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1650 Words
Mackenzie Nate m’aide à nettoyer le jardin rapidement et efficacement. — Vous avez déjà terminé ? s’étonne Jace. — Ouais, on est pressé, répond Nate sans ambages en s’activant à ranger la sono. Bébé, descends-moi tes affaires, ajoute-t-il à mon intention. — On peut savoir ce qui vous arrive ? demande Aurélie qui ne cache plus son irritation. — Plus tard, peut-être, si vous vous bougez, leur lance Nate. Je monte rassembler mes affaires dans la chambre d’Aurélie et pose mon sac dans l’entrée cinq minutes plus tard. — Tu t’en vas ? s’étonne Aurel. — Oui, on en parlera quand on sera chez Nate, dis-je en prenant l’éponge pour nettoyer toute surface ayant été encombrée par des gobelets ou de la nourriture. — Chez Nate ? Mais Brett va arriver ! — Justement, répond Nate en même temps que moi. Elle n’a jamais vraiment été proche de son frère et n’a jamais spécialement voulu passer du temps avec lui, elle supporte sa présence puisque nous avons des amis en commun, alors pourquoi insiste-t-elle autant aujourd’hui ? Jason a l’air enfin de se réveiller et s’active férocement. — Aurel, tu viens ou pas ? demande Nate une heure plus tard. — Euh… Ouais, évidemment. J’arrive. — On t’attend dans la voiture, l’informe-t-il. Jason me laisse monter devant, il a l’air d’avoir déjà compris quelques trucs. Il est en mode Gamma protecteur. Il est comme un frère, chiant très souvent, mais drôle, à l’écoute et toujours prêt à prendre ma défense. Nathan glisse ses doigts entre les miens, il sent ma nervosité et tente de m’apaiser en caressant le dos de ma main avec son pouce. Deux minutes plus tard, Aurélie nous a rejoints et Nathan quitte l’allée de la maison. Le simple fait de me retrouver sur la route, repoussant le moment fatidique où je devrai le voir, lui, me soulage les nerfs même si mon cœur meurt un peu plus. Le trajet se passe dans le silence et une ambiante tendue. — Papa, maman, Mackenzie dort à la maison, informe Nate sans laisser de place à la discussion quand nous entrons dans le salon. — Elle ne devait pas loger chez les Morgan ? demande Luna Béatrice, confuse. Oh, bonjour, chérie, me salue-t-elle en me voyant apparaître derrière son fils. — Bonjour Luna, Alpha, désolée pour le changement de dernière minute, m’excusé-je en les saluant. — Tu es toujours la bienvenue, Mackenzie, me rappelle Alpha Hugo. Jason et Aurélie se frayent un chemin pour saluer les parents de Nathan. — Merci Beaucoup, soufflé-je. Nathan prend ma main et m’entraîne jusqu’à sa chambre, suivi de nos amis. — J’écoute, commence Jason d’un ton ferme après avoir soigneusement fermé la porte derrière lui. — Aurel, tu risques de ne pas aimer, je te préviens, commencé-je. Tout d’abord, sachez que je n’ai pas aimé vous cacher tout ça, je vis littéralement un enfer depuis que c’est arrivé. Je leur explique donc la situation et je vois l’horreur se dessiner sur le visage d’Aurélie et la colère sur celui de Jason autant que sur celui de Nathan, qui se lève pour venir à nouveau me prendre dans ses bras et calmer mes pas nerveux. — Je n’arrive pas à croire que cette merde soit mon frère ! hurle Aurel. Pourquoi est-ce qu’il a fait ça ? — Je ne sais pas, il ne m’a donné aucune explication, aucune nouvelle, pas même un message. Il n’a jamais tenté de me voir quand il revenait sur le territoire et n’a donné aucune réponse à mes appels depuis ce jour, terminé-je. — Alors pourquoi ce connard demande régulièrement de tes nouvelles ? se demande Jace. — Comment quelqu’un peut tenir si longtemps sans sa compagne ? réfléchit Aurel. — Je n’en sais rien. Moi, j’ai tenu grâce à vous, mais surtout, je pense que c’est parce que Nate m’a apporté l’attention que Brett était censé me donner… — Il… commence Jason, mal à l’aise. — Il quoi ? s’impatiente Aurel. — Il a une copine, annonce Nate, agacé, entre ses dents. Je pensais qu’ils avaient rompu… — Ce trou du cul de l’enfer a quelqu’un d’autre ? s’étrangle Aurel. — Ouais, ça fait deux ans, balance Jace. — Je vais vomir, dis-je en sortant de la chambre. — Je vais lui défoncer sa gueule de rat ! hurle Aurel derrière moi. J’arrive de justesse au-dessus de la cuvette et déverse tout le contenu de mon estomac. Si je me sentais déjà humiliée, maintenant je me sens souillée et j’ai envie de me laver le corps à la paille de fer. Aurélie m’aide à me rincer et à me débarbouiller avant que nous retournions dans la chambre de Nathan. — Il ne l’a pas marqué, il doit bien y avoir un moyen de briser le lien, s’énerve Nate qui fait les cent pas dans la chambre. — Le rejet est encore possible, je