Point de vue d’Aurora. Je ne reviens pas à moi tout de suite. Il y a d’abord le néant. Un noir profond, sans rêves ni cauchemars. Puis, lentement, quelque chose d’autre s’insinue. Des sensations diffuses. Une chaleur croissante. Une présence autour de moi, bienveillante, presque enveloppante. J’apprendrai plus tard que trois jours se sont écoulés. Trois jours durant lesquels mon corps est resté immobile, allongé sur un lit de mousse vivante, nourri par la forêt elle-même. Trois jours où Kina est restée silencieuse, terrée au fond de moi, blessée. Trois jours où les dryades se sont relayées pour veiller, murmurer, chanter à voix basse afin de maintenir mon esprit ancré à ce monde. Quand je rouvre enfin les yeux, la lumière est douce. Verdoyante. Elle filtre à travers des voiles de feuill

