chapitre 6

1590 Words
Pendant que j’arpente la rue du centre-ville, avec mon vieux sac usé sur le dos, je découvre les magasins et autres. Je n’avais jamais vraiment eu le temps ni l’occasion avant. Je remarque beaucoup de regards sur moi aussi. C’est pesant. Je ne pensais pas qu’ils me reconnaîtraient de suite… Trois ans, et ils ne sont toujours pas passés à autre chose. Alors que je bois une gorgée de mon café, je m’arrête devant une ruine, un ancien club qui a pris cher apparemment… « p****n DE m***e, TESS ! » Mon cœur rate un battement avant que la voix familière ne me tire de mes pensées. Je le fixe, sortant des décombres du vieux club avec son éternel sourire en coin. « CRAPAUD ? » « Tess, c’est bien toi ! p****n ! Dans mes bras, ma belle ! » Il me broie dans ses bras. Je ne m’attendais pas à le voir là. « Bordel, mais qu’est-ce que tu fais ici ? » « Raa… Sans toi, ce n’était pas pareil… J’ai voulu essayer de faire un truc… Le proprio cherchait un barman… mais hier, des mecs se sont battus et… voilà ! » Il me désigne les restes visibles d’une tragédie. « Tu crois qu’il serait ok pour vendre ? » « Quoi, t’es sérieuse ? Tu veux remettre ça ici ? » J’ai sourcillé. « Tu sais que tout le monde te considère soit comme étrange… soit maudite ? » « Et c’est justement pourquoi tous ces cons vont rappliquer ! Pour avoir l’occasion de voir et de critiquer l’horrible Teresa ! » « Tu marques un point… Et puis… c’est vrai que les tas de cendre, ça te connaît ! » J’ai ri à son clin d’œil. « Bordel, tu m’as manqué… T’étais partie où ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » « J’ai bougé dans l’urgence, désolé… j’ai eu à faire loin… » « Et pourquoi t’es revenue là ? » « L’héritage… J’ai 18 ans demain… Mais j’ai déjà tout ! » Je donne mes papiers à Crapaud, je le connais depuis toujours, je le considère comme mon meilleur ami. On a le même âge, il est un tout petit peu plus grand que moi, des yeux marron et des cheveux noirs bouclés sur le dessus. Il est naturellement taillé et fait fondre son lot de dames… « Bordel, Tess… » « Impressionnant, hein ? » « p****n de bâtard ! » Il rit en me regardant. « T’as toujours ton vieux machin sur le dos ? » « Le seul qui ne me quitte pas ! Appelle le proprio… Tess est revenue, Crapaud… il est temps de s’amuser ! » « Bordel, merci Déesse ! T’as quelque part où tu vas passer la nuit ? » « Euh… » Il a ri. « T’as pas changé… Laisse-moi te proposer un vrai lit ce soir ! Tu verras, ce truc… ça change la vie ! » « Un quoi ? Quel est cet étrange mot que tu viens de prononcer ? » Il a ri. « Un truc que nous autres loups civilisés utilisons pour dormir… » « Nous ? Es-tu vraiment passé de l’autre côté ? Tu m’déçois, Crapaud… » « Il ne fallait pas me laisser derrière toi, ma belle… T’as perdu ton plus précieux ami… » « T’es pas si important que ça… Te surestime pas… » « Ça fait chaud au cœur… merci ! » J’ai ri avec lui. « Tu rempiles avec moi, Crapaud ? » « Tu cherches un barman ? » « 50/50, frérot ? » « Tu m’as vraiment manqué, Teresa… » « Ça fait seulement quelques mois, n’abuse pas… » Je l’ai bousculé gentiment. « Toi aussi, tu m’as manqué ! » Je lui ai souri. « Appelle-le… je te laisse gérer le prix. » « Tu vas où ? » « J’ai la dalle ! » « Quoi, t’as pas trouvé de lapin en chemin ? » « J’voulais pas de poils coincés entre les dents ! À plus, Crapaud ! » Je l’ai laissé là et m’en suis allée chercher trois burgers et trois frites, tout en XXL. J’en ai quand même porté un à mon ami qui m’a remercié, puis je l’ai aidé à tout déblayer. « Souffle ta bougie, ma belle… » Crapaud m’a apporté un muffin avec une bougie allumée dessus. J’ai regardé la flamme. « Je ne le fête jamais, tu sais… » « Ouais… mais aujourd’hui, tu es officiellement adulte… bien que… » J’ai ri devant sa grimace. « Fais un vœu, Tess. » « Crapaud… aucun de mes souhaits ne s’est jamais réalisé… » Il a haussé les épaules. « Ok… je souffle pour toi… » Je lui ai souri tristement. « Désolé, Tess… je voulais juste marquer le coup… » « T’inquiète… je vais pas pleurer ! Ni te tuer… » Je lui fais un clin d’œil. « À la bonheur ! Son Excellence me ferait-elle l’honneur de la première course de