pense, propose Jace. — Nous ne savons pas quelles peuvent être les conséquences après si longtemps, avance Alpha Hugo, que je n’avais pas vu. Elle pourrait en mourir sans la force du loup pour lutter contre le mal du cœur brisé. — Ce sera toujours mieux que de rester un jouet entre ses mains, déclaré-je. Pouvez-vous l’y obliger ? — Malheureusement non, c’est le seul domaine dans lequel même un Alpha ne peut intervenir. — Et si je la marque avant lui ? suggère Nate. — Premièrement, je ne suis pas sûr que ta marque resterait puisque Mackenzie a déjà été revendiquée. Et deuxièmement, si ça fonctionne, tu risques de provoquer de gros conflits. — Je m’en fous ! s’écrie Nate. Je ne peux pas la laisser comme ça ! — Calme-toi, fils, lui intime son père. N’oublie pas que tu es le futur Alpha, tu dois montrer l’exemple et garder le peuple uni, pas le déchirer pour ton propre bonheur. Surtout pour une compagne de choix. — Il est arrivé, je vais aller lui faire savoir ce que j’en pense, moi, à ce crétin sans cœur. Jace, ramène-moi, s’il te plaît, rugie presque Aurel. — Ne lui dites pas qu’elle est là, gronde Nate. — Il ne tardera pas à le comprendre quand même, fait remarquer Jace. Je soupire, me laissant glisser contre le mur. — Attendons déjà de voir ce qu’il dit ou fait, dit Alpha Hugo. Tu es en sécurité ici, en tout cas, Mackenzie. Sois sans crainte. Il sort en fermant la porte, nous laissant seuls. Nathan s’accroupit devant moi et prend mes mains. — Tu veux prendre un bain ? me demande-t-il doucement. J’acquiesce silencieusement. Il m’embrasse sur le front et se lève pour aller dans la salle de bains. J’entends l’eau couler, puis, après quelques minutes, Nathan me tend les mains pour m’aider à me relever. Je me réfugie dans ses bras un instant avant de prendre quelques affaires dont ma trousse de toilette et d’aller dans la salle de bains. Ça sent vraiment bon. Nathan a fait fondre une boule de bain qui a également coloré légèrement l’eau en rose. Je me glisse dans la baignoire et pose ma tête sur mes genoux le temps qu’il y ait assez d’eau. Je pense à tout ce que je traverse et je n’arrive toujours pas à croire ce que j’ai appris. Pourquoi Brett me retient-il s’il ne veut pas de moi ? Pourquoi ne me laisse-t-il pas vivre en paix ? Pourquoi prend-il de mes nouvelles ? Pourquoi est-ce lui qui a les rênes de ce lien ? Ce n’est pas juste que je ne puisse pas m’en défaire moi-même ! Toc, Toc. — Entre, dis-je en sachant que c’est Nate. — Est-ce que je peux te rejoindre ? ose-t-il avec un soupçon de gène. — Oui, bien sûr, dis-je en essuyant mes joues. Je m’avance dans la baignoire pour lui faire de la place et fermer le robinet. Il s’installe derrière moi et mouille mon dos, déplaçant mes cheveux sur mon épaule. — Viens là, dit-il en posant ses mains sur ma taille pour me tirer contre lui. Je m’appuie contre son torse et un frisson nous parcourt. C’est la première fois qu’il me voit complètement nue, mais je m’en fiche. C’est à lui que je veux appartenir de toute façon. C’est une preuve de plus que mon lien avec Brett est très faible, car en d’autres circonstances, le lien m’aurait empêché d’éprouver des sentiments pour un autre homme, il m’aurait empêché de vouloir cette proximité avec un autre que mon compagnon. Je pense que c’est ce qui encourage Nathan. Il répand des baisers dans mon cou et ses mains me caressent habilement. Je sens son membre s’épaissir dans mon dos, mais nous sommes dérangés par des coups à la porte. — Quoi ? grogne Nate. — Vous avez de la visite en bas, à la porte, nous informe Luna Béatrice. Mes mains se referment sur les bras de Nathan. J’ai peur de ce qui va se produire. — Je sais bébé, me souffle-t-il. Ça va aller. Nous sortons et nous enroulons dans nos serviettes. En apercevant mon reflet dans le miroir, je ne peux m’empêcher de constater que j’ai une mine affreuse, le teint pâle, les yeux cernés, les cheveux ternes, et il me manque quelques kilos. Je fuis toujours ce reflet et les ombres qu’il cache, mais aujourd’hui, je veux me rappeler pourquoi nous en sommes là. J’enfile un short et un t-shirt, rassemble mes cheveux à moitié mouillés dans un chignon grossier et m’apprête à descendre tel quel. Nathan a juste enfilé un short de sport. Nous descendons ensemble, pieds nus. — N’oublie pas que tu seras toujours parfaite à mes yeux, me murmure Nate avant d’arriver en bas. Il m’embrasse sur haut de la tête et lâche ma main pour me laisser agir à ma guise. Je m’avance donc vers la porte d’entrée dont le passage est obstrué par la présence imposante d’Alpha Hugo.
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