoire différente.
Puis, dans un geste inconscient, elle trébucha légèrement sur le trottoir inégal et son sac glissa de son épaule. Avant qu’elle ne puisse crier, une main ferme attrapa son sac et la tira légèrement en arrière pour la rattraper.
Elle leva les yeux, et le monde sembla s’arrêter une seconde.
Un jeune homme, grand, aux cheveux bruns foncés légèrement ébouriffés et aux yeux d’un bleu intense, se tenait devant elle, un léger sourire aux lèvres.
« Vous allez bien ? » demanda-t-il, la voix profonde et rassurante.
Éloïse sentit son cœur battre un peu plus vite, mais elle se força à sourire.
« Oui… merci. Je… je ne regardais pas où je mettais les pieds. »
Le jeune homme hocha la tête, toujours souriant.
« Ça arrive aux meilleurs. Moi, c’est Adrien. »
« Éloïse, » répondit-elle, légèrement embarrassée, en reprenant son sac.
Leurs mains se touchèrent brièvement lorsqu’ils se serrèrent la main, et Éloïse sentit un frisson étrange remonter le long de son bras. Elle détourna rapidement le regard, se sentant un peu idiote.
Adrien la regarda avec attention, comme s’il essayait de percer un secret qu’elle ne voulait pas révéler. Puis, presque sur un ton de conversation normale :
« Vous venez souvent ici ? Je n’avais jamais remarqué cette vitrine avant. »
Éloïse haussa les épaules.
« Non… c’est nouveau. Je passe souvent dans le coin, mais je n’avais jamais vraiment regardé. »
Adrien sourit de nouveau et fit un pas vers l’entrée de la boutique.
« Si vous voulez… vous pourriez entrer avec moi. Les œuvres sont magnifiques. »
Éloïse hésita un instant. Quelque chose dans ce regard bleu, cette voix rassurante et mystérieuse à la fois, l’intriguait. Elle hocha la tête :
« D’accord… juste un instant. »
Ils entrèrent dans la boutique, et Éloïse fut immédiatement captivée par l’ambiance chaleureuse et la beauté des œuvres exposées. Chaque tableau semblait raconter une histoire, chaque couleur respirait une émotion différente. Adrien se tenait près d’elle, observant ses réactions avec une curiosité sincère.
« Vous êtes artiste ? » demanda-t-il en remarquant ses yeux briller devant un portrait particulièrement expressif.
« Non… enfin… je dessine un peu, » répondit-elle timidement. « Je suis étudiante en design. »
Adrien hocha la tête, intéressé.
« Alors vous savez reconnaître le talent quand vous le voyez. »
Éloïse sentit ses joues chauffer.
« Merci… » murmura-t-elle.
Un silence confortable s’installa entre eux. Puis Adrien se tourna légèrement vers la porte, comme pour vérifier quelque chose.
« Vous êtes pressée, je suppose ? Le soleil va bientôt disparaître. »
Éloïse sourit, amusée par sa perspicacité.
« Oui… je dois rentrer avant que ma sœur s’inquiète. Elle déteste que je rentre tard. »
Adrien acquiesça, mais un léger sourire mystérieux ne quitta pas ses lèvres.
« Alors je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Mais… je suis content de vous avoir rencontrée, Éloïse. »
Le cœur d’Éloïse battait à tout rompre. Elle sentit qu’il y avait quelque chose de plus derrière ce simple sourire, une promesse implicite que leur rencontre n’était pas un hasard.
« Moi aussi… Adrien. »
Ils sortirent de la boutique, et le vent du soir les accueillit, frais et apaisant. Éloïse sentit une étrange anticipation, comme si sa vie venait de basculer à cet instant précis. Elle ne savait pas encore que cette rencontre marquerait le début d’une série d’événements qui bouleverseraient son monde, ses rêves et son cœur.
Alors qu’elle s’éloignait, jetant un dernier regard par-dessus son épaule, Adrien la regarda disparaître dans la lumière orangée du coucher de soleil. Il murmura pour lui-même :
« Nos chemins ne se sont pas croisés par hasard… »
Et dans le cœur d’Éloïse, un sentiment nouveau, à la fois excitant et inquiétant, s’installait. Quelque chose lui disait que sa vie ne serait plus jamais la même.