Chapitre IIBoulevard Pélieu. La nuit est claire. Beaucoup d’étoiles au ciel autour d’une étrange demi-lune toute de guingois. Une brise tenace monte de la lagune, chargée de miasmes pestilentiels. Harlet remonte un peu la vitre et hume à pleins poumons le parfum de muguet : Diorissimo, mon parfum porte-chance ! Oui, il a bien fait d’emmener Roberte. Un coup d’œil au rétroviseur : une tache pâle, qui flotte irréelle, dans le fond, à droite. — Ça va ? La tache remue à peine, s’immobilise. Pauvre Roberte. Une pensée macabre traverse l’esprit d’Harlet : une morte, je transporte une morte ! Il est ridicule. — Courage ! On n’en a pas pour longtemps ! A dire vrai, il n’en sait rien. Il n’a aucune idée de l’endroit où peut être son frère. Et quand il l’aura débusqué… Il respire à fond. A nouv