ses 18 ans ? » J’ai ri en regardant sa main tendue et l’ai saisie. « Fais-moi visiter ! » (PDV ALPHA X) Quelque part au cœur d’une forêt… Je me tiens allongé sur elle, ses gémissements de douleur résonnant dans l’obscurité. Je grogne de satisfaction, savourant le goût du sang chaud qui coule dans ma gorge. Chaque mouvement que je fais est empreint d'une cruauté jouissive… Sa voix est une supplication, mais je ne peux m’empêcher de sourire devant l’angoisse qui émane d’elle. Je contemple le corps de la louve, sa vie s’évanouissant lentement, et je me délecte de son désespoir. Son corps tremble, vidé de toute force, mais je sens encore la vie s’accrocher en elle. Je souris, savourant l’instant. Il n’y a rien de plus exquis que cette frontière fragile entre la souffrance et l’abandon. Je reprends mes mouvements, pénétrant la femme sans pitié, grognant d’extase alors que mes crocs mordent sa chair meurtrie. Je tire sur son souffle, la vidant de sa force vitale. Mon cri de jouissance résonne. Mon amusement meurt rapidement. Mon expression se durcit instantanément. Un coup brutal à la porte me tire de ma transe sanguinaire. « Alpha… un appel urgent. » Je ferme les yeux un instant, l’irritation montant en moi comme une fièvre. Mon étreinte sur sa gorge se resserre. Je grogne et me retire de ma proie, ouvrant la porte avec une férocité contenue. « De qui ? » « Pardon, Alpha… c’est ELLE… elle dit que c’est urgent. » Je lui arrache le téléphone des mains, la frustration bouillonnant dans mes veines. « ALLO ! Oui… ce n’est pas le moment, je dois raccrocher. » Je souffle, contrarié, en observant la fille allongée devant moi, son corps inerte et froid. « As-tu fini, patron ? » « J’en ai l’air ? » Je grogne, ma patience à bout. Putain, j’déteste jouer le nounou… C’est une p****n de plaie… « Tu n’as pas le choix… » Je le fusille de mes yeux sombres, le poids de mes responsabilités écrasant. « Crois-tu que je ne le sache pas ? » Il incline la tête, en soumission mêlée d’inquiétude. « Y retournes-tu ? » « Je suis plus d’humeur ! Elle m’a cassé mon délire… Tu peux t’en servir… » « Elle est morte… » « Je n’avais pas remarqué… débarrasse-t’en… » Je commande froidement. Il quitte la pièce avec le corps, et j’allume une cigarette, cherchant à apaiser ma colère dans la fumée âcre. Je m’installe dans un fauteuil, les pensées sombres s’entremêlant dans mon esprit. Quinze appels manqués. Je prends une profonde inspiration, la fumée m’étourdissant, et je prends ma voix douce. « Pardonne-moi, j’étais occupé… » « Tu m’as oubliée ? » « Pourquoi dis-tu ça… » « C’était mon anniversaire… » « C’est vrai… pardonne-moi. » Je ne peux pas lui avouer que je m’en contrefous. « Je peux rentrer maintenant ! » « Ce n’est pas le bon moment… » « Tu as promis ! Tu as dit qu’à mes 18 ans, je pourrais rentrer chez moi et… » Je lui coupe la parole, la tension entre nous palpable. « C’est pour ta sécurité… » « Tu cherches une excuse pour te dérober ? » « Non… je tiendrai parole… Je ne cherche qu’à te protéger… Il y a une recrudescence de mauvais loups dans les bois, tu le sais bien… Le peuple de l’ombre se montre de plus en plus près des frontières, toutes les meutes sont sur le qui-vive… » Tu parles d’une excuse… « Je suis assez forte pour me défendre ! » « Je sais… » Mon ton devient plus agacé. « C’est juste que… je ne voudrais pas qu’il t’arrive du mal, tu comprends ? La dernière fois… » « Pardon… Je comprends… mais… » Les mots se perdent dans un silence épuisant. « De toute façon, je suis en déplacement, je te rappelle… » J’ai raccroché, tirant sur ma cigarette avec l’intensité de mes pensées tourmentées. Je suis fatigué de lui prêter mon épaule pour pleurer… Bordel, si ce n’était pas le seul et unique moyen que j’avais… Je me serais bien passé d’elle… Cette gamine commence sérieusement à m’agacer. Je me frotte la tempe, mon esprit déjà ailleurs. Les choses avancent. Le monde a besoin d’un nouvel ordre. D’un véritable Alpha. Et je serai celui qui le façonnera. Je fixe le lit vide devant moi et la rage m’envahit. « Et m***e, je suis frustré maintenant, fais chier ! »
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD